Vent d'Auvergne

Un regard libre et libéral sur l'actualité

09 juin 2009

Le divorce européen

   abstentions_aux__lections_europ_ennes

   

   Je veux, tout d’abord, remercier les électeurs de la région Centre-Massif central qui ont pris la peine de photocopier leur bulletin de vote de Newropeans, avant de le glisser dans l’urne.

   Je veux ensuite, non pas commenter les résultats de ces élections européennes 2009 -d’autres l’ont faits mieux que moi, notamment Marianne Ranke-Cormier dans l’article paru sur le magazine de notre mouvement (1)- mais faire quelques remarques. Le taux des abstentions, tant en France que dans l’Union européenne entière, augmente à chaque élection, ce qui est mauvais signe (2). Celui-ci relativise le succès de la droite et des écologistes mais plus globalement les résultats de toutes les listes (3).

Europ_ennes_2009_Fce

 
   Je sais qu’il est difficile de se livrer à une interprétation de ce qui ne s’exprime pas. J’avancerai cependant trois explications. D’abord, un grand nombre d’Européens se désintéressent d’une Union européenne trop lointaine. Ensuite je pense que beaucoup de gens refusent de participer à une élection jugée peu utile et peu claire. Qui connaît vraiment le rôle du parlement européen dont certains beaux esprits nous affirment qu’il aura plus de pouvoirs quand le traité de Lisbonne s’appliquera ? Oui mais celui-ci n’est pas encore ratifié par tous les états et rien ne dit qu’il le sera, sauf à persévérer dans les nombreux dénis de démocratie dont les responsables européens sont coutumiers. Ce qui m’amène au point numéro trois : le phénomène de rejet d’une institution jugée méprisante, technocratique et anti démocratique.

   Voilà ce qui, selon moi, explique ce divorce entre la majorité des Européens et l’Union. D’où l’urgence de mettre en œuvre un certain nombre d’idées avancées par Newropeans pour démocratiser l’Europe, la rapprocher des citoyens et faire en sorte qu’elle s’occupe enfin de leurs problèmes et non pas de broutilles farfelues ou de normes inapplicables.

   Je suis d’autant plus satisfait de mon combat aux côtés du mouvement Newropeans que je suis aujourd’hui persuadé de la justesse de sa vision et de sa façon d’aborder la construction européenne, à quelques détails près. Le travail amorcé doit donc se poursuivre avant qu’une crise majeure défasse l’Europe. Dans un prochain article, je tracerai quelques pistes de réflexion pour l’avenir.

SW


(1) « Européennes 2009 : la belle victoire des anti démocrates par Marianne Ranke-Cormier »
http://www.newropeans-magazine.org/content/view/9542/110/

(2) Voir le graphique en tête de cet article « Abstentions aux élections européennes en pourcentage des inscrits ».

(3) Voir le graphique « Européennes 2009 en France » Résultats exprimés en millions de voix

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03 juin 2009

Avec Newropeans, pour une démocratie européenne

Affiche_Newropeans

Madame, Mademoiselle, Monsieur,

Vous croyez vivre dans une démocratie ? Alors, apprenez que ce n’est pas le cas, en Europe, actuellement. Jugez plutôt : l’Europe c’est :

Un pouvoir exécutif exercé par des commissaires non élus
Des parlementaires, certes élus par vous, mais qui n’ont pas l ‘initiative des lois, votent de la même façon, qu’ils soient UMP, PS, Modem et ne vous rendent aucun compte de leur mandat
Des traités modifiant votre vie d’une façon importante sans que vous soyez appelé, par référendum, à les ratifier. Et si, ici ou là, on vous demande encore votre avis, vous avez intérêt à voter OUI, sinon, les « responsables européens » vous obligent à retourner aux urnes.
Peu à peu, ce qu’on appelle d’un terme général le pouvoir de Bruxelles transforme la construction européenne en absurdité.

************

Par contre, vous connaissez des difficultés dans votre vie : chômage, avenir incertain de vos enfants et vous vous dites que l’Europe pourrait être un endroit merveilleux si ceux que vous payez pour cela consacraient, enfin, leur temps à tenter de résoudre vos problèmes et réduire, autant que faire se peut, vos difficultés.
Pour ce faire, nous, candidats du mouvement Newropeans,  vous proposons un certain nombre de mesures regroupées en quatre thèmes principaux de notre programme. Ils sont développés sur notre site de campagne, vous pouvez en prendre connaissance
ici.

************

Il s’agit de rendre l’organisation européenne plus démocratique, en renforçant le rôle du parlement, en supprimant la commission, en instaurant un gouvernement élu et responsable devant le parlement. Enfin, tous les grands changements (traités, adhésions de pays) seront soumis à référendum.

Il faut aussi donner à l’Europe le rayonnement d’une grande puissance indépendante, qui puisse faire entendre notre voix, face aux USA, à la Russie, à la Chine et d’autres.

Enfin, l’Europe ne peut se limiter à être une Europe politique, elle doit devenir l’affaire de tous les Européens. C’est pourquoi nous voulons une Europe des réseaux, des maillages, des projets communs. C’est l’urgence aujourd’hui, d’autant que la crise est là qui nous demande d’agir et vite. On peut proposer d’ores et déjà :

Une adaptation de la formation des jeunes dans une optique internationale pour accroître leurs capacités à trouver du travail dans les différents pays d’Europe
Une mise en commun des moyens nationaux dans la recherche, l’innovation, la création de nouveaux débouchés, de nouveaux métiers (on pense aux énergies renouvelables, au développement de nouvelles formes de travail grâce à l’informatique),
Enfin l’Europe que nous appelons de nos vœux doit apporter son aide aux réseaux d’entraide que les membres de la société civile, c’est à dire vous-mêmes, pourraient mettre en place dans les pays adhérents. Assez d’aides aux revendications corporatistes des lobbies, l’argent public, notre argent, doit financer les programmes d’intérêt général.

************

Madame, Mademoiselle, Monsieur, si vous voulez que l’Europe change, changez votre vote. Ne donnez plus vos suffrages aux candidats des grands partis français qui ont fait l’Europe actuelle. Par leurs promesses, ils vous ont trompé dans le passé. Ils vous tromperont à nouveau demain. Donnez votre confiance à des hommes et des femmes qui vous font des propositions concrètes, loin de toute démagogie.

Dimanche 7 juin, votez pour une Europe enfin démocratique et utile, votez pour les candidats de Newropeans. Plus vous voterez pour nous, plus nous pourrons travailler pour vous !

Serge Weidmann
Candidat de la liste Newropeans , circonscription Centre-Massif central

PS : Newropeans ne disposera pas de bulletins dans les bureaux de vote. Pourquoi?
En France, à la différence de l’Allemagne et des Pays-Bas où Newropeans présente aussi des listes, les frais d’impression des bulletins de vote sont à la charge des partis, dans les autres pays européens ils sont payés par l’Etat ! Newropeans ne dispose pas de l’argent nécessaire (un million d’euros) à l’impression des bulletins et circulaires destinés à chaque électeur. Newropeans considère ce procédé comme le plus scélérat pour empêcher de nouvelles forces politiques d’émerger. Il fait de notre pays le moins démocratique de l’UE quant aux procédés utilisés pour bloquer les nouveaux partis.
Pour voter Newropeans,
téléchargez votre bulletin de vote. Pour plus d’information concernant les bulletins et le vote, lisez cette page.

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17 mai 2009

L'Europe des élites et l'Europe des peuples

Europe__lites_et_peuples  Pour nos élites technocratiques, il semblerait que rien de ce qui touche à l’Europe ne saurait être soumis à la décision des peuples. Ou alors le moins possible et avec beaucoup de précautions. Comme si leur belle construction n’était pas destinée à être ratifiée, critiquée, jugée, par les manants que nous sommes.

   Les quelques minutes pendant lesquelles notre ami David Carayol, qui conduit la liste de Newropeans dans la circonscription Sud-Ouest, tente d’intervenir dans un débat désormais archi classique à BFM TV (1) prennent valeur de symbole du gouffre qui sépare ceux qui font l’Europe de ceux qui la subissent. L’Europe, à l’évidence, n’est pas une affaire populaire. D’abord, le journaliste interrompt David qui se présente, non pas en téléspectateur, mais en candidat de Newropeans : « Je suis désolé. David, si vous partez là-dessus, moi je vais avoir des tas de problèmes avec le CSA, tout le monde, etc. Ça, y faut pas en parler, malheureusement. Je suis ravi pour vous, mais l’égalité s’impose.»

  Mais dans quel pays vivons-nous ? A Cuba ? Dans l’Iran des Mollahs ? Chez les Talibans ? Nous sommes simplement dans la dictature doucereuse, mais bien réelle, que Tocqueville voyait sortir de nos démocraties mollassonnes ? Ah ! Egalité : que de crimes on commet en ton nom ! Ensuite, l’un des intervenants, Michel Foucher, géographe et diplomate, à David qui lui rappelait que 70% des Européens sont contre l’entrée de la Turquie, affirma doctement : « Il y a des circonstances où il faut savoir aller contre l’opinion publique, en fonction d’une vision à long terme. Dans les années cinquante, le traité de Rome n’était pas très populaire, la réconciliation franco-allemande non plus ». Certes, le peuple peut se tromper, surtout si on lui ment. Mais l’histoire nous a montré que les décideurs se trompent aussi. Seulement il faut, à un moment donné, que quelqu’un tranche. Et, en démocratie, c’est nous !

   Or il se trouve que, pour trancher des questions européennes, le peuple n’est pas consulté dans tous les pays, et dans les pays où on le consulte, il n’est pas consulté dans tous les cas. Pire, nous constatons aussi que, là où il est consulté, c’est comme à l’école: il faut qu’il réponde comme l’élite le veut, sinon il est puni et doit revoter. On le voit, ce ne sont pas les excès démocratiques qui étouffent les dirigeants nationaux en Europe.

   Ne nous étonnons pas, sachant cela, que l’abstention soit de plus en plus forte, dans les scrutins européens, comme David Carayol le rappela à ses interlocuteurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les adhérents au mouvement Newropeans se sont fixés, en priorité, de rendre l’Europe démocratique par toutes sortes de moyens, comme :

"Ratifier systématiquement les principales évolutions des traités communautaires, et en particulier les élargissements, par des référendums transeuropéens,

Rapprocher géographiquement les institutions européennes des citoyens en les décentralisant,

Créer une procédure d’évaluation décennale du système politique et administratif communautaire, indépendante des institutions exécutives, législatives et judiciaires. »

   Car, prenons-y garde, l’Europe telle qu’elle est façonnée, hors peuples, si j’ose dire, n’est pas inéluctable et pourrait se briser, faute, justement, d’ une adhésion populaire. Et elle pourrait ne pas se briser sans dommages pour nous tous.

SW

(1) voir David Carayol sur BFM tv

http://blogs.newropeans.eu/paris/?p=405

Et la vidéo sur :
http://www.youtube.com/watch?v=gEEgByg8h9M

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13 mai 2009

L'Europe de Jean-François Revel

L’intervention ci-dessous est de Jean-François Revel ; elle date de 1997. L’auteur participait à un colloque ayant pour thème l’Europe, organisé par la CLES (Convention libérale économique et sociale) créée par Raymond Barre dont le président, à l’époque, était Charles Millon.
J’ai procédé à certains endroits à une remise en forme du texte enregistré, à l’origine sous forme de langage parlé, d’où les expressions entre parenthèses. Je n’ai pas transcris certaines redondances ou anecdotes pour ne pas l’alourdir.
Que l’ami Revel, qui nous regarde du paradis des philosophes, veuille bien me pardonner.  SW

************

Revel_et_l_Europe   La communauté européenne est née de deux faits majeurs. Le premier besoin que l’Union européenne cherche à satisfaire, c’est l’élimination des guerres intérieures en Europe. L’inspiration fondamentale, c’est en finir avec ces conflits internes à l’Europe qui ont marqué aussi bien le 19ème que le 20ème siècle. Le second : construire un contrepoids à la super puissance américaine qui est la seule grande puissance mondiale après l’effondrement de l’URSS. Eventuellement : construire un contrepoids à de futures grandes puissances : la Chine, l’Inde, éventuellement le Brésil.

   Concernant le premier point, (rappelons que) nous sommes, nous autres Européens, responsables de deux guerres mondiales. De la première sont sortis les pires fléaux de l’Histoire du 20ème siècle, c’est à dire la totalité des totalitarismes soit, par ordre chronologique, le bolchevisme stalinien, le fascisme, le nazisme, le salazarisme, le franquisme et, chez nous, le pétainisme, qui sont dus au fait que les situations issues de la première guerre mondiale ont été mal réglées. D’où l’éclatement de la seconde guerre mondiale qui a permis d’imposer l’idée européenne, qui existait déjà, mais dont le concept s’est imposé d’une manière plus précise et plus urgente.

Lire la suite

http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2009/05/11/13692148.html

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11 mai 2009

Bernard Kouchner va voter pour Newropeans

87616_bernard_kouchner_et_sa_compagne_637x0_1_copie   Bernard Kouchner, notre ministre des Affaires étrangères, est-il un grand naïf ou joue-t-il à l’idiot de service ? Dans une interview au journal Le Parisien, il commence par avouer qu’il ne sait pas pour quelle liste voter aux européennes : « J’attends de voir les programmes » dit-il. Apparemment celui de la majorité, dont il fait maintenant partie, n’a pas l’air de l’emballer plus que ça. Ensuite, il remarque que, face à cette élection, « les gens ne semblent pas passionnés, et c’est dommage. »

   Notre « french doctor » n’a pas vu que les Français sont comme lui. S’ils ne se passionnent pas pour cette campagne, c’est que les partis en course parlent de tout, sauf de notre avenir en Europe. Comme s’ils n’avaient rien à dire sur le sujet et qu’ils s’étaient résignés à la soupe bruxelloise actuelle qui n’est, pour eux, pas si mauvaise à avaler que cela.

   Et bien, Monsieur le ministre, j’ai le plaisir de vous apprendre que les candidats de Newropeans ont, eux, beaucoup de choses à dire à propos de l’Europe de demain: sur sa démocratisation, la réforme de ses institutions, les mille et une manières d’intéresser et de faire participer les peuples à sa vie de tous les jours, le rôle qu’elle peut jouer dans le développement et l’emploi.

   Allez donc vous informer sur leurs sites Internet et lire les seize propositions qu’ils font pour l’Union européenne. Nul doute que cela vous passionnera plus que les dérisoires bavardages franco-français qui sévissent ces temps-ci et, qui sait, vous aurez sans doute envie de voter pour leurs candidats.

Serge Weidmann

Post scriptum: Le Figaro d'aujourd'hui lundi 11 mai m'apprend que, finalement, Kouchner votera pour Barnier. Voilà une décision bien rapide, les programmes électoraux n'ayant pas été bouleversés en deux jours. Le beau Bernard a dû se faire "souffler dans les bronches" par Sarkozy, ce week-end. Dernière question concernant la liste pour laquelle Kouchner votera: Barnier sait-il pour quelle liste voter? Et Rachida Dati, qui se présente en seconde position, sait-elle qu'on vote le 7 juin prochain?

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10 mai 2009

Vent d'Europe avec Newropeans

Europe_et_grippe  Contacté par David Carayol, coordinateur pour la France de la campagne de Newropeans, j’ai accepté de figurer sur la liste que les « nouveaux européens » comptent présenter aux électeurs de la grande circonscription Centre-Auvergne-Limousin, le 7 juin prochain. Et dont Philippe Micaelli est la tête de liste.

   J’ai toujours été conscient que l’Europe était notre avenir, si nous voulons peser dans les affaires internationales et ne pas nous contenter d’être une puissance moyenne, sans grand rayonnement.

   Mais pas une Europe comme celle que nous ont mitonnée les caciques de Bruxelles, qui manque singulièrement de démocratie, de puissance et de panache. Je ne veux plus des lobbies divers qui font le siège des commissaires, des députés et des fonctionnaires, pour obtenir argent et droits divers. Je ne veux plus du pouvoir des technocrates bruxellois qui s’introduit dans les petites choses de notre vie.

   Je veux une Europe qui traitera des problèmes graves du moment, chômage et emploi, en mettant en place un plan d’urgence pour les chômeurs, en favorisant les coopérations dans la recherche, la formation, le financement des entreprises. La salamandre, image de l’Europe des vingt-sept et symbole de notre mouvement, nous rappelle que, devant l’adversité, il faut garder la confiance et la paix de l’âme. J’ai confiance dans les nouveaux européens et dans l’Europe. A bientôt car la campagne commence.

Serge Weidmann

Vous pouvez visiter les différents sites de Newropeans  en cliquant sur leur nom dans la catégorie "Européennes 2009" créée dans la colonne de droite de ce blog.

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05 mai 2009

Le défi européen

JJSS_Europe   Dans un mois, vous élirez vos représentants au parlement européen. Quels sont aujourd’hui les enjeux, les défis que nous devons relever et pour lesquels l’Europe doit être le levier le plus efficace ?

   L’avenir est écrit dans le passé. Les mentalités, finalement, changent moins qu’on ne le croit, hélas ! Il y a vingt ans, quasiment jour pour jour, Jean-Jacques Servan-Schreiber écrivait un article dans le quotidien national, depuis disparu, « Le Matin de Paris » qui a des résonnances bien actuelles. Intitulée « La grande peur de l’Europe » l’intervention de l’ex président (il venait d’en démissionner) du Parti radical nous paraît, dans plusieurs paragraphes, écrite pour les Français de 2009. Jugez-en :

   «… La réalité, c’est qu’il faut faire l’Europe au lieu d’en avoir peur…Les Français savent, ou ressentent qu’ils sont entrés dans une phase critique de leur histoire, et plus concrètement, de leur vie…
Comment vivre, avec quel salaire, par quel travail, demain, face aux Américains, aux Japonais, aux Coréens, aux Brésiliens qui montent à l’assaut et répandent ici chômage et restrictions ? Comment vivre aujourd’hui avec des enfants de douze ans, de vingt ans, dont on ne voit ni de près ni de loin, ce qu’ils pourront faire de leur intelligence, de leur courage, de leur talent ? Telles sont, vivement, les interpellations qui frappent chaque foyer français, sans exception.
Telle est la raison même pour laquelle l’Europe –unie, organisée, volontariste, l’Europe du salut public - a cessé d’être un mythe … pour devenir une nécessité et notre chance… »

   Puis JJSS stigmatise la« grande peur des bien-pensants », qui, aujourd’hui n’est plus faite de frilosité mais d’un désir conservateur de gérer l’Europe à la petite semaine entre élus politiquement correct et technocrates coupés de la réalité. Et il a cette phrase, qui décrit si bien l’attitude de nos (fausses) élites : « A chacune de ces échéances, on cherche refuge derrière le dénominateur commun que l’on croit confortable et solide, et qui soude les caciques entre eux : le mépris des Français. »

   Nous y sommes toujours vingt ans après. Ceux qui, hier, avaient la frousse de l’engagement européen se sont précipités depuis, dans une fuite en avant, à l’ouverture tous azimuts vers des pays qui n’ont rien à y faire, à l’infinie production de lois et de directives qui paralysent toute initiative. Pour nous, les peuples européens, l’Europe est devenue inintelligible, lointaine et comme étrangère, au lieu d’être notre chance et notre moyen de lutter contre la concurrence mondiale. Seuls les lobbys bien organisés et agressifs y trouvent leur compte. Le jeune à la recherche d’un stage, d’un travail, d’une aide n’a pas grand chose à espérer de ce machin qui ne sait que fabriquer les contraintes les plus ubuesques à jet continu.

   Et ce ne sont pas les partis officiels qui y changeront quelque chose. Ce qu’ils veulent : avoir plus de voix que le soi-disant adversaire national, caser quelques politiciens en préretraite et leur offrir une autre sinécure. Leurs professions de foi, sensées répondre concrètement à nos problèmes, ne sont que charabia électoraliste, novlangue à peine recyclée pour la cause, belles formules creuses. Allez les lire sur leurs sites Internet pour être édifiés. Comment faire de l’Europe une union, une puissance, une ressource, un espoir ? Cherchez ailleurs. C’est justement de cet ailleurs que nous vous parlerons au cours des prochaines semaines.

SW
Photo : Jean-Jacques Servan-Schreiber (Bureau Sygma)

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27 avril 2009

L'union européenne: un machin ou une machine?

   affichesenbo2329_a0f15L’Europe est une de mes vieilles passions mais une passion aujourd’hui éteinte. Ce que j’avais pris pour l’avenir radieux de l’Occident moderne est devenu une forme de cauchemar politique. La belle princesse qui séduisit Zeus, le Dieu des dieux, s’est transformée en une horrible sorcière comme dans un conte de fées qui tourne mal.

   Un parlement trop politiquement correct à mon goût (voir la façon dont il traita l’orateur invité Vaclav Klaus, président tchèque), machine destinée à recycler les politiciens au rancart et à leur offrir une existence de nababs à nos frais, une commission technocratique qui pond des préconisations à qui mieux mieux, plus folles les unes que les autres. Le tout fonctionnant selon des textes compliqués, des usines à gaz constitutionnelles, ignorant toute subsidiarité, rognant à tout va les prérogatives des états.

   L’Europe, l’Europe, l’Europe ! C’est un machin sans âme, ennuyeux et pénible, qui gère l’économique, c’est à dire notre vie de tous les jours, ignorant tout ce qui constitua, dans le passé, l’esprit européen. Fi des références chrétiennes, fi de la grandeur, fi de la démocratie, fi des peuples ! Le monstre avance, aveugle et sourd, sans savoir qui il est et ce qu’il veut. Aussi absorbe-t-il et digère –t-il les patries les unes après les autres. Il ne connaît nulle limite : demain la Turquie en voie d’islamisation, pourquoi pas la Chine après demain puisqu’il n’y a pas de critères d’appartenance. D’ailleurs, en introduire, ne serait-ce pas faire de la discrimination, mot honni qui sent son fasciste d’une lieue?

   Sous sa coupe, frères humains qui en Europaland vivez, nous ne sommes plus des hommes libres mais des assistés. Elle nous nourrit, nous verse notre argent de poche (on appelle cela des subventions), nous console quand ça va mal. Ah ! « l’Europe qui protège », seul slogan qui émerge dans cette triste campagne électorale. Mais où sont donc les citoyens de l’Europe, ses forces vives, ses âmes fortes ? L’Europe n’est-elle plus qu’un asile pour vieillards de tous âges ?

   Quelques irréductibles, pourtant, rêvent encore d’une Europe démocratique, d’une Europe d’hommes responsables, d’une Europe pour laquelle on se bougerait, ne serait-ce qu’en quittant ses pénates pour aller voter le sept juin prochain. Ce sont les militants du mouvement Newropeans qui essaient de se présenter à nos suffrages dans le plus grand nombre de pays, y compris en France. Chez nous, ils seront présents dans toutes les circonscriptions sauf, hélas, dans la nôtre, celle du Centre, Auvergne, Limousin.

   On peut adhérer ou non aux seize points de leur programme. Je trouve ce dernier un peu trop constructiviste (mais pourquoi les libéraux, que je suis prêt à soutenir, se contentent-ils du magistère de la parole ?) cependant je reconnais à ces nouveaux venus le mérite de mettre la construction européenne sur ses pieds, de faire de la politique autrement et de briser le ronron des grands partis « euro beats » pour parler comme un certain vicomte vendéen qui, lui aussi, en brandissant le drapeau de la « Libertas », risque de faire quelques ravages.

SW

Concernant Newropeans, deux sites sont à visiter :

www.newropeans-magazine.org/
et le site de campagne du mouvement en France :
http://www.newropeans.eu/index.php?lang=fr

Pour Libertas, voyez le site de campagne et ses liens :

http://www.libertas2009.fr/
 
 

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07 avril 2009

La Turquie en Europe: c'est oui ou c'est non?

islamisme_15_11_06  Le nouveau président des Etats-Unis s’est prononcé récemment, à deux reprises, pour l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. A ceux, dont je suis, qui seraient tentés de le lui reprocher : « De quoi je me mêle ? les Européens ne demandent pas aux USA d’accepter le Mexique comme 51ème état ! », Barak Obama répond par avance : « C’est vrai…ce n’est pas à nous de prendre une décision, cela n’empêche pas d’avoir une opinion. » Il est vrai que, de leurs côtés, les dirigeants et citoyens de l’Europe, Français en tête, n’ont jamais manqué de dire aux Américains, à propos de tout et de rien, ce qu’ils devaient faire ou ne pas faire. George Bush en sait quelque chose. D’où la réponse du berger à la bergère.

   Cette prise de position d’Obama a eu au moins un effet important : la fin de non recevoir de Nicolas Sarkozy qui a (ré ?) affirmé son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE. Intervention bienvenue car nous commencions à douter de la détermination de notre président dans cette affaire. Aussi nous voulons croire cette opposition sincère et définitive. Et nous attendons que les candidats de l’UMP au Parlement européen prennent, eux aussi, au cours de la campagne électorale qui débute, une position claire et définitive sur les relations Europe-Turquie. Au besoin, posons leur la question pendant les réunions électorales. 

   Parce que, ces derniers temps, les initiatives françaises plaidaient plutôt pour un changement de politique de nos dirigeants, changement favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Europe. D’abord, Nicolas Sarkozy, pendant qu’il présidait l’ UE, non seulement n’a pas mis un terme au projet d’adhésion, mais a accepté d’ouvrir huit nouveaux chapitres de négociation avec vote des crédits afférents. D’autre part, la réforme constitutionnelle, votée en juin 2008 par le Parlement, a supprimé la tenue d’un référendum pour l’entrée de tout nouveau pays dans l’UE.

   Mais pour que nous soyons totalement rassurés, il faudrait cesser de pratiquer l’équivoque et que les paroles et les actes de notre président soient au diapason.


SW

Le dessin illustrant l'article est de David Miège. Ses dessins paraissent dans le site "Les 4 Vérités". Voir dans les liens.

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