28 octobre 2009
Les élites contre le peuple
Si nous voulons comprendre le monde d’aujourd’hui, il nous faut renoncer à le regarder avec les yeux d’autrefois, ceux de l’époque de la guerre froide.
Nous vivons actuellement dans un système mondialisé que je qualifierai de « capitalisme oligarchique ». L’oligarchie est composée des hommes d’État, des hauts fonctionnaires, des chefs de grandes entreprises (dont Anne Lauvergeon est un spécimen représentatif : voir mon article précédent sur ce blog), des journalistes des grands media, des artistes, des professeurs d’Université, des responsables des organismes professionnels et syndicaux, des notables et élus des partis politiques traditionnels (de l’UMP au PC chez nous), autour desquels gravitent des cohortes de prébendiers et de lobbyeurs de tous poils.
Les pouvoirs, légaux ou pas, légitimes ou pas, qu’ils se sont octroyés, bafouent constamment la démocratie et les peuples. Pour que la classe moyenne, qui finance leurs ébats, continue à abonder la cagnotte sans se révolter, les oligarques ont eu recours à plusieurs moyens de « zombification » du peuple :
- l’abrutir par le pain (l’État providence) et les jeux (promotion de la Fête sous toutes ses formes : voir Philippe Muray et ses critiques de l’ homo-festivus)
- le noyer dans l’immigration étrangère de masse qu’on n’a pas pris la peine d’assimiler (assimiler à quoi d’ailleurs, l’idéal de vie de cette classe dirigeante étant celui du nomade apatride en avion, de l’individu sans racine qui parcourt la planète pour participer à des colloques, donner des cours, faire des affaires et pour qui tout se vaut)
- l’avilir en le culpabilisant dans une repentance sans fin. La phrase d’Anne Lauvergeon contre le « mâle blanc » s’inscrit dans ce schéma ; c’est pourquoi ceux qui en ont marre de battre leur coulpe l’ont épinglée. Certains hommes blancs ne sont pas disposés à sangloter éternellement et à se fondre dans la grisaille de la « diversité. »
- lui interdire de poser les vrais problèmes : état omniprésent, immigration incontrôlée, déficit abyssal du budget de l’État, de la Sécurité sociale, des caisses de retraites par répartition, crise de l’école, chômage et appauvrissement des nouvelles générations. Pour ce faire, on le conditionne à lutter contre de fausses catastrophes : réchauffement climatique, grippe A…
En France, comme nos partis politiques traditionnels du centre mou au centre dur : UMP, Modem, Verts, PS, PC, participent à ce consensus, ils sont trop contents, pour se défendre contre leurs adversaires, de les diaboliser en les rejetant aux extrêmes de l’échiquier politique. Ils voient, non pas des nains partout, comme Blanche Neige, mais des fascistes partout.
Si les contestataires d’aujourd’hui paraissent virulents et extrémistes, c’est peut- être parce qu’ils sont aux antipodes du politiquement correct, qu’ils véhiculent des valeurs de civilisation que les marottes à la mode bafouent et qu’ils en ont ras-le-bol.
Extrémistes oui, comme l’ont été, autrefois, radicaux et socialistes, avant de se recentrer, d’abdiquer leurs idées généreuses pour une place à la table du grand banquet universel de la nouvelle « élite ». Bon appétit, Messieurs ! D’où la montée des votes protestataires (FN, Identitaires, NPA) ou des abstentions ou des votes rejets (Non à l’Europe).
Sans céder à la mode du retour aux explications de Karl Marx, force est de constater que, s’il y a une lutte des classes aujourd’hui ‘hui, elle est entre cette nomenklatura mondialisée et les peuples. Gare à la révolte de ces derniers.
SW
Cet article a été rédigé à partir d’un commentaire que j’ai fait dans Agora Vox, suite à d’autres commentateurs à mon article : « Anne Lauvergeon pète les plombs. »
22 octobre 2009
Anne Lauvergeon pète les plombs
Il ne m’est pas facile de prendre une retraite blogueuse. Devant l’insondable bêtise humaine, comment rester muet ? De quoi s’agit-il donc ? Anne Lauvergeon, la dame de fer d’AREVA, participait au Women’s Forum 2009 à Deauville. Pour ceux qui ne parlent pas l’anglo-américain, le « Women’s Forum » est une réunion de poules caqueteuses mondialisées qui se prennent pour les amazones du XXIème siècle, lequel n’est pas encore réellement spirituel, comme le prévoyait André Malraux.
Au cours d’une intervention, cette élégante Pédégée, évoquant le recrutement de nouveaux talents dans sa boîte, lâcha tout de go : « A compétences égales, et bien, désolé, on choisira la femme, ou l’on choisira la personne venant d’autre chose que le mâle blanc, pour être clair. »
Même si l’expression de cette panthère rose laisse à désirer, certes oui, le sens de sa phrase est clair ! Désolé, mais la belle Anne (c’est une formule) n’a pas une belle âme et son politiquement correct est plutôt agressif. C’est de la discrimination, du racisme anti (mâle) blanc. Que ses fricotages passés avec la gauche mitterrandienne aient altéré son bon sens, c’est certain. Qu’elle ait mal surmonté et même inversé sa crise œdipienne, sûrement. Cela se soigne, d’ailleurs.
Heureusement, quelques irréductibles Identitaires (1) ont décidé de ne pas laisser passer cette sortie et vont saisir la Halde. Nous allons bien voir si cette officine saura être impartiale. Après tout, son responsable n’est-il pas un mâle blanc tant décrié ? De plus, ces contestataires recommandent à tous les mâles blancs de bonne volonté de se manifester ou de protester auprès de l’entreprise de la dame. Tous sur areva.com. Le service presse de l’entreprise, assailli, a concocté une réponse qui est un aveu. Lisez donc cette réponse, que j’ai incluse ci-dessous (2), et jugez s’il ne s’agit pas d’une politique anti mecs dans le recrutement.
Cette affaire est finalement une bonne chose. Elle montre à quel niveau de décadence en est arrivé le Bas-Empire franco-français de nos élites dégénérées. Si, comme moi, vous en avez ras-le-bol de toutes ces lamentables pitreries, manifestez-vous, révoltez-vous, ne vous laissez plus faire. Faites en sorte qu’un vent de fronde se lève de la France d’en bas et qu’il souffle…fort.
SW
Article paru dans Agora Vox. Il a suscité de très nombreux commentaires. A voir au:
(2)
Des propos d’Anne Lauvergeon, Présidente du Directoire d’AREVA ont été partiellement repris et extraits de leur contexte par France 2 le 16 octobre dernier.
Mme Lauvergeon s’exprimait, dans le cadre du Women’s Forum de Deauville, au sujet de la politique d’AREVA en faveur de la mixité et de la diversité professionnelles.
Evoquant les recrutements du groupe, Anne Lauvergeon a déclaré : « Nous venons d’un monde qui était profondément masculin. Si nous voulons une vraie diversité – diversité homme/femme, diversité culturelle, diversité d’origines – à un moment donné il faut effectivement des actes positifs, pas des actes positifs gadgets, parce que je trouve cela humiliant. Il faut des compétences mais à compétences égales, on choisira autre chose que le mâle blanc. »
AREVA a recruté 15 500 personnes en 2008 et en recrute environ 10 000 en 2009. La conviction de l’entreprise est qu’elle doit refléter, par sa diversité, la société dans laquelle elle s’inscrit. Cette politique n’exclut aucune catégorie d’individus.
En 2006, le groupe a signé un accord en faveur de l’égalité des chances avec la Fédération Européenne de la Métallurgie. Cet accord valorise l’égalité professionnelle comme un droit et la mixité professionnelle en tant que facteur d’enrichissement collectif, de cohésion sociale et d’efficacité économique.
En France, alors que les jeunes femmes ne représentent en moyenne que 17% de la totalité des ingénieurs diplômés, leur taux de recrutement chez AREVA tourne autour de 35%. En outre, le groupe s’est fixé l’objectif de nommer au moins 20% de femmes au sein de ses Comités de Direction.
Cordialement,
Le service de presse AREVA
04 septembre 2009
Avec François de Closets, réformons l'orthographe
Cher Meussieu de Clozette,
J’é entendu dir que vou avé soufer quan vou étié enfan a cose de l’ortografe. La dicté été pour vou un vré chemin de croi. J’é conu sa ossi dan ma jenesse : sin fote zéro, san conté les copin qui se moke de vou a la récré.
Ossi votre idé de réformé l’ortografe me plé. Je sui dacor avec vou. Surtou que plu le ten passe é moin l’ortografe change é plu les jene fon des fote en écrivan. Bocou de gen fon troi a katre fote par ligne, on se demande pourkoi meussieu Sarkozi ne bouge pa. Ou é la ruptur ?
Il fo signé une pétission pour demandé la sinplificassion de l’ortografe. Mé il i a un poblem k’un nomme inteligen come vou sora mieu résoudre ke moi. Si on écri la pétission dan l’ortografe d’ojourdui, nul ne poura la lir é elle ne sera signé par persone ; é on ne pe pa l’écrir dan l’ortografe sinplifié vu ke sel-si n’eksiste pa encor et ke, si el eksistai, la lètre serai inutil.
Edé-moi a résoudre se problem. Je vou salu respectueusemen.
Jean Bonenmate
PS : Le nivo bessan partou, il fodrai fer la même chose avec le kalkul, l’istoir, la géografi et les siensse.
31 août 2009
Et si on parlait des jeunes immigrés?
C’ est bien connu: pour que personne n’ait la fièvre, il suffit de casser les thermomètres. Ainsi, en France, « les jeunes d’origine étrangère » (1) ne posent pas de problème puisque l’INSEE ne veut rien en savoir. L’étude a été faite, les chiffres existent mais ils restent dans les placards. « Cachez ces statistiques ethniques que je ne saurais voir » nous disent les nouveaux Tartuffe de l’antiracisme idéologique. Sauf qu’il existe encore quelques esprits libres à l’INSEE, qui n’ont pas peur de résister à la censure des belles âmes, et qui estiment que cacher la réalité sous le tapis ne permet ni de régler les problèmes, ni de mener une politique efficace d’insertion.
C’est ainsi que Bernard Aubry, ancien de l’INSEE, en collaboration avec Michèle Tribalat, a fait paraître le compte-rendu de ses travaux dans la revue Commentaire de cet été. Presque en catimini, donc ! Mais le site internet de Marianne 2 a levé le lièvre. Les chiffres clés sont maintenant à la disposition de tous. Les sept pages du document mériteraient d’être publiées sur la toile afin que tout un chacun puisse accéder aux informations recueillies par Bernard Aubry quand il travaillait à l’INSEE.
Il s’agit là d’une étude très fine. s’appuyant sur "la mise en relation des bulletins individuels collectés à l’intérieur d’une même famille" qui permet de repérer les populations d’origine étrangère. L’enquête inclut les personnes nées en France d’au moins un parent immigré (pour les enfants vivant encore chez leurs parents).
Trois éléments retiennent l’attention :
- La hausse de la proportion de jeunes d’origine étrangère est imputable à l’évolution francilienne, passant de 11,5% en 1968 à 18,1% en 2005. Sans l’Ile de France elle aurait stagné autour de 13%. Quelques chiffres en 2005 :
- 37 % en Ile-de-France
- 23 % en Alsace
- 21 % en Provence-Côte d’Azur
- 20 % en Rhône-Alpes.
Au niveau des départements, la plus forte proportion de jeunes d’origine étrangère se situe en Seine-Saint-Denis, avec 57 %.
- Hors région parisienne, la concentration des jeunes d’origine étrangère s’accentue dans un grand ouest qui commence aux franges de l’Ile de France. « Dans la plupart de ces départements, la présence de jeunes d’origine étrangère était extrêmement faible à la fin des années 1960 ». Il n’en est plus ainsi aujourd’hui. Par exemple, dans le Maine et Loire, on est passé de 1% en 1968 à 7% en 2005 et dans le Loir et Cher de 4% à 13%.
- « L’importance de l’immigration subsaharienne en France est de plus en plus importante. Dans certaines villes, les plus fortes concentrations sont atteintes grâce à l’apport spécifique subsaharien.
A Grigny, par exemple, on observe une multiplication par 3 des jeunes d’origine subsaharienne en 15 ans (31 % des jeunes Grignois sont aujourd'hui de cette origine).
A Clichy-sous-Bois, comme à Evry, environ 20 % des jeunes sont d’origine subsaharienne.
60 % de l’immigration subsaharienne vit en Ile-de-France. »
L’Institut Montaigne (2) qui planche sur ce thème, conclut :
« Les données recueillies par Michèle Tribalat démontrent, s’il en était encore besoin, que la France d’aujourd’hui est de plus en plus multiethnique et multiculturelle. Cette tendance de long terme rend urgente une réflexion sur ce qui constitue le ferment de la communauté française, au-delà des différences propres à chacun de ses membres, ethniques, géographiques ou autres. »
Encore faut-il que ceux dont c’est le métier d’étudier ces phénomènes ne passent pas leur temps à botter en touche afin que le diagnostic n’ait pas lieu.
SW
(1) C’est le titre de l’article de B Aubry et M Tribalat, paru dans la revue Commentaire d’été 2009. Voir : www.commentaire.fr
(2) Voir sur le site de l’Institut :
http://www.institutmontaigne.org/desideespourdemain/index.php/2009/07/06/329-immigration-des-statistiques-precises
24 juillet 2009
Une armée dangereuse...pour les Français
A force de provoquer des accidents dont les Français sont victimes, l’armée, une des dernières institutions de la République qui n’avait pas jusqu’ici démérité et n’était pas discréditée dans l’esprit de nos compatriotes, comme le sont la police et la justice, sans parler de l’Education nationale, est en train de perdre son aura à une vitesse grand V.
Chargée d’assurer, parmi ses missions régaliennes, la sécurité des Français, la voilà, à Carcassonne, blessant des civils avec des armes à feu, à Marseille, mettant le feu à des forêts et des maisons d’habitation. Bonjour le professionnalisme ! Cela est d’autant plus navrant que ces lourdes fautes sont le fait d’une armée devenue «de métier» dont on attendait mieux que la précédente, formée de civils déguisés en soldats et commandés par les vieux briscards des guerres d’indépendances perdues. Eh bien non. Nos anciens «sous-offs» de la coloniale et leurs bidasses avaient davantage de savoir-faire que les nouveaux venus que l’on croyait mieux formés, plus qualifiés et aguerris.
Comme nous aimerions voir déployer ces belles actions guerrières sur les théâtres d’opérations, en Afghanistan ou ailleurs, mais pas en France. S’il faut tirer sur des hommes et brûler des maisons, mieux vaut le faire en territoire ennemi. On y gagne en gloire et en succès, sans subir ni critiques, ni demandes de réparations. C’est égal, un certain général défunt, enterré à Colombey et auteur d’un ouvrage intitulé «Vers l’armée de métier» doit se retourner dans sa tombe. «De Gaulle, réveille-toi, ils sont devenus fous !»
SW
04 février 2009
La bombe Tom Cruise n'a pas explosé
Le petit Cruise n’a pas réussi à tuer Hitler, mais il a réussi à mettre les Allemands dans sa poche. En tournant le rôle de Claus von Stauffenberg, l’ officier de la Wehrmacht , chef de file du dernier complot contre le Führer dans le film « Walkyrie », il est peu à peu parvenu à clouer le bec de ses opposants d’outre-Rhin.
On sait la lutte acharnée menée par les autorités allemandes contre l’Eglise de scientologie et donc contre Tom Cruise, un des plus zélés propagandistes de la secte créée par Ron Hubbard. Aussi, quand le projet de film sur l’attentat du 20 juillet 1944 en est arrivé au stade du tournage, le landernau germanique s’est quelque peu agité. Le fils de Stauffenberg a fait savoir qu’il lui était « désagréable qu’un scientologue incarne (son) père ». Une partie de la classe politique a suivi. Une responsable de la CDU a voulu interdire le tournage du film en Allemagne. Un historien (sic) y a même comparé Cruise à Goebbels. Ambiance. Heureusement que, dans la confusion, personne n’a remarqué que la présidente de la société productrice du film s’appelait Wagner !
Et puis les esprits se sont calmés, les caméras se sont installées à Berlin où le film est sorti en avant première. Nos voisins sont, on le sait, plus pragmatiques et moins idéologues que nous. Il était en effet difficile de traiter par le mépris une équipe de cinéastes qui exaltait l’opposition allemande à une dictature totalitaire ayant mis le feu à l’Europe puis au monde. Hommage au courage, à l’esprit de sacrifice, à l’honneur, voilà les vertus qui habitent ces hommes -et ses femmes, car qui s’engageait dans une action contre Hitler risquait sa vie mais aussi celle de sa famille par représailles- et que « Walkyrie » magnifie.
Le film, mis en scène par Brian Singer, est l’autopsie d’un complot, certes, mais également un hommage à la résistance au nazisme et aux vertus telles la droiture et la bravoure, qualités chevaleresques de ses soldats qui sauvèrent l’honneur de leur patrie. Tom Cruise, l’américain honni pour ses engagements scientologues, incarnant un de leurs héros nationaux, voilà un joli conflit cognitif que les Allemands d’aujourd’hui ont su régler, par le haut.
SW
31 décembre 2008
Pas de crise sur les pistes
Dimanche dernier, j’ai quitté un monde où il n’était question que de malheurs économiques pour un autre dans lequel, apparemment, la crise n’existe pas.
Ma station touristique favorite, Megève en Haute-Savoie, est noire de monde. Je n’en ai jamais vu autant en cette semaine de fin d’année depuis cinq années que je viens là. Un voisin me dit que le village grouillait déjà avant les fêtes de Noël. Dès le lever du soleil, jeunes et vieux se ruent sur les pistes. A midi, je dois jouer des coudes dans les magasins pour arriver à la caisse. J’arrive à peine à photographier les célèbres calèches et leurs chevaux, tant il y a d’enfants, avec leurs parents, qui s’interposent entre l’objectif de mon Canon et l’image. Bien évidemment, les automobiles sont partout, et de grosses automobiles. Ma Megane berline a l’air d’une Smart, au milieu des 4 x 4 et autres mastodontes sur pneus. La crise ? Quelle crise ? Les cafés et restaurants sont pleins. Un manteau de fourrure haut de gamme se négocie aux environs de 4500 euros chez Allard et une paire de Timberland entre 250 et 300 euros. Les remontées mécaniques tournent à plein régime. Le taux de remplissage a dû battre des records ces dernières semaines (1).
Ou tous les millionnaires se sont donnés rendez-vous dans cette célèbre station ou tous ces gens sont de grands optimistes, ou les deux. En tout cas, l’atmosphère qui règne ici est euphorique, ce qui me plait assez. Car à force d’en rajouter dans la sinistrose, médias et politiciens sont en train de créer une ambiance délétère qui paralyse tout le monde. Certes, la conjoncture n’est pas flambante. Est-ce en remettant sans arrêt une couche de pessimisme que nous en sortirons ? A situation égale, celui qui voit la vie en rose est avantagé sur celui qui broie du noir. C’est sans doute la raison pour laquelle bon nombre de nos compatriotes – et aussi de nos voisins- ont décidé de faire comme si la crise n’existait pas. Façon sympathique de conjurer le mauvais sort.
Car la reprise ne dépendra ni des plans de relance que nous concoctent nos hommes d’état, ni des « y’a qu’a, faut qu’on » de l’opposition politique. La reprise viendra de l’action économique des membres de la société civile qui ne s’en laissent pas compter, qui croient en eux-mêmes. Je vous souhaite de faire partie du nombre en 2009. Haut les cœurs !
SW
(1) Selon le responsable d'une agence mégevane, le "taux de remplissage", pendant les fêtes de cette fin d'année, était de 96% ( c'est à dire qu'il a loué 96% de ses logements et chalets à louer). C'est la seconde fois en 30 ans qu'il connaît pareil succès. Il faut savoir qu' un taux de 80% est considéré comme celui d'une période faste.
03 décembre 2008
Règlements de comptes à OK Combrailles
Je ne suis pas un fanatique de l’agriculture biologique. Je n’apprécie pas particulièrement la Confédération paysanne ni son chef, José Bové, grande gueule, semeur de désordre, casseur de MacDo, qui bénéficie, on ne sait pourquoi, de la bienveillance imméritée des juges d’application des peines.
Ces précautions oratoires étant prises, je peux exprimer ici toute mon indignation face au calvaire subi par Jean-Hugues Bourgeois, éleveur à Teilhet au pays des Combrailles dans le Puy-de-Dôme : harcèlement, menaces de viol à l’encontre de sa fille de huit ans, menaces de mort, destruction de son outil de travail : abattage d’animaux, incendie d’un local.
Ayant passé un contrat de location de cinquante hectares de terres en bonne et due forme avec un agriculteur retraité de la commune, il avait légitimement le droit de s’installer à Teilhet et de mener l’activité qu’il avait choisie de mener en toute liberté. C’était oublier ceux qui visaient, pour eux ou leur famille, cet espace agricole. Mais l’enfer que Jean-Hugues Bourgeois et les siens ont vécu pendant des mois et des mois de la part d’ennemis invisibles et jouissant de la plus grande impunité ne peut être admis par aucun droit. Ces gangsters campagnards ont agi salement et lâchement. Ils méritent d’être appréhendés, jugés et lourdement condamnés pour leurs menaces et leurs forfaits.
Dans cette lamentable affaire, on peut s’étonner du peu d’empressement des autorités à faire leur devoir. Le maire de la commune n’a pas fait montre d’une grande détermination à condamner les exactions commises. Les coupables étant, selon toute vraisemblance, des habitants de sa commune, peut être des électeurs, il s’évertua à rester hors du coup et à ménager –c’est le cas de le dire- la chèvre et le chou. Quant aux forces de l’ordre et à la justice, on ne peut pas dire qu’elles aient fait diligence pour rechercher les coupables et les faire prisonniers.
Ah, si ce jeune agriculteur bio était un ami du président de la République, ça aurait bardé pour le matricule des voyous villageois et le préfet du Puy-de-Dôme aurait été remercié sur l’heure. S’il avait été pigiste à Libération, les belles consciences droitdelhommistes auraient manifesté leur solidarité illico à la radio, à la TV et les ministres responsables se seraient vus dûment interpellés par les députés de gauche à la Chambre. Las, il ne s’agit que d’un « pov’ paysan ». Même son mentor José Bové n’a pas bougé le petit doigt pour lui. « Selon que vous serez puissant ou misérable… ».
Mais les défenseurs du plus minimaliste état de droit attendent avec impatience, même si Bourgeois a jeté l’éponge et quitté la région, que la gendarmerie s’active un peu et face son devoir rapidement. Et les Auvergnats de bonne volonté de regretter l’image très négative de leur région, qui n’avait pas besoin de ça, que ce fait divers a offert à la France entière.
SW
27 novembre 2008
Le menton de Ségolène, la furia occitane et toujours le réchauffement
Le jour des blogs (Blogday) est passé. Cela ne m’empêchera pas de rendre hommage à quelques collègues qui, comme moi, pourfendent le politiquement correct sur la toile. On n’est jamais aussi seul qu’on le croit et c’est bien réconfortant.
Le premier site est libéral. Il s’intitule « Sérum de liberté ». Son auteur Amaury est, en outre, pro-américain et très au courant des mœurs politiques d’outre-atlantique. Les Moore, Clinton et Obama en prennent pour leur grade. Dans les nouvelles françaises, un article fouillé sur une initiative de la madone du Poitou, notre Marie-Ségolène victimaire. Aucun journal, aucune radio ou télévision, personne, n’a parlé de la chose. La belle enfant, en 2005 et en prévision des élections présidentielles, aurait subi une sérieuse opération esthétique : redressement des dents, avancée du menton et ce, afin d’avoir un air plus volontaire. Ainsi cette socialiste un peu tristounette apparut comme rajeunie et, au plan personnel, plus épanouie car, évidemment, une telle transformation a un effet bénéfique sur la personnalité. Seule chose que la dame a, hélas, gardé: son sale caractère. Mais c’est égal, tout ça pour ça, comme disait Shakespeare, pour se faire coiffer au poteau de la présidentielle par Sarkozy et à celui du secrétariat du PS par Aubry la bouffie qui, elle, n’a pas de ces soucis esthétiques. Avouez que c’est rageant.
http://serumdeliberte.blogspot.com/2008/02/la-royale-canine.html
Le second site s’intitule, par antiphrase sans doute, « Pensée unique ». En fait, il combat cette dernière. « En matière de sciences, le scepticisme est un devoir » nous dit l’auteur Jean Martin, qui est lui-même un homme du sérail puisque ancien du CNRS en retraite et surtout un esprit indépendant refusant tout panurgisme.
Belle formule de Diderot que beaucoup de nos concitoyens, scientifiques compris, feraient bien d’adopter comme ligne de conduite intellectuelle. Ils seraient moins les victimes de propagandistes divers, leaders auto proclamés, qui recherchent notoriété et pouvoir, sans se soucier beaucoup de déontologie et du respect dû à tout être humain.
Seul point noir, le site n’a pas un design accrocheur, malheureusement. Les premiers paragraphes des articles apparaissent en page d’accueil, accolés les uns aux autres, sans souci de présentation agréable à l’œil. Les fonds colorés sont criards et la police des caractères n’est pas la plus adéquate.
Mais ce qui compte, ce n’est pas tant la forme que le fond. Et là, par contre, la lecture vaut de l’or. La soi-disant unanimité des scientifiques vole en éclat et on y apprend avec plaisir que le GIEC n’est pas la seule institution à traiter du réchauffement climatique. D’autres organismes scientifiques privés font de l’excellent travail. Lisez, entre autres, le rapport de l’équipe du professeur Singer du NIPCC. Mieux, téléchargez-le, il est en format PDF.
http://www.pensee-unique.fr/index.html
Le troisième, « Voix francophones » s’est engagé à défendre la francophonie et aussi à pourfendre le lobby des langues régionales qui, on le sait, bataille ferme pour faire financer, par le contribuable français, des cours de ses dialectes locaux aux jeunes des écoles. Noble tâche que je revendique également. Quelques textes d’écrivains d’hier et d’aujourd’hui, opposés à cette nouvelle idéologie, méritent d’être lus pour leur pertinence. En point d’orgue, la relation d’un reportage télévisé, paru à France 3 Aquitaine, dans l’émission « Punt de Vista » (qui n’est, malheureusement, plus en ligne actuellement dans le site de cette chaîne. Mais si vous cliquez sur le lien, vous en aurez d’autres, tous aussi édifiants) où l’un des auteurs du site nous décrit comment, en Occitanie, là où ils sont majoritaires, les promoteurs de la langue d’Oc, élus inclus, n’hésitent pas à employer les moyens les plus autoritaires pour faire avancer leur cause, notamment auprès des enfants, le monopole de l’Education se prêtant bien aux actions militantes.
http://voixfrancophones.blogspot.com/
SW
15 novembre 2008
Fin de semaine féministe
Hasard de la vie ? Mon emploi du temps de ces trois derniers jours m’amena à rencontrer, ou retrouver, quelques femmes d’Auvergne remarquables.
Jeudi soir, dans l’amphithéâtre bondé du CRDP de Clermont-Ferrand, à l’invitation de l’Alliance française, Marie-Elisabeth Baudoin, jeune chercheuse et enseignante à l’Université d’Auvergne, remplaçant quasiment au pied levé son mentor excusé, brossa un tableau très complet et instructif de la Russie actuelle. L’éternel empire des tsars, sorti du communisme, oscille entre démocratie et régime autoritaire. L’avenir de la patrie du grand Soljenitsyne est incertain, cet immense état, qui se conçoit comme multinational, apparaissant à la fois comme ambivalent et imprévisible. Beaucoup de choses dépendront du nouveau président élu, Dimitri Medvedev, comme de la Cour constitutionnelle, cette nouvelle institution très pugnace dans la protection des droits des citoyens russes.
Vendredi soir -changement de décor- soirée bon enfant et amicale au Centre social de Romagnat, pour le départ en retraite de la secrétaire générale. Ce centre, que la précédente municipalité installa dans des locaux neufs, est un lieu de vie exceptionnel qui accueille, outre les enfants et leurs familles, les anciens de la commune et un grand nombre d’ateliers dont un de reliure, auquel je participe. Le rayonnement de cette institution, les bonnes relations qu’entretiennent entre eux personnels et adhérents doivent beaucoup à la personnalité de la directrice Joëlle Guérin. Compétence, sérieux, esprit d’équipe, souci de l’organisation, désir constant que chacun s’y sente bien et participe à la vie du centre, telles sont les qualités de cette femme affable, consciencieuse et toujours à l’écoute.
Pendant le pot qui conclut la cérémonie, je bavarde avec deux assistantes sociales à la carrière déjà bien remplie, ayant eu diverses expériences professionnelles, notamment au Conseil général du Puy-de-Dôme. A les entendre, je ne recommanderai pas cette collectivité à leurs futures collègues. Hiérarchisation outrancière favorisant l’esprit « petit chef », management autoritaire y créent un climat pénible, ne favorisant pas l’épanouissement et c’est une litote.
Enfin, aujourd’hui samedi, je retrouve Anne Courtillé (photo) qui dédicaçait son dernier livre à la Librairie des Volcans à Clermont-Ferrand (1). Nous évoquons l’inépuisable, pénible et rocambolesque feuilleton des finances de la ville ainsi que les dernières explications embrouillées de notre premier magistrat. Puis Anne me confie, en riant, qu’en faisant des recherches documentaires pour son dernier roman, elle constata que les maires d’autrefois de la capitale auvergnate n’étaient guère plus avisés que l’actuel. Décisions contestables, erreurs, laisser aller seraient des pratiques récurrentes chez nos élus locaux. Notre noble cité arverne traîne –t-elle un si lourd karma que ses habitants soient condamnés à subir, génération après génération, la mauvaise politique de ses édiles ?
SW
(1) « La Chambre aux pipistrelles » aux éditions Presses de la Cité.





