2008, année gaullienne

Certes, 2008 est une date anniversaire : celle du cinquantenaire du retour au pouvoir du général de Gaulle. Mais ce grand homme est-il jamais mort, pour nous ?
Le 22 février de cette année, fut inauguré l’Historial qui lui est consacré aux Invalides. Le 9 novembre, jour anniversaire de sa mort, ce sera, à Colombey-les-deux-Eglises, l’ouverture du mémorial Charles de Gaulle.
Parallèlement, les ouvrages consacrés à sa vie et à son ouvre ne tarissent pas. Allez faire un tour dans les librairies pour voir : « De Gaulle : les images d’un destin » de Max Gallo, « De Gaulle » d’ Yves Guéna, pour ne parler que des plus connus. Sans oublier « La religion gaulliste » de Gaetano Quagliariello (photo). Ce dernier livre est intéressant : c’est une étude des plus neutres et des plus fouillée, réalisée par l’historien italien; ce dernier décortique, à travers la vie du général, la formation du gaullisme, véritable religion laïque qui a nourri et continue à nourrir l’imaginaire des Français… et des autres.
La fascination pour ce « général de brigade à titre temporaire » est intacte aujourd’hui pour bon nombre de nos concitoyens. S’y mêlent reconnaissance et nostalgie. Reconnaissance pour l’œuvre de redressement de la France, accomplie dès 1940 d’abord, et à partir de 1958 ensuite, nostalgie de cette époque où l’on pouvait, grâce à de Gaulle, se croire et se dire grands, alors qu’aujourd’hui…
« Les Français n’ont pas fini d’être gaullistes », disait au journaliste Michel Tauriac, l’amiral Philippe de Gaulle, dans son livre « De Gaulle, mon père ». C’est la permanence d’un mythe, englobant le héros et l’épopée qu’il vécu pour nous et qu’il nous permis de vivre avec lui. Ce qui fait que, comme les demi-dieux de l’Antiquité grecque, « quand il ne sera plus là, il sera là encore », comme le disait si bien François Mauriac.
Serge Weidmann