Le vent se lève dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand
Si j’étais le Conseiller général socialiste du Canton nord de Clermont-Ferrand, je me ferais du souci. D’une part, à cause de la personnalité de son adversaire UMP, Samir El Bakkali, qui a acquis une réelle légitimité depuis les dernières élections législatives où il fut suppléant d’Anne Courtillé ; d’autre part, et cela est nouveau, parce que la mainmise sur ce secteur géographique par les socialo communistes est devenue insupportable à une grande partie de la population. Par son mépris des gens, son paternalisme hors de saison, ses chantages, son refus de donner aux personnalités issues de l’immigration toute leur place dans la vie politique locale, la gauche en place a suscité un vent de contestation qui, nous sommes nombreux à l’espérer, va se transformer en ouragan en mars 2008.
C’’est ce climat inattendu et rassurant pour la droite, cette ambiance nouvelle et fraternelle, régnant l’autre soir à la première réunion de Samir El Bakkali, qui m’ont d’abord frappé. Cette rencontre électorale n’était pas convenue. Le leader naturel laissait longuement la parole aux autres et ils furent nombreux à la prendre pour parler de leurs problèmes, de leurs rêves, de leurs projets. Que certains puissent à tel ou tel moment lui ravir la vedette n’a pas eu l’air d’émouvoir notre candidat. Tout simplement, parce qu’il n’est plus dans la politique de papa, il est ailleurs, dans une nouvelle façon de faire et d’être. Un élu, pour lui, est quelqu’un qui fédère les énergies autour de soi, qui travaille dans l’intérêt général. La noblesse de Samir est de retrouver, et ses compagnons avec lui, toute la force et la grandeur de la « res publica ».
Une nouvelle génération d’hommes politiques arrive, celle, issue de la diversité, comme on dit aujourd’hui, qui n’a pas connu que des heures heureuses, qui s’est forgé le caractère aux difficultés de la vie et en sort transformée. Une génération à qui on ne la fera pas, que la gauche, pour son malheur, n’a observée qu’à travers ses lunettes marxistes inadaptées et a finalement utilisée en la regardant de haut. Si nos grands esprits moralisateurs s’étaient appliqués à eux-mêmes leurs belles leçons d’humanisme anti-raciste, ils n’en seraient pas là. En tout cas, si j’ai un conseil à donner à Alexandre Pourchon, le conseiller sortant, c’est d’aller un peu plus souvent sur le terrain voir les habitants de son canton et ne pas se contenter de distribuer des stylos et des porte-clés aux gamins, dans la cour des écoles.
Serge Weidmann
Lire l' introduction à la réunion de Samir El-Bakkali :
http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2007/11/11/6848103.html
Photo : Samir El Bakkali bien entouré. À gauche (comme il se doit) : Chafia Mentalecheta, à droite (comme il se doit) : Nicole Barbin.