Le grand débat: Ségolène débite
Mercredi 2 mai , à 23 heures 30, le débat entre les deux candidats aux présidentielles s’achève et je veux, à chaud, donner mes impressions.
Je connais bien maintenant Nicolas Sarkozy, son style et ses idées et je l’ai retrouvé égal à lui-même sur le plateau, rationnel, allant à l’essentiel. Je connaissais par contre assez mal Ségolène Royal et, selon moi, elle ne gagne pas à l’être.
J’ai subi avec une certaine impatience, pendant deux heures et demie d’horloge, les récitations programmatiques d’une maîtresse d’école tantôt rigide, tantôt compassionnelle, parfois pénible, souvent hautaine avec son adversaire et toujours envahissante. Elle saute souvent d’une idée à l’autre sans prévenir, dilue ses interventions dans le verbalisme mais s’y entend, de temps en temps, pour lancer en l’air de grands mots avec de grands gestes du bras. Par contre, je trouve son numéro de Sainte-Marie des petites sœurs des pauvres très au point.
Quant à son projet, ce n’est qu’un catalogue de produits socialistes démodés : 35 heures, emplois jeunes rebaptisés, dirigisme étatique tous azimuths, usant alternativement de la carotte et du bâton, et bien sûr, impôts à la clé pour financer tout cela. Ce n’était pas la peine de battre Jospin en 2002, pour retrouver ses idées cinq ans plus tard.
« Je propose de relancer la croissance » assène-t-elle à tout bout de champ. Pauvre croissance! A force d’être lancée et relancée, elle risque de disparaître à tout jamais de notre horizon.
Serge Weidmann