BarackObama3Les Français sont incorrigibles: après avoir fait de George Bush le diable, les voilà croyant que Barack Obama est le Messie. Rappelons leur quelques vérités.

D'abord le nouveau président des États-Unis vient de l' extrême gauche du parti démocrate et il eut quelques fréquentations extrémistes dans sa jeunesse (1). Son programme le trahit. Interventionniste  convaincu, il compte multiplier les aides d'un côté tout en taxant les plus values du capital et relever le plafond des revenus imposables. Vive l'état providence incontournable dans l'immobilier, la santé, l'environnement et j'en passe. Certes, cela plaira aux bobos des deux côtés de l'Atlantique mais cela plombera la reprise économique.

Autre virage inquiétant: la remise en cause des accords de libre échange avec les pays limitrophes au nord et au sud. La revendication du protectionnisme comme doctrine, il y a vraiment de quoi faire la fête.

Qui ne voit qu' impôts nouveaux et « subventionnite » auront, outre atlantique, le même effet que chez nous: la diminution de la croissance et la hausse du chômage. Sans compter que ces initiatives américaines n'arrangeront pas les économies européennes largement tributaires des USA. Quand les frontières se ferment, quand les barrières douanières bloquent les échanges, tout le monde en pâtit. C'est cette même politique qu'a menée Franklin Roosevelt dans les années trente, avec les conséquences que l'on connaît:la récession et la guerre.(2)

N'oublions pas non plus que la crise des « subprimes » américaine, devenue par effet boule de neige, crise financière puis crise économique mondiale est née, comme le rappelle l'économiste Jacques Garello (2), « de la politique monétaire de la FED et surtout (des) manœuvres politiques du parti démocrate, qui a inventé les crédits hypothécaires à discrimination positive. » Les agences garanties par l'État fédéral, les « Fannie truc » et les « Freddy chose », créées sous Roosevelt, ont été réanimées par Bill Clinton. « Elles ont renvoyé l'ascenseur, nous apprend encore Garello, en devenant les fidèles soutiens des démocrates, arrosant copieusement les gens du Congrès, Obama en tête. »

Autrement dit, la crise qui nous atteint de plein fouet est la créature des amis de Monsieur Obama, qui tiennent maintenant, outre la présidence, le Sénat et la Chambre des représentants. Pour sortir de l'enfer, élisons le diable! Ce serait risible si ce n'était pas tragique. Jusqu'à maintenant, il n'y avait que dans les westerns, que l'on pouvait voir des méchants américains élus shérifs. Nos compatriotes, qui élèvent des autels à la gloire de Saint Barack, seraient bien avisés de devenir lucides au moment où nos entreprises mettent la clé sous la porte, faute de prêts bancaires.

En revanche, il n'est pas sûr, qu'en politique internationale, Obama verse dans l'angélisme à la Jimmy Carter et suive sa calamiteuse politique. Il n'a apparemment pas l'intention de s'en laisser compter par les mollahs et autres excités coraniques. L'effet 11 septembre n'est pas mort, et c'est tant mieux.

Bien sûr, si l'Amérique n'avait pas la puissance qu'elle a, si nous ne dépendions pas autant d'elle, si lorsqu'elle tousse, nous n'attrapions pas la grippe, l'élection d'un démocrate extrême à sa tête aurait moins d'importance. On ne regrettera que davantage la faiblesse de l'Europe et, en France, l'oubli, par nos hommes politiques, gaullistes inclus, de la nécessité d'assurer la grandeur de la France, son développement économique et culturel ainsi que l'indépendance de sa politique extérieure, comme de Gaulle nous l'a appris, en son temps. Et comme ses héritiers, qui ont mené et mènent encore une action semblable à celle qu'Obama va mener en Amérique, l'ont, hélas! oubliée.

Serge Weidmann

(1) Voir « L'Amérique et le monde après Bush » par Guy Millière, aux Éditions Cheminements

Et sur le site : http://www.turgot.org/

lire aussi du même auteur: "Amérique, bientôt le sut dans l'inconnu":

http://www.les4verites.com/Amerique-bientot-le-saut-dans-l-inconnu-2109.html

(2) « Voir sur le site:  http://www.libres.org  les articles de Jacques Garello: « Roosevelt II » et « Dictature de l'ignorance et impuissance de la prétention » parus respectivement dans la Nouvelle Lettre du 20 octobre et du 24 octobre 2008.

On lira également avec profit:

« Les coûteuses promesses d'Obama » sur le site:

http://www.lefigaro.fr/elections-americaines-2008/2008/11/05/01017-20081105ARTFIG00797-les-couteuses-promesses-d-obama-.php

« 100 économistes américains contre Obama » sur le site :

http://serumdeliberte.blogspot.com/2008/10/les-economistes-contre-obama_12.html