La Pax romana: Une époque libérale
Un voyage dans le passé de la « Pax romana » entre Antiquité et Moyen-Age, c’est ce que m’a permis, hier, la visite du musée de la céramique à Lezoux (Puy-de-Dôme). Du premier au cinquième siècle, les contrées sous contrôle romain connurent un développement économique important et durable. L’ordre régnait dans l’empire qui n’intervenait pas dans les activités agricoles, industrielles et commerciales, comme se croient obligés de le faire les hommes d’états modernes. Aussi la liberté de créer, de fabriquer des objets et d’en faire le commerce était totale. C’est la première condition de la croissance.
La seconde : l’esprit entrepreneurial, était réel dans toute la zone de fabrication de produits en céramique, dont Lezoux était le centre, et qui englobait le Bourbonnais et la vallée de l’Allier. La qualité du matériau extrait n’était pas exceptionnelle, les voies de communication n’étaient pas majeures pour le commerce, mais les propriétaires terriens étaient des gens décidés et proches des milieux commerçants. C’est cette volonté et ce partenariat qui assurèrent le rayonnement et la renommée de Lezoux.
La troisième condition, c’est ce qu’on appellerait aujourd’hui l’organisation du travail et la formation des hommes. On voit bien, en admirant les objets fabriqués et en étudiant les sites archéologiques du coin que l’utilisation de techniques de production a permis la réalisation de nombreux objets dans des délais assez courts et que l’invention des différents moyens de cuisson a augmenté la qualité des produits. Parallèlement, on assiste à une montée de ce qu’il faut bien appeler une qualification professionnelle des artisans. Certains furent de véritables artistes connus et reconnus dont l’Histoire a retenu les noms : Lybertus, Paternus, Cinnamus, Marcus et quelques autres.
Il est vrai aussi, et ce pourrait être une quatrième condition, que cette époque bénie était exempte d’actions contraires de la part de ceux que Frédéric Bastiat appelait les « enrayeurs » que nous ne connaissons que trop actuellement. Pas de lobbies professionnels, pesant sur les décisions économiques, pas de revendications protectionnistes, pas d’idées farfelues proliférant sur un terreau marxiste (et pour cause), pas d’anti-mondialistes, même si la mondialisation de l’époque s’ arrêtait aux frontières des mondes dits barbares, non soumis à Rome.
La collectivité entière travaillait et s’enrichissait sous l’œil bienveillant et protecteur de Mercure, Dieu des Arvernes et des artisans. Sous la Pax romana, les Gaulois avaient vraiment la paix, à tous les sens du terme.
Serge Weidmann
Photo : Le dieu Mercure, sculpture visible au musée de la céramique de Lezoux.