06 mai 2007
Requiem pour une gauche défunte
L'élection triomphale de Nicolas Sarkozy signe la fin d'une époque ( j'allais écrire: de la récréation): celle ouverte par la génération de mai 68, pour laquelle il était "interdit d'interdire", qui voulait "jouir sans entraves" et qui s'est acoquinée, pour ce faire, le moment venu, trotskistes inclus, avec François Mitterrand et son union de la gauche.
Le bilan de cette révolution dite culturelle est, quarante ans après, accablant: chômage important –surtout celui de la génération suivante- destructuration de la famille, démolition de l'école républicaine, vacuité des liens sociaux, apologie du multiculturalisme, idéologie de la fête comme fin en soi, montée de la violence, encouragée par un laxisme revendiqué comme le fin du fin du modernisme et la culture de l'excuse qui allait avec.
Si on peut tromper tout le monde un certain temps, on ne peut tromper tout le monde tout le temps. Aussi faudra-t-il, dans l'avenir, fêter ce dimanche six mai 2007, comme le retour du bon sens en France, la sortie d' un monde virtuel qui ressemblait de plus en plus à un cauchemar et le retour aux réalités.
Et d'abord à celle du travail et de la nécessité du développement économique pour en sortir. Assez de la France à deux vitesses. Donnons aux entreprises les libertés nécessaires pour qu'elles créent des emplois destinés à ceux qui en cherchent, jusqu'ici en vain, et à ceux qui se complaisent par trop dans une vie d'assistés. Et restaurons nos valeurs que ces étudiants attardés du Boul'Mich ont foulées aux pieds: le respect de la propriété, la place centrale de la famille dans la société, l'attachement à notre bien commun: la nation.
Serge Weidmann
04 mai 2007
Cinq raisons de voter pour Nicolas Sarkozy
Le cri de colère que le peuple français a exprimé en rejetant le projet de constitution européenne, Nicolas sarkozy l'a entendu, en a fait un défi et l'a transformé en élan.
Avec lui, le sentiment que la France peut désormais sortir du marasme, dans lequel elle est embourbée depuis les années 80, devient une possibilité à notre portée. Voilà pourquoi je voterai pour lui dimanche prochain, pour celui qui remet enfin les pendules à l'heure, marche sur les pieds et non sur la tête, balaie les idées fausses et nous exhorte à l'action.
Nicolas sarkozy a réhabilité –il était temps- la valeur travail. Celui-ci, contrairement à l'idée reçue à gauche, ne se partage pas. Il se crée, se multiplie, à condition de ne pas entraver, par des lois et des impôts, les entrepreneurs dans leur marche vers le développement.
Il redonne ainsi du sens au mérite qui revient à celui qui fait des efforts. C'est une alternative, bienvenue, à la société d'assistance.
Dans le domaine de la sécurité, il rompt enfin avec la victimisation des délinquants, ultime avatar -mais qui nous a coûté cher- de la déliquescence des mœurs post-soixante-huitardes. C'est la victime présente ou future qu'il faut protéger, aider et non le sauvage qui l'agresse.
Concernant la fiscalité, il s'oppose à l'opinion qui fait d'elle un moyen de redistribution. Non, la fiscalité ne doit pas devenir spoliation; avec Nicolas Sarkozy, elle respectera les fruits du travail et ne sera plus confiscatoire.
Enfin je vois, dans sa volonté affirmée un espoir: en finir avec la frustation de l'électorat de la droite et du centre devant les promesses électorales non tenues, les réformes abandonnées sous la pression de la violence de la rue, les repentances à n'en plus finir.
De plus, il faut dire aussi qu'en face, la gauche reste dangereuse pour l'avenir de la France. Malgré de louables tentatives en début de campagne, Ségolène Royal ne s'est pas libérée du noyau dur idéologique et programmatique du PS de l'ère Jospin de sinistre (c'est le mot) mémoire. Que les électeurs du centre se souviennent, qu'entre 1997 et 2002, ils étaient dans l'opposition à la gauche et qu' actuellement, aucun élément politique nouveau ne leur permet de changer d'avis.
C'est donc bien avec Nicolas Sarkozy qu'il sera possible de guérir notre France malade des politiques du chien crevé au fil de l'eau. La rupture, elle est là.
Serge Weidmann
Pour aller plus loin, lire les deux articles suivants:
"Les premières mesures concrètes voulues par Nicolas Sarkozy"
http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2007/05/04/4835958.html
"Interview de Nicolas Sarkozy au Jérusalem Post"
http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2007/05/04/4836028.html
03 mai 2007
Le grand débat: Ségolène débite
Mercredi 2 mai , à 23 heures 30, le débat entre les deux candidats aux présidentielles s’achève et je veux, à chaud, donner mes impressions.
Je connais bien maintenant Nicolas Sarkozy, son style et ses idées et je l’ai retrouvé égal à lui-même sur le plateau, rationnel, allant à l’essentiel. Je connaissais par contre assez mal Ségolène Royal et, selon moi, elle ne gagne pas à l’être.
J’ai subi avec une certaine impatience, pendant deux heures et demie d’horloge, les récitations programmatiques d’une maîtresse d’école tantôt rigide, tantôt compassionnelle, parfois pénible, souvent hautaine avec son adversaire et toujours envahissante. Elle saute souvent d’une idée à l’autre sans prévenir, dilue ses interventions dans le verbalisme mais s’y entend, de temps en temps, pour lancer en l’air de grands mots avec de grands gestes du bras. Par contre, je trouve son numéro de Sainte-Marie des petites sœurs des pauvres très au point.
Quant à son projet, ce n’est qu’un catalogue de produits socialistes démodés : 35 heures, emplois jeunes rebaptisés, dirigisme étatique tous azimuths, usant alternativement de la carotte et du bâton, et bien sûr, impôts à la clé pour financer tout cela. Ce n’était pas la peine de battre Jospin en 2002, pour retrouver ses idées cinq ans plus tard.
« Je propose de relancer la croissance » assène-t-elle à tout bout de champ. Pauvre croissance! A force d’être lancée et relancée, elle risque de disparaître à tout jamais de notre horizon.
Serge Weidmann
02 mai 2007
Le chant de Ségolène, le soir, au-dessus du centre
Quel dommage que je n'aie pas voté pour François Bayrou dimanche dernier. Je savourerais, aujourd'hui, le doux plaisir d'être courtisé par les deux candidats du second tour. Cette euphorie, qui envahit actuellement nos centristes, ce frisson qui pousse certains à franchir le mur, à quitter leur maison à droite pour tenter l'aventure et répondre aux avances de la fille du voisin de gauche, c'est, en vérité, un piège dans lequel il ne faut pas qu'ils tombent.
Mais quels arguments leur faire passer pour les réveiller? J'en étais là de mes réflexions quand la réponse me fut donnée par Denis Tillinac, qui, en quelques mots clairs, a su dire l'essentiel de ce qu'il fallait dire, dans son dernier éditorial de Valeurs actuelles du 27 avril:
"…Les électeurs de Bayrou doivent savoir que derrière (le) sourire (de Ségolène Royal), il y a la vieille, l’incorrigible gauche française, avec sa haine de quiconque refuse les diktats de son conformisme. Le PS n’a pas changé. Ni ses alliés. À leur aune, nous sommes tous présumés “réacs” ou “fachos” et passibles de l’enfer. C’est une religiosité barbare: empire du Bien contre empire du Mal. Ce manichéisme sommaire va travestir Sarko en un monstre répressif, ami des nantis, ennemi de la liberté, de la créativité, de la générosité.
Les électeurs de Bayrou doivent savoir que si Ségolène est élue, la future majorité sera de gauche, avec un aiguillon trotskiste et écolo, et les centristes seront les cocus de Molière…
Bayrou se renierait – et se suiciderait – en les laissant dériver vers la postérité de Robespierre. Il faut le laisser contribuer, avec son talent et son opiniâtreté, au renouveau de notre vie publique, mais cette nécessité exige au préalable l’élection de Sarkozy. Sinon, marasme et déprime seront notre lot, Bayrou prêchera dans le désert et la France fera rire de commisération, en Suisse et ailleurs."
Pour terminer, voici l'adresse de quelques sites qui traitent du même sujet à leur façon:
http://lescentristesavecsarkozy.hautetfort.com:80/
http://www.ledebatudfump.com/
http://www.agoravox.fr:80/article.php3?id_article=23272
( Article paru dans Agora Vox: "Sarkozy- Bayrou, au delà de la rivalité personnelle...")
Serge Weidmann
27 avril 2007
Etat des lieux avant le second tour des présidentielles
Peut-on prédire le résultat des élections présidentielles à partir de la distribution des intentions de vote, le long d'un axe politique gauche droite? C'est la question que se sont posés Bertrand Lemennicier et Honorine Lescieux de l'Université de Paris 2 et à partir de laquelle ils ont réalisé une étude intéressante à découvrir sur le site de Bertrand Lemennicier et téléchargeable en format PDF.
Voir: http://lemennicier.bwm-mediasoft.com/viewEvent.php?eventId=37
On y découvre un travail très riche sur les élections passées et à venir (le résultat du premier tour de dimanche dernier n'était pas connu au moment de l'étude), à partir duquel on peut faire quelques prolongements en direction du second tour du 6 mai, ce que j'ai fait.
Il faut prendre en compte les résultats du 22 avril, les répartir sur un axe gauche droite, regarder la forme prise par une courbe imaginaire qui relierait le résultat de chaque ensemble de l'extrème gauche à l'extrème droite et voir où se situe ce qu'on appelle l'électeur médian, celui qui est placé au centre de la distribution des 100% de suffrages exprimés et qu'il faudra séduire pour gagner. La courbe de distribution des votes ci-dessous fait apparaître ces éléments. ( J'ai comptabilisé à droite, et non à l'extrème droite, les votes CPNT avec ceux de Nicolas Sarkozy).
Première constatation, la courbe est bimodale, le premier mode est à gauche, le second à droite. La place de l'électeur médian est située parmi les électeurs du centre. Les deux candidats restant en lice: Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy devront infléchir leur programme pour, au second tour, séduire cet électeur afin de grimper jusqu'à 50% des votes plus un mais sans en perdre à leur extrème. Ségolène Royal, qui est à 13,56 points en % de l'électeur médian, doit séduire davantage de centristes que son rival Nicolas Sarkozy qui n'en est qu'à 5 points. Si, pour ce faire, elle édulcore trop son programme socialiste, les électeurs d'extrême gauche risquent de se réfugier dans l'abstention et elle perd le bénéfice de ses efforts. Nicolas Sarkozy prend l'avantage par son score du premier tour, supérieur à celui de Ségolène Royal et sa plus grande proximité qu'elle de l'électeur médian.
François Bayrou, le petit malin, voit là une opportunité de peser lourdement sur le scrutin et sur l'avenir. Peut être en fait-il un peu trop, compte tenu de la situation, mais ceci est une autre histoire.
Serge Weidmann
26 avril 2007
L'élection présidentielle vue de quelques sites internet
Vent d'Auvergne vous offre quelques articles extraits d'autres sites internet, à propos de l'élection présidentielle.
1. L'Institut de l'Europe libre diffuse un message de sa direction politique:
"Nous appelons tous les amis de la liberté à soutenir Nicolas Sarkozy. Pour la plupart d'entre nous, ce fut le cas dès le premier tour. Pour les autres, il leur revient à présent de prendre la mesure du choix clair qui s'impose.
Battre Ségolène royal, candidate de la REACTION.
Battre Ségolène Royal, c'est en finir avec une gauche républicaine qui persiste dans ses projets archaïques et ses alliances inadmissibles.
Il est inadmissible d'avoir pour alliés des altermondialistes, des communistes, des trotskystes, tout en se fardant de vertu et en prétendant mettre en difficulté une droite républicaine pouir des alliances avec l'extrême-droite qu'elle n'a JAMAIS passées…"
2. Nicolas De Pape, dans un article publié sur le site Atlantis Institute, se pose la question:"Qui a peur de Nicolas Sarkozy?"
"Rarement un candidat à la Présidentielle française aura suscité autant de peur voire de haine. Comparé tour
à tour à Le Pen puis au régime de Vichy (“Sarkozy parle désormais comme Maurras”, Edwy Plenel; “Sarkozy a des accents vichystes”, Jean-Jacques Jespers), taxé de “néo-conservateur américain au passeport français” (argument de campagne du Parti socialiste), de “danger public” (Michel Rocard), d’“ultra-libéral” et, plus récemment, d'“eugéniste” suite à ses déclarations sur le caractère inné de la pédophilie, Nicolas Sarkozy fait l’objet d’une diabolisation dont l’outrance se partage au ridicule. Car comment cet homme pourrait-il incarner tous ces courants à la fois? Parmi le Club des Diaboliques, ni Bush Junior, ni Benoît XVI, ni Berlusconi, ni Blair, ni Aznar n’ont subi à ce point les amalgames.
Le monde intellectuel et artistique l’abhorre littéralement, à quelques exceptions près. Dans le monde politique, la Chiraquie et une partie insoupçonnable de l’UMP souhaitent sa perte; à gauche, à l’exception de Bernard Tapie et Claude Allègre (qui se tâte), Sarkozy est le diable incarné. Mis à part TF1, Le Figaro et Le Point, la presse française dans son ensemble lui est défavorable. Marianne, Libération, Le Canard Enchaîné (et Le Soir de Bruxelles) ont choisi leur camp…"
3. Enfin Bruno Lussato, professeur au CNAM, auteur d'essais importants en micro-informatique et dans le domaine culturel, se demande si, par hasard, certains aspects de la chimie ne pourraient pas expliquer la politique.
"J'ai toujours été fasciné par les corps amphotères. Ce sont des molécules qui en présence d'un acide (yang) se comportent comme une base (Yin) et en présence d'une base, comme une acide. Ce sont des sortes de transexuels : femmes avec des mâles hypervirils, hommes avec des femmes maternelles. Généralement ils sont fabriqués comme de véritables oxymores chimiques, comportant le H de l'acide, le OH de la base. L'élément qui admet H, et OH, faut-il le souligner n'est ni tout à fait un métalloïde ni tout à fait un métal. Il est même des métaux virtuels comme l'ammonium, qui doté d'un OH donne une base forte : l'ammoniaque, mais qui loin d'être, comme on pourrait le penser, un métal alcalin comme le sodium ou le potassium, est un radical (NH4) composé d'azote et d'hydrogène. Le même azote, N, peut donner un acide fort, l'acide nitrique. C'est l'eau forte des graveurs sur cuivre. Voici donc ce "nitrogène" N, capable de générer de l'eau forte NO3H, ou de l'alcali volatil NH3OH.
Enfant je me destinais à la carrière de chimiste, et d'ailleurs par des études en chimie minérale et des colorants, que je commençai mes études d'ingénieur chimiste au Conservatoire des Arts et Métiers, pour ensuite bifurquer vers des sciences humaines, comme la psychologie industrielle ou l'organisation du travail. Mais ce que j'ai appris de ma première passion pour la chimie, a durablement structuré mon esprit et m'inspire toujours une grille de décodage de la vie. Et voici notre Bayrou national transformé en azote, générant tantôt de l'acide droitier au contact de la gauche sectaire, tantôt de la base compassionnelle en présence du libéralisme…"
Lire la suite:
Photos de haut en bas: Nicolas Sarkozy, Nicolas De Pape, Bruno Lussato.
24 avril 2007
Présidentielles: Un premier tour très classique
Les résultats du premier tour des présidentielles sont sans équivoque: les deux grands partis de gouvernement ont retrouvé la confiance des Français; les tentations de votes extrèmes ou d'abstention massive n'ont pas eu lieu.
Le Pen a mené la campagne de trop, Besancenot fait le score que tout extrémiste doit faire dans une démocratie moderne et Bové est dans les choux –souhaitons, pour lui, que ceux-ci soient sans OGM.
Les craintes que j'avais exprimées par deux fois, ici-même, n'étaient donc pas fondées. J'annulerai le projet de ballade prévu au lac du Guéry, le six mai prochain. Les commentateurs officiels regrettaient une campagne, selon eux, décevante, au cours de laquelle les vrais problèmes n'étaient pas abordés. D'évidence, les électeurs ne partagent pas leur avis.
Ségolène Royal bénéficie de l'effet: "2002, plus jamais ça à gauche!". Nicolas Sarkozy récolte les fruits d'une campagne menée et assumée, enfin, à droite. Ce qui est nouveau dans cette famille politique, que les idées de gauche ont jusqu'ici tétanisée au point qu'elle en avait peur d'être elle-même. D'où le recul, bienvenu, du Front national.
Pour le second tour, les deux candidats restant en course, devront conquérir les électeurs centristes de François Bayrou. La stratégie à gauche s'est très vite manifestée dans les débats du dimanche soir à la télévision, dans deux domaines:
Un rapprochement PS-UDF, prôné par Daniel Cohn Bendit, comme cela se fait, paraît-il, au Parlement européen, lieu de tous les compromis quand ce n'est pas de toutes les magouilles. Il est vrai que les alliés classiques du PS: communistes et verts étant réduits à l'état de fantômes politiques, comment gagner sans en rechercher de nouveaux? Un changement d'alliances est-il possible en quinze jours? Combien d'eau sociale-démocrate les socialistes français devront-ils mettre dans leur vin marxiste? Quel dilemme!
Une diabolisation de Nicolas Sarkozy, qu'il faut rejeter le plus à droite possible. Le sieur Montebourg s'est fait le héros de cette démonologie avec la grâce et la finesse qui caractérisent le personnage. Tous contre "facho-Sarko" donc! Attendons-nous à voir fleurir les croix gammées sur les affiches du candidat Sarkozy et une petite moustache "adolphienne" ombrer son nez. En leur temps,de Gaulle et Chirac ont connu de tels traitements. Si ces méthodes nous en apprennent beaucoup sur la mentalité de notre gauche hexagonale, elles sont heureusement sans grande influence sur les votes.
Serge Weidmann
15 avril 2007
Présidentielles: Fin de campagne hystérique
Rarement la dernière ligne droite d'une campagne présidentielle a été aussi agitée. Pour un oui, pour un non, c'est la crise d'hystérie collective dans les partis et les QG de campagne. Pour un peu, l'eau prendrait feu.
Un jour, c'est Nicolas Sarkozy qui dialogue avec Michel Onfray et suggère que, peut-être, certains de nos gènes ne seraient pas aussi sympathiques que nous le croyons. Tollé tous azimuths, jusqu'à chez de Villiers!
Le lendemain, c'est Michel Rocard qui nous dit qu'après tout il n'y a pas trop de différences entre le parti socialiste actuel et le centrisme (1) et qu'un bout de chemin politique est possible "la mano en la mano" entre les deux. Horreur! Trahison!
Pour couronner le tout, voilà l'ami Brice qui parle d'instiller aux législatives une dose homéopathique de proportionnelle. Et Le Pen de bondir, comme piqué par un frelon, soupçonneux qu'il est qu'on veuille, par cette annonce, lui piquer des voix. Et les derniers dinosaures du gaullisme de hurler au tripatouillage de la Constitution, comme si cette dernière ne l'avait pas déjà été maintes et maintes fois et par des gens qui se prétendaient gaullistes, en plus.
Un peu de calme, Messieurs-Dames! Est-ce que je m'énerve moi? Et pourtant il y aurait de quoi. Car pendant que la classe politicienne, suivie de ses haut-parleurs du microcosme, joue à "comediante, tragediante", elle en oublie les vrais enjeux: notre grave situation économique, le déclin de nos valeurs, l'immigration incontrôlée, le terrorisme qui peut nous frapper demain matin… Que les quelques jours qui nous restent avant le premier tour soient consacrés aux vrais problèmes auxquels les Français sont confrontés, est-ce trop demander?
Serge Weidmann
(1) Point de vue que je ne partage pas
11 avril 2007
Une mauvaise querelle faite à Nicolas Sarkozy
La querelle faite à Nicolas Sarkozy, à propos de son opinion sur la prédestination, dans son entretien avec Michel Onfray, relève du surréalisme. Son seul avantage est de rajeunir un peu les vieux barbons comme moi.
Dans les années 60-70, la bataille "inné contre acquis" faisait rage. A ma gauche, pour défendre l'acquis: le PC. C'était de sa part une posture idéologique pour attaquer la société bourgeoise et non une prise de position scientifique. A ma droite, le professeur Debray-Ritzen, défenseur de l'inné, qui se régalait à en rajouter des tonnes face aux cocos, à seule fin de se construire une notoriété à bon compte.
Moi qui étais à l'époque conseiller d'orientation, je riais dans ma barbe, alors brune, devant ce conflit artificiel et plein d'arrière-pensées de la part des belligérants. Car la cause était entendue depuis longtemps chez les psychologues de l'enfant. J'entends encore René Zazzo, qui fut mon professeur à l'Institut national d'orientation professionnelle, déclarer que le destin d'un être humain était dû à 100% d'inné et 100% d'acquis. Manière de dire que l'un et l'autre s'influencent mutuellement et en permanence, notre existence étant une construction de tous les instants entre nous-mêmes et la société.
Resurgi d'un seul coup en 2007, en pleine campagne pour les élections présidentielles, ce sujet, qui fâche apparemment toujours, est une bonne occasion pour les candidats qui veulent piquer des voix à Sarko, à droite comme à gauche, de taper sur un rival qui, circonstance aggravante, caracole en tête dans les sondages. S'il faut sortir de cette pantalonnade, autant en sortir par le haut et c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui clôt le débat quand il affirme:"…l’être humain peut être dangereux. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons tant besoin de la culture, de la civilisation. Il n’y a pas d’un côté des individus dangereux et de l’autre des innocents. Non, chaque homme est en lui-même porteur de beaucoup d’innocence et de dangers."
Tout homme honnête avec lui-même sait bien qu'il a en lui la potentialité de faire le bien ou le mal et que si on s'est échiné, dans le passé, à bâtir des civilisations, c'est bien pour que chacun, dans sa vie, choisisse le premier et rejette le second.
Serge Weidmann
31 mars 2007
Le socialisme pétrifié
Chassez le naturel, il revient au galop. Ségolène Royal a beau faire chanter la Marseillaise à ses troupes et brandir le drapeau tricolore, les socialistes fredonnent toujours l'Internationale en sourdine et, des trois couleurs, ils ne gardent que le rouge.
Témoin les réactions verbales du PS devant les émeutes de la gare du Nord, prenant la défense de jeunes bandits sans foi ni loi, casseurs et racistes anti-blancs (certains de leurs propos rapportés en font foi).
Témoin aussi le tract, déposé il y a quelques jours dans ma boîte aux lettres, où figure un condensé des propositions de Madame Royal. La "petite musique plus mélodique" de la candidate, comme l'écrivait récemment Jean-François Kahn dans Marianne, y est quasi inaudible. Ce sont les barrissements des indécrottables éléphants qui viennent percer nos tympans. Il ne s'agit, dans ce papier, que de vieux brouets cuits et recuits au feu étatiste et marxiste, arrosés d'une sauce trotskyste jospinienne (recalée par les consommateurs en 2002) auxquels on a ajouté quelques épices écolos. Florilège:
augmenter les salaires et le SMIC
rétablir les postes d'enseignants supprimés
créer 500 000 emplois tremplins dans les Régions (la belle Ségolène compte sans doute diriger les Régions depuis l'Elysée)
construction de logements sociaux
octroi d'un prêt gratuit de 10 000 euros à un jeune qui veut créer une activité (casseur à la gare du Nord relève-t-il d'une activité?), j'en passe et des pires.
Madame Royal, on le voit promet beaucoup et donc, dépensera beaucoup. Hélas pour elle, nombre de Français, même s'ils n'ont pas fait l'ENA, savent que ce sont eux qui paieront tous ces beaux cadeaux.
Elle revient même au bon vieux temps du programme commun "Mitterrais-Marchand", avec la reconstitution du duo EDF-GDF dans la sphère publique. Nostalgie, nostalgie…
Du ségolénisme du début de campagne, on ne retient que quelques vagues formules de démocratie participative locale (les jurys citoyens sont-ils toujours à l'ordre du jour?), sa marotte de soutien scolaire gratuit (de quoi précipiter les profs dans les bras de Bayrou) et, hélas, le plus contestable: ficher par terre nos institutions, ce qu'elle appelle "l'urgence démocratique".
Bref, Ségolène Royal n'a pas modernisé la gauche socialiste française. Manque de charisme, de volonté, de conviction? Plus le temps passe, plus nos socialos, à bout de souffle, totalement déconnectés du monde réel, se pétrifient sur place. Nous aimerions quand même avoir en face de nous une opposition digne de ce nom et non pas des "matons de Panurge"(1), prisonniers à jamais d'une idéologie morte qu'ils ressassent éternellement, comme un disque rayé qui diffuse toujours la même rengaine en boucle.
Serge Weidmann
(1) L'expression est du regretté Philippe Muray et parle d'elle-même: ils bêlent mais donnent des leçons aux autres et, éventuellement, les fliquent.





