jeana_altbuchSans être une étude de la doctrine marxiste et de son application politique, le récit de Jeana Altbuch : « Communiste née juive » (*), à travers les évènements affrontés et les situations familiales vécues, est un vibrant plaidoyer anti-communiste et une pièce à conviction que les hommes épris de liberté auraient tort de négliger.

La vie de cette juive roumaine, mariée à un Français et vivant dans notre pays, est une suite d’aventures et de déceptions. Heureusement, le personnage est une femme d’action qui sait braver l’adversité et rebondir. Et une femme sensible, marquée par les coups du sort, qui transcrit et analyse avec beaucoup de finesse le monde qui l’entoure. Ce monde, dans lequel, sous des formes diverses, l’antisémitisme est toujours présent, est soit noir soit gris.

Noir en Roumanie, pays communiste, pays de son enfance dans lequel son père, ancien résistant anti-nazi et communiste par patriotisme, est devenu un membre de la nomenklatura. 

Jusqu’au jour où la machine totalitaire se retourne contre lui : chômage d’abord, procès stalinien ensuite, au cours duquel la haine anti-juif resurgit. Rien ne sera plus jamais comme avant pour cette jeune fille et sa famille. Prise de conscience douloureuse !

Bien plus tard, après la mort de Caucescu, revenant dans sa patrie, elle pourra mesurer les effets pervers de cette idéologie qui, bien que disparue, a laissé sa marque malfaisante sur toute la société. Egoïsme exacerbé, désir forcené de jouissance matérialiste, perversion du sens moral, cynisme absolu, telle apparaît la soi-disant élite au pouvoir, les politiciens véreux et les fonctionnaires corrompus qui ne pensent qu’à se remplir les poches en pillant, par les moyens les plus sordides, les aides financières étrangères sur le dos du peuple, obérant ainsi l’avenir du pays. Il y a dans ce livre comme un écho aux paroles de Soljenitsyne à propos du poison instillé par le communisme dans le corps social russe.

Gris en France, où elle vit depuis très longtemps et y a trouvé « ce qu’elle avait déjà connu ailleurs, en plus élégant peut-être ». Je trouve Jeana Altbuch bien bonne de qualifier d’ «élégant», l’antisémitisme larvé des notables de sa commune, le complot ourdi pour l’exclure de l’entreprise où elle travaillait et réussissait, le mépris des enseignants français – nos belles consciences intellectuelles de gauche, donneuses de leçons de morale – pour les femmes de ménage de leurs écoles.

Choquée en 1981, par l’arrivée de la gauche au pouvoir avec des communistes au gouvernement, « la France devenait-elle folle ou quoi ? », elle en voit immédiatement les suites dommageables. En économie d’abord : «Dans ma tête se bousculaient les notions marxistes et mon expérience de patron de l’entreprise personnelle : cela allait forcément être antinomique ». Dans la vie sociale des Français ensuite : « C’est ainsi que j’appris qu’il y avait un peuple de gauche et par élimination un autre de droite, qui, par déduction étaient antagonistes. Le premier était bon, généreux et avait du cœur, n’était pas riche, du moins en apparence et l’autre était riche, pas bon et avait une pierre à la place du cœur. Décidément on me refaisait le coup de la lutte des classes, sauf que maintenant je n’étais plus aussi naïve pour y croire».

Nous sommes un certain nombre à penser qu’il y a encore beaucoup de naïfs en France dont il faudrait dessiller les yeux afin qu’ils voient la gauche française telle qu’elle est : un résidu du marxisme qui a fait tant de mal au monde. Remercions Jeana Altbuch d’avoir participé un peu à cette « déconstruction » si nécessaire pour l’avenir de notre patrie.

Serge Weidmann

(*) «  Communiste née juive » de Jeana Altbuch est paru aux Editions Demeter