Serge Godard déguisé en Père Noël
En première lecture –une seconde serait un supplice- le programme de la liste conduite par Serge Godard donne le tournis.
116 propositions (six de plus que François Mitterrand en 1981) forment un manteau d’Arlequin électoral aux multiples facettes, véritable patchwork de mesures qui s’ajoutent les unes aux autres, comme dans un inventaire à la Prévert.
On navigue de celles qui vont de soi, comme la desserte des quartiers peu desservis par les transports en commun (pourquoi alors avoir attendu plus de soixante ans pour les réaliser ?), à celles qui se télescopent (entre bétonnage dans les quartiers et espaces verts, il faudra bien choisir !) en passant par celles auxquelles on croit difficilement, tant elles sont opposées à l’état d’esprit de l’équipe sortante (dialogue et écoute des jeunes), sans oublier celles piquées sans vergogne au projet d’Anne Courtillé (lisez toute la partie sportive et comparez).
De ce bric à brac politique, c’est bien le diable si chaque électeur, à condition qu’il ait le courage de tout lire, n’arrive pas à extraire quelques mesurettes qui lui conviennent. Mais n’y cherchez pas de vision d’ensemble, pas de projet porteur, mobilisateur pour notre capitale arverne dans les six ans à venir.
Ce n’est qu’un grand magasin dans lequel chacun d’entre nous est invité à puiser ce qui lui plaira. Par contre, ce que l’on ne nous dit jamais, c’est comment, et par qui, seront payés ces cadeaux. Car, à la sortie d’un magasin, il y a toujours une caisse que quelqu’un doit abonder. Mais Serge Godard a choisi, pendant la campagne électorale, de ne fâcher personne. Aussi nulle part on ne parle trésorerie, finances, impôts, emprunts, fiscalité. C’est d’une vulgarité !
Nous sommes à Disneyland ou chez Chantal Goya avec Mickey, Loulou, Fifi, Riri, la Belle au bois dormant et Alice au pays des merveilles. Vous pensez qu’une campagne électorale est le moment idéal pour débattre des grands choix d’avenir de notre ville, confronter des projets concurrents. Non, le maire sortant a choisi de se déguiser en Père Noël à la hotte richement remplie. Las ! Nous ne sommes pas en décembre mais en février et il y a longtemps que les adultes de Clermont-Ferrand ne croient plus au Père Noël.
Serge Weidmann