La_bombe_Tom_CruiseLe petit Cruise n’a pas réussi à tuer Hitler, mais il a réussi à mettre les Allemands dans sa poche. En tournant le rôle de Claus von Stauffenberg, l’ officier de la Wehrmacht , chef de file du dernier complot contre le Führer dans le film « Walkyrie », il est peu à peu parvenu à clouer le bec de ses opposants d’outre-Rhin.

   On sait la lutte acharnée menée par les autorités allemandes contre l’Eglise de scientologie et donc contre Tom Cruise, un des plus zélés propagandistes de la secte créée par Ron Hubbard. Aussi, quand le projet de film sur l’attentat du 20 juillet 1944 en est arrivé au stade du tournage, le landernau germanique s’est quelque peu agité. Le fils de Stauffenberg a fait savoir qu’il lui était « désagréable qu’un scientologue incarne (son) père ». Une partie de la classe politique a suivi. Une responsable de la CDU a voulu interdire le tournage du film en Allemagne. Un historien (sic) y a même comparé Cruise à Goebbels. Ambiance. Heureusement que, dans la confusion, personne n’a remarqué que la présidente de la société productrice du film s’appelait Wagner !

   Et puis les esprits se sont calmés, les caméras se sont installées à Berlin où le film est sorti en avant première. Nos voisins sont, on le sait, plus pragmatiques et moins idéologues que nous. Il était en effet difficile de traiter par le mépris une équipe de cinéastes qui exaltait l’opposition allemande à une dictature totalitaire ayant mis le feu à l’Europe puis au monde. Hommage au courage, à l’esprit de sacrifice, à l’honneur, voilà les vertus qui habitent ces hommes -et ses femmes, car qui s’engageait dans une action contre Hitler risquait sa vie mais aussi celle de sa famille par représailles- et que « Walkyrie » magnifie.

   Le film, mis en scène par Brian Singer, est l’autopsie d’un complot, certes, mais également un hommage à la résistance au nazisme et aux vertus telles la droiture et la bravoure, qualités chevaleresques de ses soldats qui sauvèrent l’honneur de leur patrie. Tom Cruise, l’américain honni pour ses engagements scientologues,  incarnant un de leurs héros nationaux, voilà un joli conflit cognitif que les Allemands d’aujourd’hui ont su régler, par le haut.


SW