Le vent d'Auvergne souffle sur la montagne
Le quotidien La Montagne de ce vendredi 28 octobre en fait un peu trop, à mon avis, dans le politiquement correct. Trois présentations de livres en sont la démonstration (1).
Nouveau regard, l’humanisme oublié de l’Islam, nous présente l’étude de Mohammed Arkoun, chercheur en islamologie. « Trop de préjugés et de méconnaissances s’entendent à propos des faits islamiques » nous affirme à ce sujet la journaliste Claire Andrieux. Cette dame ignore sans doute un certain nombre de faits islamiques contemporains, tels la montée de l’Islam radical dans les banlieues des grandes villes et ses revendications : application de la charia à l’école et dans les autres lieux publics, les exploits des ayatollahs en Iran, des talibans en Afghanistan, le banditisme des membres d’Al Quaïda et de Ben Laden dans le monde entier. Je doute que les hommes et femmes d’Occident, qui n’ignorent rien de tout cela, y voient la manifestation d’un nouvel humanisme.
La même journaliste présente un second ouvrage : Nous les peuples d’Europe, manifeste politique écrit par la vice-présidente d’ATTAC. Cette association de l’extrème gauche internationale est la chérie de notre journal auvergnat qui en diffuse la vulgate à la première occasion. Mais vous ne trouverez jamais, dans la locale, la présentation du dernier livre de Pascal Salin, libéral et professeur d’économie à Paris-Dauphine, de la réédition des écrits de Frédéric Bastiat sous la houlette de Jacques Garello, du bouquin de Guy Millière, écrit en 2004, Pourquoi Bush sera réélu, ni de celui de Jacques Sevilla, et pour cause, Le terrorisme intellectuel . Parler des « ultra » libéraux, vous n’y pensez pas mon cher ?
Avec le troisième livre : Paroles de déracinés, nous avons droit à une nième apologie du métissage comme solution à nos problèmes. Tous les Français seraient des déracinés : les émigrés quittant leur patrie, les autochtones quittant la terre pour aller vivre en ville. Ne croyez surtout pas que cela ne concerne que la génération qui s’en alla, l’auteur du livre nous détrompe de suite : « Nous portons tous, en nous, une forme de déracinement ». Et voilà pourquoi votre fille est muette. Belle affirmation servant à justifier et excuser toutes les révoltes et refus d’intégration (je ne parle pas d’assimilation, de peur de me faire traiter de raciste) des populations étrangères vivant actuellement en France. Et si, dans nos quartiers populaires, on n’entend plus guère parler français, ce n’est pas grave car « il y a moins de deux siècles, le français était encore une langue étrangère pour près d’un habitant sur deux ». C’est oublier un peu vite, qu’à cette époque, l’école laïque apprenait le français aux enfants –parfois à la hussarde en châtiant ceux qui s’obstinaient à parler le patois local- ce qu’elle ne fait plus aujourd’hui.
Pour ma part, vivant dans une grande ville d’Auvergne, j’affirme ne ressentir aucun sentiment de déracinement, bien que mes ancêtres maternels fussent des fermiers haut-marnais, que mon grand-père paternel, Français d’Alsace, devint Allemand par la force des choses, puis, s’étant échappé des griffes du Kaiser, citoyen suisse, avant de revenir travailler en France et retrouver sa nationalité d’origine. Je n’éprouve qu’un regret : que mon ancêtre ne soit pas resté en Suisse. Son petit-fils ne serait pas contraint, dans l’hexagone, de subir la stupidité intellectuelle de certains concitoyens, les grèves à répétition de syndicats marxistes, les décisions consternantes des gouvernants, le déclin économique, la décadence des mœurs et la dictature du politiquement correct.
Serge Weidmann
(1) Je ne parlerai pas des prétendues « méditations » de l’abbé Pierre, affligeante confession livresque d’un ex-homme de bonne volonté, qui, après avoir défendu le révisionniste Garaudy et s’être fait taper sur les doigts par la LICRA, préféra, pour redorer son blason, finir sa vie en idole des bien-pensants : les bobos de gauche. Le temps ne fit pas de lui un sage mais un vieillard. Et tout le monde le sait : la vieillesse est un naufrage.