Eloge de la traîtrise en politique
Nomination des secrétaires d'Etat par Nicolas Sarkozy : le débauchage à gauche continue. Seulement, faire un pied de nez au Parti socialiste et aller voir chez Sarko si l'herbe est plus verte n'est pas sans risques. Les insultes vous pleuvent dessus, dont celle de "traître" n'est pas la moindre. Mais traître par rapport à quoi ? A une structure politicienne vermoulue qui pédale dans l'auto-satisfaction marxiste depuis des lustres et que les électeurs ont désavouée. La belle affaire !
Jean-Marie Bockel (photo), maire de Mulhouse, a essayé, en toute bonne foi, avec beaucoup de constance et de courage, d'insuffler un peu de réalité libérale dans l'utopie collectiviste. En vain. Alors il a choisi de travailler avec des gens de bonne volonté. A qui la faute si la bonne volonté est aujourd'hui à droite ? Quant à Fadela Amara, je suppose qu'elle en avait plus qu'assez d'être la beurette de service, l'alibi de la bonne conscience anti-raciste de la gauche qui ne lui a jamais rien proposé d'autre qu'un statut de conseiller municipal à Clermont-Ferrand où elle demeure. Ce paternalisme est devenu insupportable à beaucoup.
Rien que dans la capitale auvergnate, aux dernières législatives, il a suscité, dans la première circonscription, la candidature dissidente de Chafia Mentalechetta et l'engagement de Samir El Bakkali comme suppléant d'Anne Courtillé, la candidate UMP.
C'est parce qu'ils sont d'abord des hommes et des femmes de conviction et d'action soucieux de l'intérêt général que ces soi-disant traîtres ont sauté le pas. Les battants ont quitté les battus, rien d'autre. Peut-on espérer que les militants socialistes prennent conscience de tout cela? En tous cas, ils devront en passer par là s'ils veulent réussir la refondation de leur parti.
Serge Weidmann