Du socialisme en France 2
Il est temps que Vent d’Auvergne publie la suite de l’intervention de Philippe Nemo concernant sa critique des socialistes, la première ayant été mise en ligne le 18 janvier.
Ramassé en un cours texte, ce que Nemo considère comme le résumé d’un livre qu’il pourrait écrire un jour, apparaît comme une critique au vitriol et sans doute sans nuance.
J'invite donc mes interlocuteurs à continuer à réagir à ses propos. Le débat qui ira à l'essentiel est ouvert. SW
Ils ne savent pas produire de sécurité
Ils ne savent pas produire de sécurité car ils ne croient pas à la responsabilité personnelle des délinquants, qu'ils pensent être victimes d'un ordre social injuste. Ils ne croient pas à la loi qu'ils pensent être un instrument au service de la classe dominante. Par conséquent, ils ne peuvent pas croire au caractère dissuasif de la sanction pénale. A ce titre, ils ne veulent pas employer la force pour faire respecter le droit. La notion même d'ordre public est à leurs yeux une notion fasciste. Leur politique consiste à imposer la mixité sociale, c'est-à-dire à mélanger délinquants et non délinquants afin de traiter les problèmes. Cependant, ce n'est pas en «dissolvant » la délinquance qu'on y porte remède. En faisant prévaloir le dogme de la mixité sociale, ils étendent la délinquance et répandent toujours davantage le poison de la défiance sociale, du repli sur soi et de la peur .
Il est vrai que leur passion se satisfait d'avoir gâché la vie de quartiers réputés bourgeois.
Ils ne savent pas produire le bonheur de la vie privée
Ils ne savent pas produire le bonheur de la vie privée parce qu'ils ont détruit la famille. Ils ont même un obstacle épistémologique qui les empêche de comprendre le rôle de la famille.
S'ils exècrent la famille, c'est parce qu'ils veulent une seule grande famille sociale.
Ils ont encouragé tout ce qui pouvait détruire la famille sur le plan juridique (ils ont facilité le divorce) et ne veulent plus hétérosexuels et homosexuels, hommes et femmes, époux et épouses, pères et mères, parents et enfants, petits garçons et petites filles, car ces rôles sont trop différenciés. Ils ne veulent. plus que des pairs, dressés les uns contre les autres et
accrochés à leurs droits: droit de l' enfant, des femmes; mais nous savons que tout cela est bien illusoire car tous ces pairs deviennent esclaves de l'Etat Providence.
Ils ne savent pas produire la civilisation
Ils ne savent pas produire la civilisation. Ce n'est pas étonnant car pour accomplir cet improbable miracle de civilisation, il faut infiniment de science, d'art, de génie, en un mot il faut de l'esprit, notion qui n'a pas sa place dans leur philosophie matérialiste.
D'ailleurs, ils n'ont jamais eu l'ambition de créer une civilisation. Depuis les cyniques grecs, ils ne font que tourner en dérision tout ce qui est civilisé. Donc n'ayant pas de civilisation à défendre et à proposer et excluant par ailleurs l'idée d'une concurrence de civilisation où chacune chercherait à emprunter le meilleur des autres et où toutes auraient ainsi une chance de progresser -dynamique qu'ils croient porteuse de guerre -ils ont quasiment traité de nazi le malheureux Samuel Huntington auteur du très pacifique et très objectif ouvrage « Le choc des civilisations ». Leur grande recette est plutôt de prôner le mélange des cultures sous les noms pseudo-savants de métissage culturel et de multi-culturalisme. Mais pas plus que la science ne progresse par le mélange des théories vraies et fausses, une civilisation ne peut vivre avec des valeurs et des institutions qui procéderaient d'un mélange des organisateurs et d'une réduction au dénominateur commun. Une civilisation peut progresser, peut changer en adoptant ce qui a été trouvé par une autre civilisation, mais cela signifie qu'elle reconnaît la valeur de ce qui a été trouvé par cette autre civilisation, qu'elle l'adopte, mais il n'y a pas de réduction au dénominateur commun. Si l'on met toutes les civilisations ensemble et que l'on secoue, que reste t-il ? Rien, Il reste un mélange désorganisé qui produit partout où ces formules sont en cours un immense échec, une désespérance sociale (du fait du manque de repères) .
En un mot, la philosophie socialiste ne produit que de l'échec et du malheur parce qu'elle produit du désordre. Il est vrai qu'elle a une pensée de l'ordre : le rationalisme constructiviste dont a parlé Hayek. Mais dans une société complexe, l'ordre artificiel est toujours pris en défaut et cette erreur épistémologique de base est multipliée ensuite par la passion du ressentiment qui de toute façon veut détruire. Donc fondamentalement, toutes les politiques socia1istes aboutissent au désordre quand bien même elles ne voudraient pas le désordre.
La France empoisonnée
Le problème est qu'elles dominent l'esprit public en France depuis des lustres. Monsieur Mitterrand, à titre de cadeau posthume, a fait entrer en masse au parti socialiste les trotskystes et autres syndicalistes des mouvements de 68 et il a fait en sorte que, à terme, ils occupent toutes les places dans l'establishment français: politique, culturel, éducatif. Cette philosophie a empoisonné les mentalités d'une bonne partie de la droite pour ne pas dire de toute la droite. Or ce sont ces gens là qui, porteurs de cette philosophie, ont été acteurs des politiques, que je vous ai citées plus haut.
Je suis persuadé que le recul actuel de notre pays n'a pas d'autre cause. Vous direz qu'il y a des causes économiques, sociologiques, peut-être géopolitique au recul de la France aujourd'hui, mais je crois que la cause de ces causes est la philosophie socialiste qui inspire de l'intérieur toujours la même vision des choses, qui exclut toujours le même type de solution et qui finalement donne une cohérence à toutes ces initiatives apparemment incohérentes. Et ceci est une bonne leçon d'ailleurs pour tous les gens qui pensent que la philosophie n'a aucune importance car elle est en réalité très importante puisqu'elle fournit une grille d'interprétation et par conséquent des schémas d'action. Donc si renouveau il doit y avoir dans notre pays, ce sera je crois par le retour à de meilleures philosophies, plus vraies, plus conformes à la nature humaine et qui rendront mieux justice aux formes appelées par la nature et construites par l'histoire.
Philippe Nemo