091908_ouraganCe qu’il y a de pénible dans les commentaires à propos de la crise financière ce sont les accusations portées au libéralisme, soi-disant seul responsable et seul coupable de la situation. Manque d’esprit d’analyse ? Malhonnêteté intellectuelle ? Hypocrisie de la part de gens qui gravitent dans les sphères de l’Etat et qui souhaitent accentuer leur pouvoir dans le monde économique ? Sans doute.

C’est pourquoi il est temps de dire au peuple où sont les vraies responsabilités (ou irresponsabilités) dans les causes de la crise, de restituer celle-ci dans son contexte et de cesser d’évoquer l’apocalypse pour la décrire. Aussi les interventions de Claude Reichman, Jacques Garello, Pascal Salin et Alain Madelin sont-elles les bienvenues.

Le premier, dans son éditorial du 27 septembre dernier, sur son site Reichman TV (1) nous prévient :
"On aurait tort de rechercher les causes de la crise financière et bancaire dans le marché. Le marché n'y est strictement pour rien. Les prêts hypothécaires n'ont été consentis par les banques américaines que parce qu'ils étaient garantis par la puissance publique. Jamais les banques n'auraient prêté de l'argent sans garantie de retour si elles n'avaient été assurées que l'Etat, par l'intermédiaire de ses institutions, ne viendrait à leur secours…"

Pascal Salin va dans le même sens :
« La cause essentielle de cette crise provient de l'extraordinaire variabilité de la politique monétaire américaine au cours des années récentes. Or celle-ci est bien évidemment décidée par des autorités publiques et non déterminée par le marché. C'est ainsi que la Fed est passée d'un taux d'intérêt de 6,5 % en 2000 à un taux de 1 % en 2003. Il y eut ensuite une lente remontée à partir de 2004 jusqu'à atteindre 4,5 % en 2006. Pendant toute la période de bas taux d'intérêt et de crédit facile, le monde a été submergé de liquidités. Afin de profiter de cette magnifique occasion de profits faciles, les établissements financiers ont accordé des crédits à des emprunteurs de moins en moins fiables, comme l'a montré la crise des « subprimes ». Lorsque l'on est revenu à des taux d'intérêt plus normaux, les excès du passé sont apparus au grand jour. C'est l'éclatement de la « bulle financière » (2)

Jacques Garello consacre, dans son site Internet « Libres.org » (3), toute une série d’articles sur ce thème de la crise. Dans  celui intitulé : « Turbulence financière ou crise politique », il donne sa vision de la vraie nature de celle-ci :« Je prends aujourd’hui le risque d’affirmer que la crise n’est pas une crise, ou n’est pas la crise que l’on croit. J’engage ma réputation dans ce diagnostic, mais j’ai de bonnes raisons pour le faire, et de rassurer les peuples affolés par les discours alarmistes, les épargnants, les contribuables, les travailleurs et les entrepreneurs… J’observe encore qu’aujourd’hui la production et les transactions internationales ne sont pas à l’arrêt. Les contre-performances de l’économie française ne doivent rien à la «crise», puisqu’elles lui étaient bien antérieures et qu’on en connaît les causes : délabrement des finances publiques, impôts et charges sociales trop lourds, rigidité du marché du travail, réglementation paralysante, faillite du système de formation et d’éducation. Mais la crise a bon dos, et il est facile pour les responsables de l’échec français de passer leurs erreurs au débit des financiers américains, et de donner des leçons d’éthique au reste du monde. »

Alain Madelin, dans le magazine Valeurs actuelles du 9 octobre, sous le titre : « Crise : le bateau ivre »,  affirme, après son analyse, sa confiance dans l’avenir et dans les facultés créatrices des hommes libres, pour peu qu’ils ne soient pas enrayés par l’Etat : « La révolution financière, qui améliore l’efficacité du capital, se poursuivra. La croissance “schumpetérienne” de l’innovation créatrice va exploser: les nanotechnologies, les nouvelles énergies, la révolution génétique, tout cela est devant nous. Nous avons devant nous des décennies de croissance innovatrice fantastique.
De même la croissance “ricardienne” – de l’avantage comparatif et de l’optimisation des talents à l’échelle de la planète. Ces deux moteurs, qui font la force du capitalisme, restent ainsi durablement allumés. Peuvent-ils tomber en panne faute de carburant? Durablement, non. Le capital reste abondant et l’intelligence financière très active. »
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Prenez connaissance de ces différentes analyses qui sont, également, des analyses différentes de celles qui nous inondent dans tous les médias et, faites vous librement votre avis sur la crise.

SW

(1) http://www.reichmantv.com/editorial.html
(2) http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2008/10/index.html
(3) http://www.libres.org ( d'où est extraite l'image de l'article)
(4)
http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php?article_id=3418