Obama___Boston

  Ce qu’il y a de bon dans le peuple américain, c’est la rapidité avec laquelle il corrige ses erreurs.

   Il y a un an, Barack Obama était élu président des États-Unis. L’« Obamania », en Amérique, était largement due au désir de changement, de renouvellement des hommes. Elle était due aussi à l’ampleur de la crise économique, née –ô, ironie !- de la politique démagogique des élus démocrates, entraînant crise immobilière, ruine de pauvres gens, et crise bancaire des subprimes.

   Pendant la campagne électorale, un certain nombre d’esprits lucides n’ont pas manqué de tirer quelques sonnettes d’alarmes. Ils mirent en avant l’inexpérience politique du candidat Obama, certaines de ses fréquentations douteuses, son positionnement à l’extrême gauche du parti démocrate, ses projets politiques interventionnistes, protectionnistes voire liberticides. Une centaine d’économistes américains, dont cinq prix Nobel (1), adressèrent même, en forme de mise en garde, une lettre ouverte à leurs concitoyens. En pure perte. Que pesaient-ils face à la déferlante émotionnelle menée par les bobos milliardaires d’Hollywood ou d’ailleurs ?

   Un an après, le compte n’y est pas et le roi apparaît bien nu: projet controversé d’assurance maladie universelle, qu’ Obama a voulu faire passer en force, politique internationale peu lisible : tantôt colombe, tantôt faucon, cadeau empoisonné du prix Nobel de la paix, crise économique aggravée dans un monde chaotique que l’Amérique domine de moins en moins. La popularité du président chute, en un an, de 70 à 50%. Ted Kennedy, l’idole démocrate meurt. Son siège de sénateur de Boston, dans le  Massachusetts, devient vacant. C’est le fringant républicain Scott Brown qui est élu à sa place avec 52% des voix. Du coup, les démocrates perdent la majorité au Sénat. Le projet de Sécu à l’Américaine a du plomb dans l’aile.

   L’homme de la Maison blanche, cependant, a de la ressource : il repart au combat. Pour reprendre la main, avant les sénatoriales de novembre 2010 ? Mais, dans ses réformes intérieures, il ne peut plus passer en force et devra pratiquer le consensus. En face, la droite croit à la reconquête et a retrouvé sa pugnacité. Le balancier revient au centre. Histoire de forcer Barack Obama à réviser sa politique durant les trois ans qui lui restent. Très bien joué, amis Américains !

SW

1) Gary Becker, James Buchanan, Robert Mundell, Edward Prescott, Vernon Smith