Elite_et_peuple    Si nous voulons comprendre le monde d’aujourd’hui, il nous faut renoncer à le regarder avec les yeux d’autrefois, ceux de l’époque de la guerre froide.

   Nous vivons actuellement dans un système mondialisé que je qualifierai de « capitalisme oligarchique ». L’oligarchie est composée des hommes d’État, des hauts fonctionnaires, des chefs de grandes entreprises (dont Anne Lauvergeon est un spécimen représentatif : voir mon article précédent sur ce blog), des journalistes des grands media, des artistes, des professeurs d’Université, des responsables des organismes professionnels et syndicaux, des notables et élus des partis politiques traditionnels (de l’UMP au PC chez nous), autour desquels gravitent des cohortes de prébendiers et de lobbyeurs de tous poils.

   Les pouvoirs, légaux ou pas, légitimes ou pas, qu’ils se sont octroyés, bafouent constamment la démocratie et les peuples. Pour que la classe moyenne, qui finance leurs ébats, continue à abonder la cagnotte sans se révolter, les oligarques ont eu recours à plusieurs moyens de « zombification » du peuple :

-    l’abrutir par le pain (l’État providence) et les jeux (promotion de la Fête sous toutes ses formes : voir Philippe Muray et ses critiques de l’ homo-festivus)

-    le noyer dans l’immigration étrangère de masse qu’on n’a pas pris la peine d’assimiler (assimiler à quoi d’ailleurs, l’idéal de vie de cette classe dirigeante étant celui du nomade apatride en avion, de l’individu sans racine qui parcourt la planète pour participer à des colloques, donner des cours, faire des affaires et pour qui tout se vaut)

-    l’avilir en le culpabilisant dans une repentance sans fin. La phrase d’Anne Lauvergeon contre le « mâle blanc » s’inscrit dans ce schéma ; c’est pourquoi ceux qui en ont marre de battre leur coulpe l’ont épinglée. Certains hommes blancs ne sont pas disposés à sangloter éternellement et à se fondre dans la grisaille de la « diversité. »

-    lui interdire de poser les vrais problèmes : état omniprésent, immigration incontrôlée, déficit abyssal du budget de l’État, de la Sécurité sociale, des caisses de retraites par répartition, crise de l’école, chômage et appauvrissement des nouvelles générations. Pour ce faire, on le conditionne à lutter contre de fausses catastrophes : réchauffement climatique, grippe A…

   En France, comme nos partis politiques traditionnels du centre mou au centre dur : UMP, Modem, Verts, PS, PC, participent à ce consensus, ils sont trop contents, pour se défendre contre leurs adversaires, de les diaboliser en les rejetant aux extrêmes de l’échiquier politique. Ils voient, non pas des nains partout, comme Blanche Neige, mais des fascistes partout.

   Si les contestataires d’aujourd’hui paraissent virulents et extrémistes, c’est peut- être parce qu’ils sont aux antipodes du politiquement correct, qu’ils véhiculent des valeurs de civilisation que les marottes à la mode bafouent et qu’ils en ont ras-le-bol.

    Extrémistes oui, comme l’ont été, autrefois, radicaux et socialistes, avant de se recentrer, d’abdiquer leurs idées généreuses pour une place à la table du grand banquet universel de la nouvelle « élite ». Bon appétit, Messieurs ! D’où la montée des votes protestataires (FN, Identitaires, NPA) ou des abstentions ou des votes rejets (Non à l’Europe).

   Sans céder à la mode du retour aux explications de Karl Marx, force est de constater que, s’il y a une lutte des classes aujourd’hui ‘hui, elle est entre cette nomenklatura mondialisée et les peuples. Gare à la révolte de ces derniers.

SW

Cet article a été rédigé à partir d’un commentaire que j’ai fait dans Agora Vox, suite à d’autres commentateurs à mon article : « Anne Lauvergeon pète les plombs. »