Gaspillage__lus_locaux La nouvelle enquête du magazine Capital de février 2010, sur « Les gaspillages des élus locaux » donnerait envie aux plus timorés de faire la révolution. Nombre d’édiles jettent l’argent public –notre argent- par les fenêtres avec une allégresse, une désinvolture qui mériteraient les sanctions les plus graves, si nos concitoyens avaient gardé quelque chose de la fibre de leurs ancêtres « sans-culottes ».


     A l’heure où la crise frappe durement la population, appauvrit les classes moyennes, il est plus qu’indécent de voir les notables locaux se goberger avec ce qui nous reste d’argent.Dans cet inventaire à la Prévert, j’ai tiré quelques informations concernant notre noble cité arverne et sa gouvernance godardesque. On retrouve nos « socialocaux » dans trois dossiers chauds :

     « Mairie ou région, les horaires de travail sont rarement stressants » : L’agglomération de Clermont-Ferrand est épinglée. Les congés en plus par rapport au seuil légal sont de deux semaines et quatre heures. Commentaire de Capital : « Selon nos calculs, ce trop plein de jours de congé représente vingt postes équivalents temps plein chaque année ». Voilà qui est beaucoup plus parlant.

     « Les budgets communication délirants flattent l’égo des élus » titre le magazine. Ils servent aussi à masquer la triste réalité derrière un voile de fumée. Aussi n’est-on guère étonné de constater la présence de Clermont en cinquième position des villes les plus dépensières dans ce secteur avec un ratio de 21 829 euros pour 1000 habitants.

     Mais c’est dans le dossier culture, que notre équipe municipale, que l’Europe entière nous envie, donne toute sa mesure. Je ne résiste pas au plaisir de vous transcrire, en entier, l’appréciation de Capital : « Litige à 620 000 euros pour la réfection du plafond de l’opéra » nous dit le titre. Et ça continue comme suit : « Fermé depuis 2007 après l’effondrement d’un pan de son plafond, l’opéra de la préfecture du Puy-de-Dôme ne devrait pas rouvrir ses portes avant 2013.  Avec, au passage, beaucoup de temps et d’argent perdus.

   Un premier concours pour la réhabilitation de cet édifice datant de 1891 avait en effet retenu la candidature d’un architecte parisien, Thierry Algrin. Mais la municipalité a retoqué son projet, puis lancé un nouvel appel d’offres, en excluant le cabinet Algrin. Erreur fatale ! Celui-ci a porté l’affaire devant la Commission européenne pour non respect des règles de la concurrence… et il a gagné.

     Le 13 juin 2008, la ville a donc dû lui verser une compensation de 620 000 euros. En juin dernier, une deuxième équipe a enfin été choisie, le cabinet clermontois Fabre/Speller, qui explique en avoir encore pour trois ans de travaux. D’ici là, la facture pourrait bien atteindre 10 millions d’euros, soit trois millions de plus que le chiffrage initial. »

     Voilà un opéra qui est tout, sauf comique.