Anne Courtillé et Denis Tillinac: même combat
«Face à un ordre moral plus ou moins implicite qui prétend encadrer la pensée, est-il encore permis de ne pas être de gauche?» C’est par cette interrogation que l’écrivain et éditeur Denis Tillinac –dont nous sommes nombreux à espérer, un jour, la venue au Salon du livre de Châtel-Guyon- commence son éditorial intitulé : « Le martyre de l’écrivain de droite » dans la nouvelle formule du magazine Valeurs actuelles du 1er décembre 2006. Vous lirez cet article dans « Les bonnes feuilles de Vent d’Auvergne ».
Il y relate, entre autres, l’ostracisme dont il est la victime de la part de ses «vertueux» adversaires politiques. Avec suffisamment d’éloquence et de véracité pour qu’Anne Courtillé lui envoie, via le forum des lecteurs du magazine de cette semaine, son point de vue :
« Que du bonheur, l’article de Denis Tillinac : «Le martyre de l’écrivain de droite». Je le comprends parfaitement puisque j’en ai vécu un de même nature à l’université où j’ai moi aussi « endossé sans déprime cette infirmité »: être une femme de droite. Ce n’est pas facile de subir le terrorisme intellectuel de petits chefs staliniens, mais on survit finalement très bien… »
Remarquons tout de même que ces pratiques se rencontrent dans un lieu où elles ne devraient jamais entrer: l’Université française, dont certains éminents savants, nommés et payés pour officier au développement de l’intellect et de la conscience des jeunes cerveaux, se comportent comme des loubards dans la plus crapoteuse des banlieues. Ici, il s’agit de l’Université Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, dont l’illustre penseur, qui lui a donné son nom, doit se retourner dans sa tombe. Il n'est pas question, bien sûr, de stigmatiser le corps professoral dans son ensemble –dans cette même université, j’ai travaillé avec bonheur aux côtés de nombre d’entre eux, dont quelques-uns sont devenus des amis- mais de dénoncer un climat, créé par une minorité de sectaires et d’intolérants de gauche et qui peut aller loin.
« La droite, ce n’est pas le pendant symétrique de la gauche. C’est ce qui reste à la liberté quand la gauche intellectuelle a tout régenté ! » Belle formule, que Denis Tillinac met en exergue de son article, mais un peu réductrice. Personnellement, je n’ai aucune vocation à faire partie du dernier carré de la Garde, même si c’est pour me battre vaillamment, tout en lançant, de temps à autre, comme Cambronne, un certain mot, bien senti, à mes adversaires. La vocation de la droite, aujourd’hui, c’est de réduire l’emprise de la gauche partout où elle a pris le pouvoir: dans les médias, dans la culture, dans l’école et…dans les collectivités territoriales. C’est d’ailleurs ce que fait, avec beaucoup de pugnacité et de bonheur, Anne Courtillé et d’autres avec elle, dans l’agglomération clermontoise.
Serge Weidmann