Vent d'Auvergne

Un regard libre et libéral sur l'actualité

08 juillet 2009

Le développement urbain entre économie et démocratie

Clermont_ferrand_vu_de_Montjuzet    Je me suis invité hier après-midi à la table ronde organisée lors du colloque de l’ ASRDLF (Association de Science régionale de langue française) (1) à Clermont-Ferrand. Les Japonais, lorsqu’ils participent à une rencontre de ce type, s’estiment heureux s’ils en ressortent avec une ou deux idées nouvelles. Ce qui fut le cas pour moi, après les cinq ou six interventions, forcément trop courtes, qui meublèrent ces deux heures de travail. Ce sont d’ailleurs moins les informations nouvelles, que leurs implications pratiques et les perspectives qu’elles soulèvent, qui m’ont intéressé.

   D’abord, nous constatons que les échanges, actuellement, sont plus forts entre les villes qu’entre les nations. De plus, la connaissance fine des villes est une nécessité car la ville influence le territoire qui l’environne y compris l’espace rural.

   Ensuite, le système institutionnel français est inadéquat pour répondre aux nombreux problèmes urbains. Le « planificateur bienveillant », selon l’expression employée par l’économiste Frédéric Gilli, ne suffit plus. Par exemple, dans le « projet Ile de France », dont Gilli s’occupe, il y a trop d’échelons techniques à gérer, le territoire délimité administrativement n’est pas pertinent. Gérer la complexité du développement urbain oblige à traiter en même temps gouvernance et aménagement, c’est à dire l’institutionnel et l’opérationnel. Lorsqu’en plus, il faut organiser la participation des acteurs du territoire, faire émerger les attentes, faire partager le projet par tous, informer et former, négocier les solutions, le rôle d’expertise des conseillers en développement est primordial.

   C’est pourquoi, selon moi, les grandes villes ont besoin que l’état planificateur leur lâche un peu les baskets, pour retrouver une liberté de manœuvre hors de sa tutelle et de ses contraintes administratives, institutionnelles et financières. Je me suis toujours demandé pourquoi, par exemple, il était fixé pour toutes les communes un nombre de conseillers municipaux en fonction du nombre d’habitants ; pourquoi les prérogatives des communes étaient gravées dans le marbre de la loi, la même pour toutes ; pourquoi les villes modernes ne pourraient pas s’organiser en réseaux selon des règles à elles, comme l’ont fait autrefois celles de la Ligue hanséatique ? Hélas, ne rêvons pas: tant que les élus locaux seront issus du même sérail politicien que les élus nationaux ou les ministres, nous avons peu de chance de voir les choses changer.

   Mais nous pouvons espérer, avec l’intervention d’agents de développement dans les projets des collectivités, voir un peu plus de méthode et de rationalité présider au traitement des grands problèmes locaux. C’est pourquoi l’annonce, faite hier par le président de l’Université d’Auvergne, Philippe Dulbecco, de la création d’un Institut de développement du territoire dans notre capitale arverne, est une bonne nouvelle. Nous comblerons alors le manque de chercheurs, et surtout de développeurs, dans ce domaine.

SW

(1) VOIR LE SITE DU COLLOQUE ET DE L’ASSOCIATION :
http://www.asrdlf2009.com/index.php
http://asrdlf.u-bordeaux4.fr/

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18 juin 2009

La lettre libérale connaît un développement... durable

1001   Mes amis libéraux de l’ALEPS (Association pour la liberté économique et le progrès social) diffusent, depuis vingt cinq années, un hebdomadaire intitulé « la nouvelle lettre ». Je reçois, ce jeudi 18 juin 2009, le numéro 1001. La présentation de ces huit pages hebdomadaire s‘améliore, même si nous restons loin d’un magazine de luxe.

   Les libéraux ont des convictions à revendre mais peu de sponsors. Les grandes multinationales trouvent de l’argent pour produire des chefs d’œuvre de propagande comme « Home ». Elles n’en ont pas pour soutenir la liberté. Il est vrai, et Vent d’Auvergne en reparlera, que le business écologique rapporte d’avantage que la défense des idées libérales.

   Celle-ci, en France, reste l’apanage d’esprits pugnaces, dont les plus éminents sont des professeurs d’économie de l’Université publique. Comprenne cette nouvelle exception française qui pourra. C’est justement grâce à deux de ces irréductibles militants intellectuels : Jacques Garello et Jean-Yves Naudet, à la tête d’une petite équipe, que l’analyse de l’actualité nationale et internationale d’un point de vue libéral me parvient chaque semaine, depuis une dizaine d’années.

   Je peux ainsi, par la lecture de cette feuille hors du commun, à tous les sens du terme, affirmer et entretenir ma détermination intellectuelle pour les idées de liberté. A l’aube de cette nouvelle période, marquée par la parution du mille unième numéro de ce journal, je vous engage à suivre mon exemple. Mais attention, je vous en préviens, vous courez un risque: celui de ne plus être en phase avec l’idéologie à la mode. Mais quel plaisir que celui de ne plus vivre idiot !

L’abonnement à la nouvelle lettre est de 60 euros par an, pour 40 numéros. Envoyez vos chèque et adresse à :
ALEPS  35 avenue Mac-Mahon – 75017 Paris
Et visitez le site de cette association : www.libres.org

SW

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19 avril 2009

Nationalisons les infirmières

Infirmi_re   Vous avez dit « professions libérales »? Dans notre pays, nous appelons « professions libérales » les professions intellectuelles ou médicales exercées par des indépendants. Le terme libéral renvoie à la notion de liberté. En ce qui concerne les professions médicales, cette liberté était déjà toute relative. Imaginez un métier dont l’essentiel de la profession est soumis à un régime où des actes et leurs tarifs sont réglementés uniformément. Que vous soyez à Paris, expérimenté et à la pointe des dernières innovations, attentif au malade en lui accordant une demi-heure, ou que soyez dans le Cantal, novice, et n’accordant que dix minutes au patient, vous relevez, malgré la grande différence de coûts et de qualité de service, du même tarif.

   Ces tarifs ne sont d’ailleurs pas dans l’intérêt objectif du patient car ils amènent à des effets pervers. Les soins préventifs sont peu rémunérateurs pour les praticiens, et donc parfois délaissés, alors qu’ils devraient être encouragés car même fortement augmentés leurs tarifs seront toujours plus économiques que les lourdes interventions. Ces réglementations rigides sont un frein à l’innovation technique et à la qualité des soins.

   Depuis de nombreuses années se pose le problème de la désertification médicale en certaines zones, rurales ou peu attrayantes. Certains décideurs, adeptes d’une tradition dirigiste, croyant plus dans la coercition que dans l’observation des comportements libres et spontanés, ont très vite proposé l’instauration d’une « carte médicale ». Nous venions à peine d’assouplir une « carte scolaire », inefficace et porteuse d’inégalités et de passe-droits, que nous allons appliquer à un autre domaine essentiel la même mauvaise soupe, encore une fois sous le prétexte bien commode et bien vide de la justice sociale ou autre intérêt général.

   La liberté d’installation, rare liberté des professions médicales à avoir été jusque là sauvegardée était alors sur la sellette. Voilà que l’assaut final réglementaire est déclenché. La liberté d’installation des infirmières est désormais réduite. Elles ne pourront plus s’installer dans certaines régions jugées trop bien fournies, et devront s’installer dans des régions moins bien dotées avec l’octroi de quelques subsides.

   Une des raisons invoquées, est qu’il faudrait protéger la valeur de la clientèle des infirmières en diminuant la concurrence. Je n’y vois pas l’ombre de l’intérêt général, mais plutôt celui d’un intérêt bien particulier et bien compris. On connaissait le phénomène des fiefs occupés par des notaires, des huissiers et des pharmaciens. Existera désormais celui des infirmières en attendant celui des médecins.

   Autre raison: éviter qu’une infirmière s’installe dans une zone bien fournies afin qu’elle échappe à des difficultés financières. Si cette infirmière offre un service d’une qualité jugée supérieures par les patients à ceux d’une infirmière déjà installée, elle fera son chemin au bénéfice des patients, et obligera les infirmières déjà installées à améliorer leur service. Si l’on prenait cet argument comme valide, pourquoi ne pas l’appliquer aux restaurants, aux marchands de chaussures, et à tout autre commerce ou industrie ? L’entrepreneur est le plus à même de savoir si son projet est viable et nul n’a le droit de l’empêcher de le réaliser sous prétexte de le faire dans son bien. Sinon, la porte est ouverte à l’arbitraire, et le gouvernement décidera, pour votre bien, de votre profession, de votre lieu de vie, et de tout le reste.

   On imagine déjà en outre déjà les passe-droits et combines qui vont naître afin que les plus habiles ou les plus introduits bénéficient de l’affectation souhaitée. Les autres devront aller à regret, voire à contre-cœur s’installer dans une des zones désignées. Non seulement cela risque de freiner les vocations d’infirmières, quand dans le même temps on prétend qu’il en manque, et d’autre part une personne s’installant dans ces conditions risque de ne pas assurer la même qualité de service qu’en présence d’une installation choisie.

   La solution la plus respectueuse de la liberté et de la qualité des soins est la libéralisation de l’exercice de médecin ou d’infirmière. Au lieu d’un tarif unique, la liberté de prestation permettrait un nouvel attrait à l’installation en zone délaissée. Ainsi, un médecin pourrait par exemple facturer sa prestation non pas uniformément 27 euros mais peut-être 25 euros au cabinet, le déplacement étant facturé notamment selon la distance réelle parcourue, ou encore plus ou moins cher selon le temps et la technicité de la consultation… La liberté d’initiative permettrait à un médecin installé dans ces zones délaissées d’obtenir une rémunération attractive en assurant au patient une bonne présence médicale locale à un coût raisonnable.

   Le système qui ne fait pas confiance à l’individu est un système aux pieds d’argile et incapable de s’adapter aux multiples réalités et aux innovations.
La  France a malheureusement pour la santé, comme pour beaucoup d’autres domaines, choisi ce système.

Florent Belon

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25 mars 2009

Les irréductibles Suisses font de la résistance

Gen_ve« Secret bancaire et évasion fiscale : l’argent caché, c’est fini !! » titre Le Figaro Magazine de ce week-end. Les états, France en tête, en même temps qu’ils jouent les professeurs de morale, espèrent bien récupérer des millions d’euros sur les comptes des « évadés ».
   La fin des paradis fiscaux est donc programmée. Mais, hélas ! personne ne songe à s’attaquer aux enfers fiscaux. Pourtant, il serait bienvenu de s’aviser s’il n’y aurait pas comme une relation de cause à effet entre ces derniers et les premiers.

   En vacances à quelques dizaines de kilomètres de la frontière suisse, je profite d’une « grève des quotidiens nationaux » comme il est écrit sur une affichette chez mon marchand de journaux, vendredi dernier -en fait, il s’agit d’une grève de la nomenklatura cégétiste des messageries, nuance !-  pour me plonger dans la lecture du quotidien genevois : Le Temps.
Nos voisins helvétiques sont très divisés sur la fin du secret bancaire. Les attaques internationales contre leur place financière en font bondir plus d’un. Exemples :

Michel Yagchi et Frank Guemara, deux ex-banquiers genevois devenus indépendants, brandissent le drapeau de la révolte. Ils ont acheté un quart de page dans les journaux pour exprimer leur indignation: « Secret bancaire : céder à  des menaces ne peut qu’encourager ceux qui nous menacent à nous faire céder davantage ! Ça suffit !! »

Marie-Hélène Miauton, chroniqueuse au Temps, dans un article intitulé : « Le marteau et l’enclume », délivre un message des plus réjouissants dans lequel elle s’en prend à l’hypocrisie des responsables de l’Union européenne, à la pusillanimité de ses compatriotes suisses qu’elle exhorte à assumer leur différence, et aux élus de son pays à qui elle conseille de jouer la, proverbiale, lenteur suisse face à la pression internationale. Une anecdote vécue, située au début de son article, que vous pourrez lire en totalité dans « Les bonnes feuilles de Vent d’Auvergne » (1), vaut son pesant d’or, à tous les sens du terme.

La résistance helvétique existe, comme on peut le constater et, à Vent d’Auvergne, nous ne pouvons que nous en réjouir. Vive la Suisse…libre !

S W

(1) http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2009/03/25/13129030.html

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01 février 2009

Les origines de la crise: Un peu d'histoire

Le texte ci-dessous, écrit par Jacques Garello, professeur émérite d’économie, est paru dans le dernier bulletin de l’Association pour la liberté et le progrès économique et social (ALEPS). Son importance actuelle m’a conduit à le faire paraître dans Vent d’Auvergne. Il efface ainsi beaucoup d’approximations et de mensonges lus ici ou là à propos de la « crise ». SW

Jacques_Garello  Je reviens avec insistance sur l'autodestruction du capitalisme Supposons le capitalisme détruit, quelles seraient les solutions alternatives ? Si l'on exclut le collectivisme socialiste (qui retrouve des partisans), on peut s'orienter vers un capitalisme « dirigé » ou « régulé ». Ceux qui en parlent ignorent en général que nous sommes déjà soumis à un tel régime, et que la situation actuelle est précisément due aux erreurs du dirigisme et de la réglementation. Mais ils gardent aussi une certaine nostalgie du passé, et on entend évoquer ici un « New Deal européen », là un « nouveau Bretton Woods ». Mise en place d'un gouvernement économique européen ou mondial : le remède miracle serait donc un pas de plus dans cette «troisième voie» qui est en réalité une impasse. Les idolâtres des Etats devraient se remettre en mémoire l'histoire du New Deal et celle de Bretton Woods.

Le New Deal, dit-on, aurait sauvé le capitalisme de la crise qu’ïl aurait connue en 1929.

Rappel historique # 1 : La crise de 1929 a été préparée par les erreurs de politique monétaire de la Federal Reserve, dans le soutien irréfléchi des spéculateurs de Wall Street mis en difficulté par la faillite des chemins de fer et de la sidérurgie, issue que voulaient retarder les banques engagées dans ce secteur (Pierpont Morgan par exemple). Il y avait aussi des créances douteuses, comme les sommes qui devaient être versées par les Allemands au titre des "réparations" («  L'Allemagne paiera », ce qui était doublement stupide).

Rappel historique # 2 : Le Président HOOVER a cru enrayer la crise en faisant couper les crédits à l'économie américaine, y compris aux entreprises les plus saines La masse monétaire a été amputée d'un tiers. La politique déflationniste  a achevé le blessé.

Rappel historique # 3: Quand ROOSEVELT est élu, en 1932, le taux de chômage commence à se stabiliser (12 millions de chômeurs). Le New Deal ne le réduira pas, en dépit d’un gonflement considérable de la dette publique. En 1939, il sera encore de 17 %, touchant 10 millions d'Américains. Le New Deal n'a pas été le sauvetage que l'on croit, il a plongé les États-Unis dans le socialisme.

Rappel historique # 4: C'est l'administration ROOSEVELT qui crée Fannie Mae, un fonds public destiné à financer l'accès à la propriété des Américains désargentés. Le crédit immobilier irresponsable date de cette époque, il n'a cessé pendant soixante ans de perturber la finance des États-Unis, Fannie (et son petit frère Freddie) détiennent actuellement un quart des créances immobilières non recouvrées. C'est le contribuable américain qui paiera. La conférence de Bretton Woods, dit-on, aurait institué un système monétaire mondial solide, sous la garde du Fonds Monétaire International.

Rappel historique # 5 : Le système mis en place est celui du Gold Exchange Standard, qui remet le sort des monnaies du monde entier entre les mains de la politique monétaire américaine. En effet toutes les monnaies ont une parité fixe en dollar, lui-même convertible en or à. prix fixe (" la devisé or vaut l'or,"). La solidité du système repose sur la solidité du dollar et sur le respect, par les Etats, de la parité fixe sur laquelle ils se sont engagés.

Rappel historique # 6 : La FED américaine ne fabriquera jamais la quantité de dollars nécessaire aux échanges internationaux. Après avoir restreint l'émission et causé un manque général de liquidités, la FED fera tourner à toute vitesse la planche à billets verts, surtout pour soutenir l'effort financier de la guerre au Viet Nam. Le dollar inonde l'Europe (« eurodollars ») et crée une inflation à deux chiffres et la convertibilité du dollar en or est de plus en plus virtuelle; elle sera supprimée le 15 août 1971.

Rappel historique # 7 : Les soi-disant parités fixes ne seront jamais respectées. En dépit de leur interdiction dans les statuts du FMI, dévaluations (et parfois réévaluations) se succèdent. On passera des parités fixes à des parités fluctuantes à l'intérieur d'un" tunnel" mais les monnaies sortent du tunnel !

Rappel historique # 8 : Les membres de l'Union Monétaire Européenne essaient de stabiliser leurs monnaies nationales, d'abord avec un" serpent" (variété de tunnel), puis autour d'une unité de compte virtuelle, l'écu. Ils n'y parviendront pas davantage. En 1981-1983 le gouvernement Mauroy-Delors dévaluera trois fois le franc français. Cela me permet de conclure sur deux théorèmes historiques plus larges :

Rappel historique # 9 : Promptes à créer des déséquilibres, les interventions publiques sont incapables de les résorber, et les aggravent.

Rappel historique # 10 : Les États ne respectent jamais les engagements qu'ils prennent. Après le choc pétrolier de 1974, qui a trouvé toutes les économies occidentales en pleine déconfiture, avec des taux d'inflation et de chômage à deux chiffres, les leçons de l'histoire semblaient avoir été comprises.

   Milton FRIEDMAN avait mis en évidence les méfaits des politiques monétaires laissées à la discrétion des banques centrales, Jacques RUEFF avait expliqué l'insanité du système de Bretton Woods, Friedrich HAYEK avait démontré comment les manipulations de taux d'intérêt conduisent au « malinvestissement » et au chômage. Le monétarisme triomphant, les banques centrales s'étaient décidées à limiter la croissance de la masse monétaire, et la concurrence entre monnaies nationales a joué, grâce aux taux de change variables sur le libre marché des devises -la bonne monnaie se chargeant de chasser la mauvaise.

   Mais le mal était n'était pas éradiqué, et progressivement monnaie et finance sont repassées sous le contrôle des États, par le biais des pressions politiques. On a délaissé la rigueur sous des prétextes divers. Dernière leçon de l'histoire: les illusions ont toujours une fin, et la vérité vaincra. Citation historique: « Pour détruire l'Occident il suffira de pervertir sa monnaie » (Lénine).

Jacques Garello
Article paru dans dans le bulletin de l’ALEPS n° 126 de Janvier 2009

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27 janvier 2009

Tous entrepreneurs !

Auto_entrepreneurr_union_EI_Paris  Il semblerait qu’il n’y a que les ministres libéraux qui pensent à nous simplifier la vie et permettre à l’esprit d’entreprise français de se manifester sans trop d’entraves administratives.

   Après la loi Madelin de 1994, voici Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services, et son nouveau dispositif permettant de créer son entreprise individuelle en deux temps trois mouvements et sans mettre la main à la poche d’entrée de jeu pour payer charges et impôts (1).

   Des textes parus, il ressort que ce nouveau dispositif permet aux étudiants, chômeurs, retraités, salariés –fonctionnaires inclus- d’exercer une autre activité. Il devrait aussi faire passer le travail « au noir » à la légalité. En outre, celui qui voudrait « tester » une activité lucrative peut se lancer facilement et sans frais.

   Apparemment, le succès est au rendez-vous puisque, depuis le premier janvier 2009, date de mise en œuvre des nouvelles mesures, 20 000 entreprises de ce type ont déjà vu le jour.

   Afin de bâtir un dossier solide, destiné à ses adhérents, sur ce thème, le Club des Astucieux (2) organisait samedi dernier une réunion de travail à Paris, à laquelle je participais. L’innovation, pour ce club de services, consistait à inviter quelques abonnés qui, par leurs questions et remarques, approfondiraient le thème traité par leurs experts.

   C’est ainsi que trois femmes et trois hommes, dont votre serviteur, venus de toute la France, très différents les uns des autres autant par l’âge, le parcours de vie, que par le projet professionnel, décortiquèrent le plan Novelli, l’examinèrent sous toutes les coutures pendant près de quatre heures à ma montre.

   De l’étudiant portant assistance, par téléphone, aux clients d'un site d'achat et de vente par l'intermédiaire de Wengo (3) à la retraitée voulant créer un gîte rural, en passant par le vendeur à domicile au projet original, j’ai pu constater que, loin de la sinistrose ambiante générée par la crise, ou plutôt par le discours que tiennent, sur elle, nos médias, notre pays recèle encore un certain nombre d’hommes et de femmes d’action qui n’hésitent pas, par nécessité autant que par passion, à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale.

   Bonne chance pour vos projets et pour vous-mêmes chers Bernadette, Christelle, Christine, Noé et William.

SW

(1) Voir sur le site : http://www.auto-entrepreneur.fr
(2) Le site du Club des Astucieux est réservé aux abonnés.
(3) Voir sa fiche de conseiller sur le site Wengo

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26 décembre 2008

Jean Fourastié, actuel et nécessaire

Jean_FourastieIl enseignait l’économie au Conservatoire national des Arts et Métiers à Paris. En formation de conseiller d’orientation dans la capitale, dans les années 1967-1969, je devais suivre ses cours pendant une année. Outre les connaissances inhérentes à la matière, dont nous verrons plus loin l’originalité, je conservai de lui ce conseil, que pour la première fois un professeur me donnait : « Lire un livre est un combat : vous devez boxer avec les idées qui s’y expriment ». L’affirmation que l’étudiant doit être actif, ne pas prendre forcément pour argent comptant tout ce que lui assène l’enseignant du haut de son autorité de spécialiste, était très rafraichissante, surtout venant quelques mois avant mai 1968.

Jean Fourastié (photo), dont la vie couvrit la presque totalité du XXème siècle (1907-1990), est l’auteur d’une œuvre grandiose, trop méconnue aujourd’hui, un travailleur infatigable, un humaniste affirmé. Il analysa comme personne ne l’avait fait avant lui, et ne le fera après, ce qu’on appelle le progrès technique, fruit du progrès scientifique. Fourastié, témoignages et statistiques à l’appui, décrivit comment l’humanité occidentale sortit de la misère, comment la productivité permit la croissance économique et l’augmentation incessante du pouvoir d’achat.

Mais il perçut également les grands bouleversements humains, sociaux, dans les représentations et les valeurs, que le développement allait apporter, les crises qu’une longue période transitoire allait susciter –et suscitent encore aujourd’hui- et la nécessité d’accompagner ces bouleversements grâce à une meilleure solidarité entre les hommes. Fils de la terre, très attaché à ses racines paysannes du Quercy, Jean Fourastié n’était pas un technicien froid mais un sage qui n’oublia pas, derrière les chiffres, le peuple qui souffre : paysans chassés de leur terre, ouvriers au chômage, employés jetés dans la solitude des grandes villes.

A mon grand regret, j’ai laissé, par négligence, passer l’anniversaire du centenaire de sa naissance en 2007 sans vous en parler. Mais est-il trop tard pour lui rendre hommage ? Mieux, pour nous inspirer de ses travaux afin de mieux comprendre notre société avec ses hauts et ses bas et d’êtres plus efficaces dans nos militantismes ? Lisez ses livres, notamment son œuvre majeure : « Le grand espoir du XXème siècle » ce, afin de ne pas mourir trop idiots.

SW

Pour en savoir plus : visitez quelques sites Internet où il est à l’honneur, à commencer par celui qui lui est consacré. Et… bonnes fêtes de fin d’année.

http://www.jean-fourastie.org/

http://www.canalacademie.com/Jean-Fourastie-par-Jean-Cluzel.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Fourasti%C3%A9

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10 octobre 2008

Crise financière et responsabilité publique

091908_ouraganCe qu’il y a de pénible dans les commentaires à propos de la crise financière ce sont les accusations portées au libéralisme, soi-disant seul responsable et seul coupable de la situation. Manque d’esprit d’analyse ? Malhonnêteté intellectuelle ? Hypocrisie de la part de gens qui gravitent dans les sphères de l’Etat et qui souhaitent accentuer leur pouvoir dans le monde économique ? Sans doute.

C’est pourquoi il est temps de dire au peuple où sont les vraies responsabilités (ou irresponsabilités) dans les causes de la crise, de restituer celle-ci dans son contexte et de cesser d’évoquer l’apocalypse pour la décrire. Aussi les interventions de Claude Reichman, Jacques Garello, Pascal Salin et Alain Madelin sont-elles les bienvenues.

Le premier, dans son éditorial du 27 septembre dernier, sur son site Reichman TV (1) nous prévient :
"On aurait tort de rechercher les causes de la crise financière et bancaire dans le marché. Le marché n'y est strictement pour rien. Les prêts hypothécaires n'ont été consentis par les banques américaines que parce qu'ils étaient garantis par la puissance publique. Jamais les banques n'auraient prêté de l'argent sans garantie de retour si elles n'avaient été assurées que l'Etat, par l'intermédiaire de ses institutions, ne viendrait à leur secours…"

Pascal Salin va dans le même sens :
« La cause essentielle de cette crise provient de l'extraordinaire variabilité de la politique monétaire américaine au cours des années récentes. Or celle-ci est bien évidemment décidée par des autorités publiques et non déterminée par le marché. C'est ainsi que la Fed est passée d'un taux d'intérêt de 6,5 % en 2000 à un taux de 1 % en 2003. Il y eut ensuite une lente remontée à partir de 2004 jusqu'à atteindre 4,5 % en 2006. Pendant toute la période de bas taux d'intérêt et de crédit facile, le monde a été submergé de liquidités. Afin de profiter de cette magnifique occasion de profits faciles, les établissements financiers ont accordé des crédits à des emprunteurs de moins en moins fiables, comme l'a montré la crise des « subprimes ». Lorsque l'on est revenu à des taux d'intérêt plus normaux, les excès du passé sont apparus au grand jour. C'est l'éclatement de la « bulle financière » (2)

Jacques Garello consacre, dans son site Internet « Libres.org » (3), toute une série d’articles sur ce thème de la crise. Dans  celui intitulé : « Turbulence financière ou crise politique », il donne sa vision de la vraie nature de celle-ci :« Je prends aujourd’hui le risque d’affirmer que la crise n’est pas une crise, ou n’est pas la crise que l’on croit. J’engage ma réputation dans ce diagnostic, mais j’ai de bonnes raisons pour le faire, et de rassurer les peuples affolés par les discours alarmistes, les épargnants, les contribuables, les travailleurs et les entrepreneurs… J’observe encore qu’aujourd’hui la production et les transactions internationales ne sont pas à l’arrêt. Les contre-performances de l’économie française ne doivent rien à la «crise», puisqu’elles lui étaient bien antérieures et qu’on en connaît les causes : délabrement des finances publiques, impôts et charges sociales trop lourds, rigidité du marché du travail, réglementation paralysante, faillite du système de formation et d’éducation. Mais la crise a bon dos, et il est facile pour les responsables de l’échec français de passer leurs erreurs au débit des financiers américains, et de donner des leçons d’éthique au reste du monde. »

Alain Madelin, dans le magazine Valeurs actuelles du 9 octobre, sous le titre : « Crise : le bateau ivre »,  affirme, après son analyse, sa confiance dans l’avenir et dans les facultés créatrices des hommes libres, pour peu qu’ils ne soient pas enrayés par l’Etat : « La révolution financière, qui améliore l’efficacité du capital, se poursuivra. La croissance “schumpetérienne” de l’innovation créatrice va exploser: les nanotechnologies, les nouvelles énergies, la révolution génétique, tout cela est devant nous. Nous avons devant nous des décennies de croissance innovatrice fantastique.
De même la croissance “ricardienne” – de l’avantage comparatif et de l’optimisation des talents à l’échelle de la planète. Ces deux moteurs, qui font la force du capitalisme, restent ainsi durablement allumés. Peuvent-ils tomber en panne faute de carburant? Durablement, non. Le capital reste abondant et l’intelligence financière très active. »
(4)

Prenez connaissance de ces différentes analyses qui sont, également, des analyses différentes de celles qui nous inondent dans tous les médias et, faites vous librement votre avis sur la crise.

SW

(1) http://www.reichmantv.com/editorial.html
(2) http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2008/10/index.html
(3) http://www.libres.org ( d'où est extraite l'image de l'article)
(4)
http://www.valeursactuelles.com/public/valeurs-actuelles/html/fr/articles.php?article_id=3418

05 octobre 2008

Chez Michelin, le moteur est dans la roue

            

        bibendum___v_lo_2

Nous avions déjà le mini ordinateur (système d’exploitation Linux simplifié, outils bureautique, logiciels pour surfer sur Internet, etc.…) dans une clé USB, nous avons à présent le moteur automobile dans une roue de voiture. Ce sont les chercheurs de la manufacture Michelin, toujours en pointe, qui ont conçu une roue hautement technologique appelée l ‘ « Active Wheel ». Retenez l’expression, vous la retrouverez dans l’avenir.

Pressés par les exigences de développement de moyens de transport non polluants, les constructeurs automobiles du monde entier font assaut d’innovations plus remarquables les unes que les autres. Entre parenthèses, ils sont la preuve que la concurrence est un « processus de découverte » inégalé, car on imagine mal de telles idées et réalisations sortir des organisations planistes et soviétiformes de nos démocraties modernes plus ou moins populaires. Quand nos politiciens déploient leurs taxes antipollution en tous genres, les entrepreneurs privés brisent les frontières de la technologie.

Mais revenons à cette roue Michelin abritant un moteur électrique alimenté par des batteries stockées dans le véhicule. Ce sont ces deux (ou quatre, selon les modèles) roues motrices – portant ici vraiment bien leur qualificatif- qui propulseront l’automobile jusqu’à 120 kilomètres/heure. Autonomie prévue : cent à quatre cents kilomètres ! On rêve tout éveillé. Reste bien sûr à convaincre les constructeurs d’utiliser ce principe. Deux entreprises l’ont déjà adopté et veulent en faire la promotion auprès des constructeurs et du public.

Quant à moi, futur possible propriétaire de ce type de véhicule, j’espère que les ingénieurs de la firme de Clermont-Ferrand ont prévu aussi un antivol à toutes épreuves pour leur roue. Comme chacun sait, les vols de roues d’automobiles sont une activité nocturne très répandue dans nos cités. Si ces proies portent, en plus, un moteur dans leur ventre, leurs trafics occultes risquent de se multiplier, sans freins, si vous me passez l’expression.

S Weidmann

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21 septembre 2008

Le développement durable contre la liberté

G_rard_Bramoull_Dans un sondage Louis Harris de juin 2005, il apparaissait que près de 60% des Français avaient entendu parler du développement durable. Mais seuls 16% d’entre eux savaient réellement ce qu’il signifie.

Pourtant ce concept est devenu, en ces temps où il est bien vu de pratiquer un écologisme de bon aloi, une référence majeure obligatoire. On le met à toutes les sauces, on le brandit comme un drapeau dans tout projet subventionné, les présidents de Conseils régionaux, généraux, les maires s’en gargarisent à tout bout de phrase. Au fil du temps, il est même devenu matière scolaire à part entière. Pourtant, c’est plutôt bon signe de constater cette ignorance de nos compatriotes. Cela va nous permettre de leur en parler, en dehors de toute langue de bois.

Nous devons à Gérard Bramoullé (photo), professeur d’économie à l’Université d’Aix-en-Provence, d’avoir mis à nu le développement durable (1). Ce qui ressort de son travail, présenté à la dernière université des nouveaux économistes, c’est tout l’aspect idéologique et politique d’un concept finalement pas si innocent que cela.

Apparu il y a une vingtaine d’années dans un rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement de l’ONU, présidée par  Madame Bruntland, le développement durable est ainsi présenté :
C’est un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs. Deux concepts sont inhérents à cette notion : 
le concept de « besoins », et plus particulièrement des besoins essentiels des plus démunis, à qui il convient d’accorder la plus grande priorité,
et  l’idée des limitations que l’état de nos techniques et de notre organisation sociale impose sur la capacité de l’environnement à répondre aux besoins actuels et à venir.

A partir de là, les différents sommets internationaux de Rio et de Johannesburg vont inciter les états à intégrer le développement durable dans leurs législations. L’Union européenne se sera pas en reste qui reprendra à son compte ces montages mondiaux. La commission de Bruxelles adapte le développement durable à toutes ses politiques. Par exemple dans Natura 2000, où, pour assurer le développement durable des écrevisses, on laisse des secteurs entiers à l’abandon. Les états,  eux-mêmes, déclinent le développement durable à leur niveau. Pour lui, on crée des commisssions, des comités à tire larigot. Toutes les strates de l’Etat et des autres collectivités sont pénétrées par le développement durable.

Peut-on porter un regard critique sur le développement durable ? Pour Gérard Bramoullé, il faut analyser successivement les trois notions qui le fondent : les besoins, les limites, la durabilité.

La notion de « besoins » est subjective. On ne peut aujourd’hui connaître les besoins des générations futures. En fait c’est l’ONU, l’Europe, les états, les collectivités, bref les élus et leurs fonctionnaires, qui définissent ici et maintenant les besoins de nos descendants. C’est un acte purement technocratique qui ignore la réalité: faire des choix, c’est renoncer à certaines choses pour en privilégier d’autres. Lorsque l’on sait avec quelle facilité ces gens-là pratiquent l’erreur économique dans leurs décisions (voir les recommandations de croissance zéro du Club de Rome il y a quarante ans), on peut se faire du souci pour l’avenir de nos petits enfants si on laisse le soin à ces apprentis sorciers d’en décider à leur place.

La notion de « limites » des ressources est un sophisme. D’abord parce qu’une ressource n’existe pas en tant que telle tant que son utilité reste inconnue. Le pétrole fut longtemps négligé ou utilisé en petites doses comme médicament par les Indiens d’Amérique avant de prendre la place que l’on sait. Ensuite la loi économique de l’offre et de la demande est un bon moyen de gérer les stocks et de rechercher de nouvelles formes d’énergie. Apparemment, Big brother ne sait pas que l’homme est un être doué d’adaptation. Ce qui a conduit autrefois Roosevelt à penser que la planète allait manquer de bois, comme si le progrès technique était figé. « S’ il y avait eu des écologistes au 17ème siècle, plaisante Gérard Bramoullé, ils auraient dénoncé ce monde qui allait crouler sous le crottin de cheval ».

Quant à la « durabilité », il semble curieux de l’associer au développement qui, lui-même, se construit dans la durée. Pour les économistes, les allocations de ressources inter-temporelles se réalisent à travers l’utilisation du taux d’intérêt. C’est, selon le mot de Thomas d’Aquin, « le prix du temps ». Mais les fonctionnaires de l’ONU, de Bruxelles et d’ailleurs ont-ils quelques notions d’économie ?

En conclusion, le développement durable s’appuie sur trois notions discutables. Par contre, il permet d’assurer la durabilité de la coercition. Les hommes politiques l’utilisent pour augmenter leur pouvoir sur le reste des hommes et leurs activités. Introduire son enseignement à l’école, c’est organiser sciemment le lavage des jeunes cerveaux. C’est pourquoi, il convient de dénoncer cette hérésie en s’appuyant, pour ce faire, sur les enseignements de l’économie libérale.. durablement.

Serge Weidmann

(1) Lire aussi le compte rendu de son intervention sur le site « Libres »

http://www.libres.org/francais/universite_d_ete/Mondialisation%202007/Retranscriptions/Bramoull%E9_d%E9veloppement_durable_2007.htm

Posté par ventdauvergne à 12:37 - Economie - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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