Vent d'Auvergne

Un regard libre et libéral sur l'actualité

30 mai 2009

Rachida Dati rend hommage au fondateur de Newropeans

Rachida_Dati_en_campagne

   Après un début de campagne en fanfare mais pas sans couacs, la pétulante Rachida Dati, vraisemblablement sermonnée par Nicolas Sarkozy, s’applique, depuis quelques jours, à devenir ou à apparaître comme une bonne élève de l’Europe.

   C’est ainsi que, rendant dernièrement visite aux apprentis du Centre  européen des formations culinaires, le futur ex ministre de la justice leur a promis « un Erasmus des apprentis ». Disons-le sans détour : cela nous fait chaud au cœur à Newropeans, de voir ce diablotin rendre ainsi hommage à la vertu. Parce que le programme Erasmus, tant vanté par la candidate de l’UMP, a été pensé, bâti, proposé et « vendu » à François Mitterrand, alors président de notre  République, par Franck Biancheri, co fondateur de Newropeans et tête de liste de notre mouvement aux élections au parlement européen dans la région sud-est (1).

   Mais, madame Dati, rendez à César ce qui est à César et n’oubliez pas que d’autres n’ont pas attendu les hommes et femmes politiques pour bâtir une Europe au service des Européens. Car le projet Erasmus, qui a aujourd’hui plus de vingt ans, a permis à près de deux millions d’étudiants de trente pays d’Europe et de pays limitrophes de poursuivre leurs études dans une université étrangère. Aujourd’hui, ce programme est un peu le symbole d’une Europe de la coopération entre établissements d’enseignement, des rencontres éducatives, de la connaissance partagée, de l’enrichissement culturel.

   Merci de vous en être rendu compte mais n’oubliez pas, dans cette campagne tonitruante que mènent les grands partis politiques comme  le vôtre, ceux qui, pas à pas, parfois dans les plus grandes difficultés, ont contribué à faire l’Europe des Européens.

Serge Weidmann
Candidat de Newropeans aux élections au Parlement européen, liste Centre-Massif-central

(1) http://blogs.newropeans.eu/erasmus20/2007/01/17/d%E2%80%99erasmus%E2%80%A6-a-newropeans/

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19 mai 2009

Jean Barrat, un gaulliste en campagne

                                                         

Europ_ennes_Jean_Barrat   

   Délaissant, pour quelques heures, la campagne de Newropeans, mais pas les préoccupations européennes, j’ai répondu à l’invitation de Jean Barrat et de son équipe de la liste Debout la République (photo), à Clermont-Ferrand.

   Plaisir de retrouver l’ami Jean, toujours pugnace et solide, entouré d’amis communs et de nouveaux venus sympathiques dont Martine Montel, qui, notamment, anime le site Internet «A  Romagnat, plus belle la vie». (1)

   En devisant devant un verre, Jean, qui rencontre beaucoup de personnes au cours de sa campagne de terrain très active, me dit que la crise frappe plus fort qu’on le croit généralement.

   D’où son souci de proposer, à l’échelon européen, des interventions de grande ampleur pour relancer l’économie et l’emploi, comme un emprunt pour investir dans de grands projets. Je le rejoins sur ce point et lui indique que Newropeans dont le leader, Franck Biancheri, a, dès 2006, alerté l’opinion sur la crise à venir, a proposé, en décembre 2008 :

de préparer, en urgence, les systèmes d’indemnisation des pays d’Europe à faire face à l’explosion du chômage
de donner, aux banques et institutions financières des vingt-sept, un cadre de régulation pour éviter la reproduction d’une telle crise.

S Weidmann

(1) http://vivreaaaromagnata63540.midiblogs.com/

17 mai 2009

L'Europe des élites et l'Europe des peuples

Europe__lites_et_peuples  Pour nos élites technocratiques, il semblerait que rien de ce qui touche à l’Europe ne saurait être soumis à la décision des peuples. Ou alors le moins possible et avec beaucoup de précautions. Comme si leur belle construction n’était pas destinée à être ratifiée, critiquée, jugée, par les manants que nous sommes.

   Les quelques minutes pendant lesquelles notre ami David Carayol, qui conduit la liste de Newropeans dans la circonscription Sud-Ouest, tente d’intervenir dans un débat désormais archi classique à BFM TV (1) prennent valeur de symbole du gouffre qui sépare ceux qui font l’Europe de ceux qui la subissent. L’Europe, à l’évidence, n’est pas une affaire populaire. D’abord, le journaliste interrompt David qui se présente, non pas en téléspectateur, mais en candidat de Newropeans : « Je suis désolé. David, si vous partez là-dessus, moi je vais avoir des tas de problèmes avec le CSA, tout le monde, etc. Ça, y faut pas en parler, malheureusement. Je suis ravi pour vous, mais l’égalité s’impose.»

  Mais dans quel pays vivons-nous ? A Cuba ? Dans l’Iran des Mollahs ? Chez les Talibans ? Nous sommes simplement dans la dictature doucereuse, mais bien réelle, que Tocqueville voyait sortir de nos démocraties mollassonnes ? Ah ! Egalité : que de crimes on commet en ton nom ! Ensuite, l’un des intervenants, Michel Foucher, géographe et diplomate, à David qui lui rappelait que 70% des Européens sont contre l’entrée de la Turquie, affirma doctement : « Il y a des circonstances où il faut savoir aller contre l’opinion publique, en fonction d’une vision à long terme. Dans les années cinquante, le traité de Rome n’était pas très populaire, la réconciliation franco-allemande non plus ». Certes, le peuple peut se tromper, surtout si on lui ment. Mais l’histoire nous a montré que les décideurs se trompent aussi. Seulement il faut, à un moment donné, que quelqu’un tranche. Et, en démocratie, c’est nous !

   Or il se trouve que, pour trancher des questions européennes, le peuple n’est pas consulté dans tous les pays, et dans les pays où on le consulte, il n’est pas consulté dans tous les cas. Pire, nous constatons aussi que, là où il est consulté, c’est comme à l’école: il faut qu’il réponde comme l’élite le veut, sinon il est puni et doit revoter. On le voit, ce ne sont pas les excès démocratiques qui étouffent les dirigeants nationaux en Europe.

   Ne nous étonnons pas, sachant cela, que l’abstention soit de plus en plus forte, dans les scrutins européens, comme David Carayol le rappela à ses interlocuteurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les adhérents au mouvement Newropeans se sont fixés, en priorité, de rendre l’Europe démocratique par toutes sortes de moyens, comme :

"Ratifier systématiquement les principales évolutions des traités communautaires, et en particulier les élargissements, par des référendums transeuropéens,

Rapprocher géographiquement les institutions européennes des citoyens en les décentralisant,

Créer une procédure d’évaluation décennale du système politique et administratif communautaire, indépendante des institutions exécutives, législatives et judiciaires. »

   Car, prenons-y garde, l’Europe telle qu’elle est façonnée, hors peuples, si j’ose dire, n’est pas inéluctable et pourrait se briser, faute, justement, d’ une adhésion populaire. Et elle pourrait ne pas se briser sans dommages pour nous tous.

SW

(1) voir David Carayol sur BFM tv

http://blogs.newropeans.eu/paris/?p=405

Et la vidéo sur :
http://www.youtube.com/watch?v=gEEgByg8h9M

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15 mai 2009

PS, UMP, Modem: tous copains à Strasbourg

Newropeans_au_parlement   UMP, PS et Modem sont des ennemis irréductibles, n’est-ce-pas ? D’ailleurs si vous habitez à Clermont-Ferrand, comme moi, ou dans l’une ou l’autre de nos belles contrées françaises, vous les voyez s’étriper au Conseil municipal, au Conseil général et régional. De même, au niveau national, les « martinaubrystes » attaquent-ils sans relâche les «xavierbertrandistes ». Quant aux « françoisbayrouistes », ils sont contre tout ce qui est pour et pour tout ce qui est contre. De notre fenêtre, nous avons l’impression que ces messieurs dames ne sont d’accord sur rien.

   Tout ça, c’est valable dans l’hexagone. Mais dès que vous êtes au Parlement européen, à Strasbourg, c’est différent. Les présumés adversaires se retrouvent copains comme cochons et d’accord sur tout ou presque. C’est ce que nous apprend Jean A Johansson, chercheur en sciences politiques. Il s’est livré à une étude sur les votes de nos élus euro beats des trois grands partis français au Parlement européen en 2008. La conclusion est sans appel. « Le groupe du PPE-DE, qui rassemble les partis de centre-droit en Europe (dont l’UMP pour la France) et le groupe PSE (socialistes) ont voté dans le même sens pour 97% des votes par appel nominal (rapports, résolutions) examinés par le Parlement européen. Depuis le début de la dernière mandature, neuf fois sur dix, les groupes où siègent l'UMP, le PS et le Modem votent de manière identique au Parlement européen. Un score digne de la Douma de l'ex Union soviétique. » nous dit le site Internet « L’observatoire de l’Europe » qui donne les résultats, dans le détail, des différents votes (1). C’est très instructif et édifiant.

   Autrement dit, ces trois partis pourraient faire des listes communes pour le 7 juin ; ce serait d’ailleurs plus franc vis à vis des électeurs. Mes chers amis, de droite, de gauche et du centre, vous êtes prévenus : UMP, PS, Modem, c’est blanc bonnet, bonnet blanc. Ils sont d’accord ou en désaccord ensemble pour quasiment tous les votes. De quoi vous faire réfléchir, n’est-ce-pas?

   Pour prendre un exemple dans la circonscription Centre-Auvergne-Limousin, que vous votiez pour l’ex trotskard parachuté Weber, le tranquille Audy ou le toujours hilare Beaupuy, cela revient au même. Comme aurait dit Pierre Desproges : « Etonnant, non ? »

   Maintenant, si vous en avez assez d’être menés en bateau, il vous reste la solution de voter ailleurs, par exemple pour les réformateurs de l’Europe que sont les candidats de Newropeans. Ne comptez pas sur eux pour rejoindre le consensus mollasson que nos trois partis traditionnels ont instauré au Parlement européen. Par contre, comptez sur eux pour voter en fonction de leur vision de l’Europe, en esprits libres.

Serge Weidmann

(1)http://www.observatoiredeleurope.com/Majorites-sovietiques-au-Parlement-europeen-l-etude-qui-derange_a1162.html

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13 mai 2009

L'Europe de Jean-François Revel

L’intervention ci-dessous est de Jean-François Revel ; elle date de 1997. L’auteur participait à un colloque ayant pour thème l’Europe, organisé par la CLES (Convention libérale économique et sociale) créée par Raymond Barre dont le président, à l’époque, était Charles Millon.
J’ai procédé à certains endroits à une remise en forme du texte enregistré, à l’origine sous forme de langage parlé, d’où les expressions entre parenthèses. Je n’ai pas transcris certaines redondances ou anecdotes pour ne pas l’alourdir.
Que l’ami Revel, qui nous regarde du paradis des philosophes, veuille bien me pardonner.  SW

************

Revel_et_l_Europe   La communauté européenne est née de deux faits majeurs. Le premier besoin que l’Union européenne cherche à satisfaire, c’est l’élimination des guerres intérieures en Europe. L’inspiration fondamentale, c’est en finir avec ces conflits internes à l’Europe qui ont marqué aussi bien le 19ème que le 20ème siècle. Le second : construire un contrepoids à la super puissance américaine qui est la seule grande puissance mondiale après l’effondrement de l’URSS. Eventuellement : construire un contrepoids à de futures grandes puissances : la Chine, l’Inde, éventuellement le Brésil.

   Concernant le premier point, (rappelons que) nous sommes, nous autres Européens, responsables de deux guerres mondiales. De la première sont sortis les pires fléaux de l’Histoire du 20ème siècle, c’est à dire la totalité des totalitarismes soit, par ordre chronologique, le bolchevisme stalinien, le fascisme, le nazisme, le salazarisme, le franquisme et, chez nous, le pétainisme, qui sont dus au fait que les situations issues de la première guerre mondiale ont été mal réglées. D’où l’éclatement de la seconde guerre mondiale qui a permis d’imposer l’idée européenne, qui existait déjà, mais dont le concept s’est imposé d’une manière plus précise et plus urgente.

Lire la suite

http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2009/05/11/13692148.html

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11 mai 2009

Bernard Kouchner va voter pour Newropeans

87616_bernard_kouchner_et_sa_compagne_637x0_1_copie   Bernard Kouchner, notre ministre des Affaires étrangères, est-il un grand naïf ou joue-t-il à l’idiot de service ? Dans une interview au journal Le Parisien, il commence par avouer qu’il ne sait pas pour quelle liste voter aux européennes : « J’attends de voir les programmes » dit-il. Apparemment celui de la majorité, dont il fait maintenant partie, n’a pas l’air de l’emballer plus que ça. Ensuite, il remarque que, face à cette élection, « les gens ne semblent pas passionnés, et c’est dommage. »

   Notre « french doctor » n’a pas vu que les Français sont comme lui. S’ils ne se passionnent pas pour cette campagne, c’est que les partis en course parlent de tout, sauf de notre avenir en Europe. Comme s’ils n’avaient rien à dire sur le sujet et qu’ils s’étaient résignés à la soupe bruxelloise actuelle qui n’est, pour eux, pas si mauvaise à avaler que cela.

   Et bien, Monsieur le ministre, j’ai le plaisir de vous apprendre que les candidats de Newropeans ont, eux, beaucoup de choses à dire à propos de l’Europe de demain: sur sa démocratisation, la réforme de ses institutions, les mille et une manières d’intéresser et de faire participer les peuples à sa vie de tous les jours, le rôle qu’elle peut jouer dans le développement et l’emploi.

   Allez donc vous informer sur leurs sites Internet et lire les seize propositions qu’ils font pour l’Union européenne. Nul doute que cela vous passionnera plus que les dérisoires bavardages franco-français qui sévissent ces temps-ci et, qui sait, vous aurez sans doute envie de voter pour leurs candidats.

Serge Weidmann

Post scriptum: Le Figaro d'aujourd'hui lundi 11 mai m'apprend que, finalement, Kouchner votera pour Barnier. Voilà une décision bien rapide, les programmes électoraux n'ayant pas été bouleversés en deux jours. Le beau Bernard a dû se faire "souffler dans les bronches" par Sarkozy, ce week-end. Dernière question concernant la liste pour laquelle Kouchner votera: Barnier sait-il pour quelle liste voter? Et Rachida Dati, qui se présente en seconde position, sait-elle qu'on vote le 7 juin prochain?

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10 mai 2009

Vent d'Europe avec Newropeans

Europe_et_grippe  Contacté par David Carayol, coordinateur pour la France de la campagne de Newropeans, j’ai accepté de figurer sur la liste que les « nouveaux européens » comptent présenter aux électeurs de la grande circonscription Centre-Auvergne-Limousin, le 7 juin prochain. Et dont Philippe Micaelli est la tête de liste.

   J’ai toujours été conscient que l’Europe était notre avenir, si nous voulons peser dans les affaires internationales et ne pas nous contenter d’être une puissance moyenne, sans grand rayonnement.

   Mais pas une Europe comme celle que nous ont mitonnée les caciques de Bruxelles, qui manque singulièrement de démocratie, de puissance et de panache. Je ne veux plus des lobbies divers qui font le siège des commissaires, des députés et des fonctionnaires, pour obtenir argent et droits divers. Je ne veux plus du pouvoir des technocrates bruxellois qui s’introduit dans les petites choses de notre vie.

   Je veux une Europe qui traitera des problèmes graves du moment, chômage et emploi, en mettant en place un plan d’urgence pour les chômeurs, en favorisant les coopérations dans la recherche, la formation, le financement des entreprises. La salamandre, image de l’Europe des vingt-sept et symbole de notre mouvement, nous rappelle que, devant l’adversité, il faut garder la confiance et la paix de l’âme. J’ai confiance dans les nouveaux européens et dans l’Europe. A bientôt car la campagne commence.

Serge Weidmann

Vous pouvez visiter les différents sites de Newropeans  en cliquant sur leur nom dans la catégorie "Européennes 2009" créée dans la colonne de droite de ce blog.

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05 mai 2009

Le défi européen

JJSS_Europe   Dans un mois, vous élirez vos représentants au parlement européen. Quels sont aujourd’hui les enjeux, les défis que nous devons relever et pour lesquels l’Europe doit être le levier le plus efficace ?

   L’avenir est écrit dans le passé. Les mentalités, finalement, changent moins qu’on ne le croit, hélas ! Il y a vingt ans, quasiment jour pour jour, Jean-Jacques Servan-Schreiber écrivait un article dans le quotidien national, depuis disparu, « Le Matin de Paris » qui a des résonnances bien actuelles. Intitulée « La grande peur de l’Europe » l’intervention de l’ex président (il venait d’en démissionner) du Parti radical nous paraît, dans plusieurs paragraphes, écrite pour les Français de 2009. Jugez-en :

   «… La réalité, c’est qu’il faut faire l’Europe au lieu d’en avoir peur…Les Français savent, ou ressentent qu’ils sont entrés dans une phase critique de leur histoire, et plus concrètement, de leur vie…
Comment vivre, avec quel salaire, par quel travail, demain, face aux Américains, aux Japonais, aux Coréens, aux Brésiliens qui montent à l’assaut et répandent ici chômage et restrictions ? Comment vivre aujourd’hui avec des enfants de douze ans, de vingt ans, dont on ne voit ni de près ni de loin, ce qu’ils pourront faire de leur intelligence, de leur courage, de leur talent ? Telles sont, vivement, les interpellations qui frappent chaque foyer français, sans exception.
Telle est la raison même pour laquelle l’Europe –unie, organisée, volontariste, l’Europe du salut public - a cessé d’être un mythe … pour devenir une nécessité et notre chance… »

   Puis JJSS stigmatise la« grande peur des bien-pensants », qui, aujourd’hui n’est plus faite de frilosité mais d’un désir conservateur de gérer l’Europe à la petite semaine entre élus politiquement correct et technocrates coupés de la réalité. Et il a cette phrase, qui décrit si bien l’attitude de nos (fausses) élites : « A chacune de ces échéances, on cherche refuge derrière le dénominateur commun que l’on croit confortable et solide, et qui soude les caciques entre eux : le mépris des Français. »

   Nous y sommes toujours vingt ans après. Ceux qui, hier, avaient la frousse de l’engagement européen se sont précipités depuis, dans une fuite en avant, à l’ouverture tous azimuts vers des pays qui n’ont rien à y faire, à l’infinie production de lois et de directives qui paralysent toute initiative. Pour nous, les peuples européens, l’Europe est devenue inintelligible, lointaine et comme étrangère, au lieu d’être notre chance et notre moyen de lutter contre la concurrence mondiale. Seuls les lobbys bien organisés et agressifs y trouvent leur compte. Le jeune à la recherche d’un stage, d’un travail, d’une aide n’a pas grand chose à espérer de ce machin qui ne sait que fabriquer les contraintes les plus ubuesques à jet continu.

   Et ce ne sont pas les partis officiels qui y changeront quelque chose. Ce qu’ils veulent : avoir plus de voix que le soi-disant adversaire national, caser quelques politiciens en préretraite et leur offrir une autre sinécure. Leurs professions de foi, sensées répondre concrètement à nos problèmes, ne sont que charabia électoraliste, novlangue à peine recyclée pour la cause, belles formules creuses. Allez les lire sur leurs sites Internet pour être édifiés. Comment faire de l’Europe une union, une puissance, une ressource, un espoir ? Cherchez ailleurs. C’est justement de cet ailleurs que nous vous parlerons au cours des prochaines semaines.

SW
Photo : Jean-Jacques Servan-Schreiber (Bureau Sygma)

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