14 juillet 2009
Droite clermontoise: l'abattoir de la discorde
Une décision municipale d’achat d’un terrain, destiné à un futur abattoir musulman, divise actuellement les anciens membres de la liste d’opposition à Clermont-Ferrand, « L’Avenir à grande vitesse » menée par Anne Courtillé. En tant qu’ancien colistier, j’aurais souhaité que la droite clermontoise lave son linge sale en famille. Mais puisque l’affaire a été portée sur la place publique par une lettre ouverte d’Annie Emery, que les conseillers municipaux Anne Courtillé et Jean-Pierre Brenas y ont répondu (voir les liens ci-dessous), je m’autorise à intervenir à mon tour dans le débat. J’examinerai la question sous deux angles : le fond de l’affaire et la polémique interne à la droite.
Fallait-il ou non approuver l’initiative municipale ? D’un point de vue libéral, à partir duquel j’ai pris l’habitude d’examiner les problèmes, l’argent public, « notre argent »,-comme aurait dit Jean-Jacques Servan-Schreiber- ne doit pas financer les projets privés, cultuels ou autres. Ce qui signifie, entre parenthèses, que les subventions ou aides diverses aux associations devraient être supprimées.
Il y a des exceptions à toute règle. Il est parfaitement admissible que la puissance publique relaie le marché lorsqu’il est défaillant dans un secteur, dans la mesure où cela apporte un service potentiel à tous les habitants. C’est ainsi que des municipalités, Cournon d’Auvergne étant du nombre, ont sauvegardé leur dernière salle de cinéma. Mais lorsque le service s’adresse seulement à une frange de la population, la communauté des croyants musulmans dans le cas qui nous préoccupe, le refus de subventionner s’applique.
Oui mais voilà, la règlementation française sur l’abattage des animaux est très contraignante : c’est un acte technique, ne pouvant être pratiqué que dans un abattoir, même s’il est rituel et festif (1). L’officiant doit être sacrificateur habilité. Le manque d’abattoirs peut donner lieu à des dérogations préfectorales. Mais, à plusieurs reprises, les sites dérogatoires ont été fermés, après condamnation par le Conseil d’état, d’où retour à la case départ et recours, à nouveau, aux pratiques illégales. Les usines à gaz étatiques ne servent pas à régler les problèmes mais à pourrir la vie des membres de la société civile. C’est la raison pour laquelle l’intervention facilitatrice des responsables locaux peut être admise dans ce cas, à condition que la communauté musulmane, à travers ses associations représentatives, paie une juste contribution pour la location du terrain et (ou) des locaux. En aucun cas, le contribuable ne doit être lésé (2). Le vote favorable des conseillers municipaux d’opposition menés par Anne Courtillé n’est donc pas condamnable à mes yeux.
Reste, dans cette affaire, que le dossier municipal paraît incomplet, bâti à la va-vite, comme c’est, hélas! habituel sous la gouvernance Godard. Aussi ce vote oui, émis par nos amis, s’il se justifie, ne doit pas valoir un blanc seing à n’importe quoi. La vigilance s’impose pour la suite.
J’en arrive à l’autre question, interne à notre équipe municipale de 2008. Il faut savoir que les colistiers ont pris l’habitude de travailler avec les six élus avant chaque conseil municipal, pour réfléchir aux sujets soumis à discussion et vote. Pourquoi, à propos de l’achat de ce terrain, les conseillers municipaux ont-ils voté oui au Conseil municipal après avoir pris l’engagement de voter non en réunion préparatoire, selon les dires d’Annie Emery(3)? Je pense que tout élu doit garder sa liberté de vote et donc pouvoir changer d’avis sur un projet, à la lumière d’informations données par le maire en Conseil municipal. A condition de s’en expliquer ensuite à ses colistiers.
Or, je ne trouve pas de réponse à cette question précise sur ce revirement, dans les articles d’Anne et de Jean-Pierre Brenas dans leur site Internet. Je ne doute pas qu’ils puissent nous la fournir et j’attends leur réponse dans la sérénité. (voir mon article du 15 juillet: "Droite clermontoise et abattoir: une affaire qui fait "pschitt"). De plus, j’émets le souhait que, désormais, nous réglions nos affaires entre nous. Il n’est pas utile d’étaler publiquement nos divergences, ni nous livrer à des polémiques qui ne profiteront qu’à nos adversaires.
SW
La photo a été prise pendant la campagne municipale 2008. On reconnaît, de gauche à droite : J P Brenas, A Courtillé, A Emery.
(1) Au fait : l’abattage pratiqué sur la place de Super-Besse, lors de la Saint-Cochon, est-il règlementaire ?
(2) Tout cadeau caché, tout passe-droit avéré, tel un loyer anormalement bas, peut être sanctionné par la justice. Les exemples existent.
(3) Selon Annie Emery : « Il avait été décidé après une longue discussion que le vote de l’opposition serait : NON. L’argument majeur évoqué a été : l’argent public ne doit pas servir à favoriser des réalisation d’ordre strictement privé liées à tel ou tel culte. » Je ne participais pas à la réunion.
Lire :
La lettre ouverte d’Annie Emery :
http://www.modergnat.fr/index.php/2009/07/10/243-clermont-l-ump-divisee-sur-l-aid-el-kebir
Les réponses d’Anne Courtillé :
http://www.leclermontois.fr/spip.php?article635
Et de Jean-Pierre Brenas :
http://blog.jeanpierrebrenas.fr/post/2009/06/29/Sujet-a-polemiques-%3A
10 février 2009
Ca bétonne dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand
Jean-Pierre Brenas, conseiller municipal d’opposition à Clermont-Ferrand, dans un article récent paru dans son blog (1), a fustigé la politique de bétonnage à tout va des édiles socialistes de la ville. Pour illustrer sa critique parfaitement fondée je voudrais prendre deux exemples concrets dans les quartiers nord, quartiers qui n’ont pourtant pas l’air, à première vue, de souffrir de désertification.
Dans la rue Gilbert Roddier, petite rue tranquille bordée en majorité de pavillons, la circulation automobile pose problème depuis des décennies. Le Rectorat de Clermont a construit, à côté du Centre d’information et d’orientation, un Centre d’examens qui accueille assez régulièrement de nombreux candidats venant y passer examens et concours.
Ces jours-là, des dizaines et des dizaines de voitures se garent comme elles peuvent dans la rue Roddier et dans les rues avoisinantes. Bonjour la circulation. Certes la mairie n’y est pour rien. Ce sont les responsables régionaux du Ministère de l’Education nationale qui n’ont pas prévu, au départ, un parking suffisamment grand pour accueillir leur public. Mais cette situation dure depuis la fin des années quatre-vingts, les élus municipaux, parfaitement au courant des difficultés des habitants de la rue, n’ont jamais bronché. Et voici qu’un terrain en friche se libère à vingt mètres du fameux Centre. Que décident nos édiles ?
De faire un parking de délestage ? Naïfs que vous êtes ! Les parkings ne paient pas d’impôts locaux. Non, ils ont confié à l’OPHIS la construction d’un nouveau bâtiment de trente six logements. Les travaux sont en cours (voir photo 1). On ne va pas s’ennuyer rue Gilbert Roddier dans les années à venir avec cet afflux de population et de circulation.
Dans le même temps, à cinquante mètres de là, rue des Clos, une autre friche va elle aussi disparaître (photo 2). Je n’ai pas la nostalgie des herbes folles, des ronces et des terriers de lapins mais un nouveau bétonnage presque en face du premier, ça devient de l’acharnement. Le Conseil municipal a donné son feu vert à un architecte pour la construction de trente deux logements. Si mes calculs sont justes cela fera au total près de soixante dix logements nouveaux dans une zone, en plus, pas très folichonne : les nouvelles constructions « donneront » rue du Torpilleur Sirocco, rue à quatre voies d’entrée et de sortie de ville, à circulation routière dense, bordée par les lignes du tramway. Bonjour le calme et la tranquillité. Oui mais voilà, contents de leurs logements ou non, les habitants de ces lieux abonderont les finances de la ville qui en ont bien besoin. Des logements nouveaux par ci, des logements nouveaux par là, voilà qui évitera, peut être, dans le futur, à Serge Godard de continuer à spéculer sur le franc suisse (2).
SW
(1) L’urbanisme à Clermont : la densification a tout prix au détriment de la qualité de vie.
(2) Quand Serge Godard spécule sur le franc suisse
01 décembre 2008
Oeuvres et manoeuvres socialistes en Auvergne
Dans le dernier numéro du Figaro Magazine, Marc Lazar, historien et professeur à Sciences-Po, analyse la situation au parti socialiste. « Le PS représente encore une forte réalité politique et sociologique…Il dispose d’un réseau d’élus dense, de Régions et de municipalités », nous dit-il. Oui, « il dispose », le mot est on ne peut plus juste, hélas ! Il en dispose à sa manière, comme si toutes ces structures étaient sa propriété, et comme s’il suffisait, pour les gérer, d’écrire des lignes supplémentaires de chiffres avec beaucoup de zéros dans les rubriques « impôts et taxes » en recettes pour financer les folles gabegies des caprices pharaoniques de ses élus en dépenses.
C’est à ce pénible inventaire que se livrèrent, vendredi dernier, Anne Courtillé et Flavien Neuvy devant leurs amis de l’opposition à Cébazat (photo). Ah ! les socialistes, on les voit à l’œuvre en Auvergne et c’est loin d’être ragoûtant. Ils se distinguent surtout par l’augmentation de la pression fiscale, l’opacité de leur gestion et leur réaction infantile devant les critiques que l’on peut résumer par la phrase : « C’est la faute à l’Etat ». C’est un peu court, jeunes gens ! Et faux ! Il faut le dire et le redire : l’état prélève aux Auvergnats trois milliards et demi d’impôts, il en redistribue six milliards aux collectivités régionales.
Mais comme c’est facile de critiquer la droite pour masquer ses impérities. La déchéance des Socialistes français, visible à travers tous les psychodrames auxquels ils nous ont prié d’assister depuis des mois, est une situation de fond qui se constate partout, y compris dans leur manière de gouverner les collectivités où ils sont majoritaires.
Tout n’est que ringardise et médiocrité, aujourd’hui, chez ces gens-là, du Conseil régional d’Auvergne, où un président atrabilaire masque le néant de sa politique derrière ses colères à répétition dûment médiatisées, au Conseil général du Puy-de-Dôme où un essaim de petits Iznogoud du parti de la rose au poing, veulent être califes à la place du calife, sans oublier Clermont et sa communauté, où un maire n’en finit pas de se prendre les pieds dans les fils qu’il a lui-même tendus et suscite, par son attitude et ses décisions, les réactions de plus en plus hostiles, non seulement de son opposition mais aussi de ses amis de gauche (1).
« Un vent de fronde s’est levé sur le tard,
Je crois qu’il gronde contre le Serge Godard »
A Cébazat, comme nous l’apprenait Flavien Neuvy, ce n’est pas mieux. Le maire socialiste se croit toujours en 2001 quand il n’avait pas d’opposition au Conseil municipal. Mais il en a une, cependant, toute nouvelle et assez étonnée de voir « les millions défiler » pour des projets peu raisonnables. Par exemple, la construction de 900 logements destinés à faire venir 3000 personnes supplémentaires dans la commune (soit une augmentation de 40 % du nombre d’habitants). Et si l’affaire fait plouf, qui paiera ? De même, le château de la Prades, devient château en Espagne : pour le rénover, le maire fait d’abord faire une étude, vieux réflexe socialiste, coûteuse, comme toutes les études que ces gens-là font faire. Et ensuite, il faudra rénover cette vieille bâtisse. Et voguent les millions d’euros.
Dans le magazine d’où j’avais extrait ma citation du début, Jacques Marseille, toujours à propos du parti fondé en 1971 à Epinay, affirme : « On ne peut pas construire durablement un parti politique sur le mensonge et le déni du réel ». Le drame, pour les Français, c’est que la majorité d’entre eux ont cru aux belles paroles de ses membres et leur ont confié les rênes de bon nombre de nos collectivités locales. Plus dure sera la chute, pour eux, mais encore plus dur sera le réveil, pour leurs électeurs.
SW
(1) Un des membres de ma famille me signale une nouvelle affaire clermontoise. Pour la lire, cliquez sur le lien :
http://www.bakchich.info/breve1385.html
Si le lien est périmé, vous pouvez lire l'article en cliquant sur le lien ci-dessous:
http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2008/12/01/11587302.html
25 septembre 2008
Quand Serge Godard spécule sur le franc suisse
Qui aurait crû qu’un socialiste comme Serge Godard, auvergnat en plus, s’adonne à la spéculation engageant des montants astronomiques et prenant des paris sur 20 ans ?
Certes, c’est un type de spéculation peu risqué pour lui, et pour cause, c’est avec l’argent des Clermontois…
Ayant étudié les finances de la Ville à de nombreuses reprises, j’ai toujours été étonné des taux d’emprunt très alléchants auxquels la Ville avait accès. La municipalité vantait alors sa gestion « active » de la dette. Je penchais alors plus pour l’existence de subventions ou assimilés que pour un réel talent financier de la municipalité. Mais je n’avais alors rien de concret à opposer.
Au mois de juillet une note de l’agence de notation financière internationalement reconnue Fitch m’a alors éclairé sur le secret de cette gestion miraculeuse. Le titre de cette note est « La dette structurée des collectivités locales : gestion active ou spéculation ? ».
Sous le nom de dette structurée ou d’emprunt bonifié, se cache une catégorie d’emprunt des plus risqué. Ces produits proposent souvent des taux extrêmement intéressants pendant les premières années du prêt (pouvant aller jusqu’à 3 ans) puis, sur les années restantes (15 à 20 ans), l’emprunteur s’engage à payer un taux dégradé et majoré, parfois dans des proportions très importantes, en fonction du niveau atteint par certains indices (taux d’intérêts à court ou long terme, taux de change, indices d’inflation …).*
Cette note reprend des exemples dans lesquels le taux d’intérêt de l’emprunt se dégrade rapidement, pouvant dépasser les 10% par an et dans certaines conditions dépasser les 30%…
Selon Fitch, il n’est pas exclu que les plus exposées ou les plus fragiles se retrouvent alors en situation d’insolvabilité.
Reprenant les documents municipaux des quatre dernières années, on trouve alors de nombreux emprunts de ce type pariant soit la courbe des taux (différence entre taux à court terme et à long terme), la parité du dollar face au yen ou de l’euro face au franc suisse…
Et l’estimation basse que l’on peut faire est de l’ordre de plusieurs dizaines de millions d’euros d’encours pour le seul budget principal, une cinquantaine au bas mot semble-t-il… soit environ 40% de la dette. Et encore s’agirait-il à 80% d’emprunt reposant sur les devises, c’est-à-dire le type le plus risqué.
Quant aux comptes de Clermont communauté, sa direction étant occupée par les élus de la majorité clermontoise, nous retrouvons les mêmes pratiques. Un emprunt de 15 millions d’euros possède les caractéristiques si redoutées, et la suspicion porte sur un montant d’une trentaine de millions d’euros, pour une dette d’un montant semblable à celui de la Ville de Clermont-Ferrand.
L’environnement financier actuel si troublé n’est pas pour nous rassurer sur les conséquences de ces actes qui seront qualifiés par les plus bienveillants d’imprudents et d’irresponsables par les autres.
Pour expliquer le recours imprudent si ce n’est coupable à ces emprunts, deux réponses sont possibles et cumulables :
- soit l’équipe municipale élue et la direction financière nommée par elle n’avaient pas conscience de ses actes, car pas la compétence technique, ce qui est grave lorsque l’on a la responsabilité (ou l’irresponsabilité) de la gestion d’un budget dépassant 160 millions d’euros (le milliard de francs).
- soit l’équipe municipale fut alléchée par la facilité du recours à ce type d’emprunt, permettant d’obtenir un peu de souplesse financière qu’au moyen d’un emprunt à taux fixe classique, en faisant supporter le risque à la Ville et l’ensemble de ses citoyens. En effet, il est bien plus facile de souscrire un emprunt miracle spéculatif que d’améliorer la gestion de la Ville, progrès qui sont le fruit d’efforts constants et difficiles mais pour lesquels la majorité actuelle n’a toujours eu que peu de goût.
Espérons que les Clermontois n’auront pas le goût trop développé, car cela s’annonce salé…
Il est de la responsabilité de l’opposition municipale, notamment du seul groupe qui se soit intéressé aux finances et à la fiscalité de la Ville, le groupe UMP et apparentés, de demander un audit complet de la situation de la Ville face à ce risque mettant sa stabilité financière en péril.
On pourrait même proposer à la majorité de rajouter dans son agenda 21 en faveur du développement durable l’engagement de ne pas faire prendre des risques inconsidérés à la collectivité hypothéquant les investissements et le développement futur de la Ville…
Florent BELON
Ci-dessous, vous trouverez quelques liens pour en savoir plus sur l’étude de l’agence Fitch :
http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2008/09/25/10711768.html
http://www.fitch.fr/pdf/rapports/fpe_rap_187.pdf





