20 janvier 2009
Obamania française
Au temps de Molière, les « précieuses ridicules » se réunissaient dans des salons pour se gargariser de leurs prétentieuses fadaises. Aujourd’hui, avec le progrès technique, précieuses et précieux se retrouvent sur les plateaux de télévision devant les caméras. Et leurs fadaises, débitées devant des millions de téléspectateurs, deviennent des vérités à force d’être répétées à tous les échos.
Ainsi, hier midi, sur une quelconque chaîne de télé, plusieurs «parloteux» patentés dissertaient gravement sur notre malheureux pays dans les profondeurs politiciennes duquel nul d’entre eux n’entrevoyait l’ombre d’un Barack Obama. D’où des propos désabusés sur la pauvre France, devenue, à leurs yeux, une contrée peuplée de racistes. Tout cela est bien triste, Madame Michu.
Les obsédés du multiculturalisme ont bien de la chance de vivre au début du XXIème siècle à Paris, là où aucun nouveau Molière ne vient moquer leurs chimères stupides. Et nous, les Français de base, sommes bien à plaindre de n’avoir pas un nouveau génie de la comédie pour nous donner à rire de leur bêtise satisfaite. Pourtant, ces hypocrites mériteraient fort que quelqu’un leur mette le nez dans leur caca intellectuel.
Leur bruyante adhésion à une Amérique, devenue brusquement paradisiaque, ne doit pas nous faire oublier qu’elle est le résultat de l’élection à la présidence d’un homme qui est, d’abord, proche d’eux par ses idées socialistes. Quand George W. Bush a appelé la « diversité » à ses côtés, nul n’a entendu nos bobos hexagonaux chanter ses louanges avec celles de Condoleezza Rice et Colin Powell. L’antiaméricanisme primaire est une arme contre les élus et responsables républicains, leurs idées et leur politique. La défense de la liberté, base idéologique des républicains américains, est un épouvantail pour nos grenouilles de bénitiers socialisantes qui se cherchent volontiers un roi outre-Atlantique à condition qu’il soit de gauche et interventionniste. S’il a du sang noir dans les veines, cela permet, en plus, l’exaltation antiraciste.
En France, nous avons quelques ministres, femmes de surcroît (mais le féminisme n’est plus à la mode), issues de populations immigrées. On sait comment les perroquets de la bien-pensance les traitent : Rachida Dati insultée, Rama Yade méprisée, Fadela Amara snobée depuis qu’elle a quitté (peut être aurais-je dû écrire : « trahi ») la gauche pour rejoindre l’équipe de Nicolas Sarkozy. Pour nos faiseurs d’opinion hexagonaux, ici, comme en Amérique, le seul bon immigré, métis, issu de la diversité –nous avons le choix des mots- doit être de gauche ou il n’est pas.
SW
07 novembre 2008
Obama président: une bonne nouvelle?
Les Français sont incorrigibles: après avoir fait de George Bush le diable, les voilà croyant que Barack Obama est le Messie. Rappelons leur quelques vérités.
D'abord le nouveau président des États-Unis vient de l' extrême gauche du parti démocrate et il eut quelques fréquentations extrémistes dans sa jeunesse (1). Son programme le trahit. Interventionniste convaincu, il compte multiplier les aides d'un côté tout en taxant les plus values du capital et relever le plafond des revenus imposables. Vive l'état providence incontournable dans l'immobilier, la santé, l'environnement et j'en passe. Certes, cela plaira aux bobos des deux côtés de l'Atlantique mais cela plombera la reprise économique.
Autre virage inquiétant: la remise en cause des accords de libre échange avec les pays limitrophes au nord et au sud. La revendication du protectionnisme comme doctrine, il y a vraiment de quoi faire la fête.
Qui ne voit qu' impôts nouveaux et « subventionnite » auront, outre atlantique, le même effet que chez nous: la diminution de la croissance et la hausse du chômage. Sans compter que ces initiatives américaines n'arrangeront pas les économies européennes largement tributaires des USA. Quand les frontières se ferment, quand les barrières douanières bloquent les échanges, tout le monde en pâtit. C'est cette même politique qu'a menée Franklin Roosevelt dans les années trente, avec les conséquences que l'on connaît:la récession et la guerre.(2)
N'oublions pas non plus que la crise des « subprimes » américaine, devenue par effet boule de neige, crise financière puis crise économique mondiale est née, comme le rappelle l'économiste Jacques Garello (2), « de la politique monétaire de la FED et surtout (des) manœuvres politiques du parti démocrate, qui a inventé les crédits hypothécaires à discrimination positive. » Les agences garanties par l'État fédéral, les « Fannie truc » et les « Freddy chose », créées sous Roosevelt, ont été réanimées par Bill Clinton. « Elles ont renvoyé l'ascenseur, nous apprend encore Garello, en devenant les fidèles soutiens des démocrates, arrosant copieusement les gens du Congrès, Obama en tête. »
Autrement dit, la crise qui nous atteint de plein fouet est la créature des amis de Monsieur Obama, qui tiennent maintenant, outre la présidence, le Sénat et la Chambre des représentants. Pour sortir de l'enfer, élisons le diable! Ce serait risible si ce n'était pas tragique. Jusqu'à maintenant, il n'y avait que dans les westerns, que l'on pouvait voir des méchants américains élus shérifs. Nos compatriotes, qui élèvent des autels à la gloire de Saint Barack, seraient bien avisés de devenir lucides au moment où nos entreprises mettent la clé sous la porte, faute de prêts bancaires.
En revanche, il n'est pas sûr, qu'en politique internationale, Obama verse dans l'angélisme à la Jimmy Carter et suive sa calamiteuse politique. Il n'a apparemment pas l'intention de s'en laisser compter par les mollahs et autres excités coraniques. L'effet 11 septembre n'est pas mort, et c'est tant mieux.
Bien sûr, si l'Amérique n'avait pas la puissance qu'elle a, si nous ne dépendions pas autant d'elle, si lorsqu'elle tousse, nous n'attrapions pas la grippe, l'élection d'un démocrate extrême à sa tête aurait moins d'importance. On ne regrettera que davantage la faiblesse de l'Europe et, en France, l'oubli, par nos hommes politiques, gaullistes inclus, de la nécessité d'assurer la grandeur de la France, son développement économique et culturel ainsi que l'indépendance de sa politique extérieure, comme de Gaulle nous l'a appris, en son temps. Et comme ses héritiers, qui ont mené et mènent encore une action semblable à celle qu'Obama va mener en Amérique, l'ont, hélas! oubliée.
Serge Weidmann
(1) Voir « L'Amérique et le monde après Bush » par Guy Millière, aux Éditions Cheminements
Et sur le site : http://www.turgot.org/
lire aussi du même auteur: "Amérique, bientôt le sut dans l'inconnu":
http://www.les4verites.com/Amerique-bientot-le-saut-dans-l-inconnu-2109.html
(2) « Voir sur le site: http://www.libres.org les articles de Jacques Garello: « Roosevelt II » et « Dictature de l'ignorance et impuissance de la prétention » parus respectivement dans la Nouvelle Lettre du 20 octobre et du 24 octobre 2008.
On lira également avec profit:
« Les coûteuses promesses d'Obama » sur le site:
« 100 économistes américains contre Obama » sur le site :
http://serumdeliberte.blogspot.com/2008/10/les-economistes-contre-obama_12.html




