Rue_Gilbert_Roddier_copieJean-Pierre Brenas, conseiller municipal d’opposition à Clermont-Ferrand, dans un article récent paru dans son blog (1), a fustigé la politique de bétonnage à tout va des édiles socialistes de la ville. Pour illustrer sa critique parfaitement fondée je voudrais prendre deux exemples concrets dans les quartiers nord, quartiers qui n’ont pourtant pas l’air, à première vue, de souffrir de désertification.

   Dans la rue Gilbert Roddier, petite rue tranquille bordée en majorité de pavillons, la circulation automobile pose problème depuis des décennies. Le Rectorat de Clermont a construit, à côté du Centre d’information et d’orientation, un Centre d’examens qui accueille assez régulièrement de nombreux candidats venant y passer examens et concours. 

   Ces jours-là, des dizaines et des dizaines de voitures se garent comme elles peuvent dans la rue Roddier et dans les rues avoisinantes. Bonjour la circulation. Certes la mairie n’y est pour rien. Ce sont les responsables régionaux du Ministère de l’Education nationale qui n’ont pas prévu, au départ, un parking suffisamment grand pour accueillir leur public. Mais cette situation dure depuis la fin des années quatre-vingts, les élus municipaux, parfaitement au courant des difficultés des habitants de la rue, n’ont jamais bronché. Et voici qu’un terrain en friche se libère à vingt mètres du fameux Centre. Que décident nos édiles ?

   De faire un parking de délestage ? Naïfs que vous êtes ! Les parkings ne paient pas d’impôts locaux. Non, ils ont confié à l’OPHIS la construction d’un nouveau bâtiment de trente six logements.  Les travaux sont en cours (voir photo 1). On ne va pas s’ennuyer rue Gilbert Roddier dans les années à venir avec cet afflux de population et de circulation.

   Rue_des_ClosDans le même temps, à cinquante mètres de là, rue des Clos, une autre friche va elle aussi disparaître (photo 2). Je n’ai pas la nostalgie des herbes folles, des ronces et des terriers de lapins mais un nouveau bétonnage presque en face du premier, ça devient de l’acharnement. Le Conseil municipal a donné son feu vert à un architecte pour la construction de trente deux logements. Si mes calculs sont justes cela fera au total près de soixante dix logements nouveaux dans une zone, en plus,  pas très folichonne : les nouvelles constructions « donneront » rue du Torpilleur Sirocco, rue à quatre voies d’entrée et de sortie de ville, à circulation routière dense, bordée par les lignes du tramway.  Bonjour le calme et la tranquillité. Oui mais voilà, contents de leurs logements ou non, les habitants de ces lieux abonderont les finances de la ville qui en ont bien besoin. Des logements nouveaux par ci, des logements nouveaux par là, voilà qui évitera, peut être, dans le futur, à Serge Godard de continuer à spéculer sur le franc suisse (2).

SW

(1)    L’urbanisme à Clermont : la densification a tout prix au détriment de la qualité de vie.
(2  Quand Serge Godard spécule sur le franc suisse