Europe__lites_et_peuples  Pour nos élites technocratiques, il semblerait que rien de ce qui touche à l’Europe ne saurait être soumis à la décision des peuples. Ou alors le moins possible et avec beaucoup de précautions. Comme si leur belle construction n’était pas destinée à être ratifiée, critiquée, jugée, par les manants que nous sommes.

   Les quelques minutes pendant lesquelles notre ami David Carayol, qui conduit la liste de Newropeans dans la circonscription Sud-Ouest, tente d’intervenir dans un débat désormais archi classique à BFM TV (1) prennent valeur de symbole du gouffre qui sépare ceux qui font l’Europe de ceux qui la subissent. L’Europe, à l’évidence, n’est pas une affaire populaire. D’abord, le journaliste interrompt David qui se présente, non pas en téléspectateur, mais en candidat de Newropeans : « Je suis désolé. David, si vous partez là-dessus, moi je vais avoir des tas de problèmes avec le CSA, tout le monde, etc. Ça, y faut pas en parler, malheureusement. Je suis ravi pour vous, mais l’égalité s’impose.»

  Mais dans quel pays vivons-nous ? A Cuba ? Dans l’Iran des Mollahs ? Chez les Talibans ? Nous sommes simplement dans la dictature doucereuse, mais bien réelle, que Tocqueville voyait sortir de nos démocraties mollassonnes ? Ah ! Egalité : que de crimes on commet en ton nom ! Ensuite, l’un des intervenants, Michel Foucher, géographe et diplomate, à David qui lui rappelait que 70% des Européens sont contre l’entrée de la Turquie, affirma doctement : « Il y a des circonstances où il faut savoir aller contre l’opinion publique, en fonction d’une vision à long terme. Dans les années cinquante, le traité de Rome n’était pas très populaire, la réconciliation franco-allemande non plus ». Certes, le peuple peut se tromper, surtout si on lui ment. Mais l’histoire nous a montré que les décideurs se trompent aussi. Seulement il faut, à un moment donné, que quelqu’un tranche. Et, en démocratie, c’est nous !

   Or il se trouve que, pour trancher des questions européennes, le peuple n’est pas consulté dans tous les pays, et dans les pays où on le consulte, il n’est pas consulté dans tous les cas. Pire, nous constatons aussi que, là où il est consulté, c’est comme à l’école: il faut qu’il réponde comme l’élite le veut, sinon il est puni et doit revoter. On le voit, ce ne sont pas les excès démocratiques qui étouffent les dirigeants nationaux en Europe.

   Ne nous étonnons pas, sachant cela, que l’abstention soit de plus en plus forte, dans les scrutins européens, comme David Carayol le rappela à ses interlocuteurs. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle les adhérents au mouvement Newropeans se sont fixés, en priorité, de rendre l’Europe démocratique par toutes sortes de moyens, comme :

"Ratifier systématiquement les principales évolutions des traités communautaires, et en particulier les élargissements, par des référendums transeuropéens,

Rapprocher géographiquement les institutions européennes des citoyens en les décentralisant,

Créer une procédure d’évaluation décennale du système politique et administratif communautaire, indépendante des institutions exécutives, législatives et judiciaires. »

   Car, prenons-y garde, l’Europe telle qu’elle est façonnée, hors peuples, si j’ose dire, n’est pas inéluctable et pourrait se briser, faute, justement, d’ une adhésion populaire. Et elle pourrait ne pas se briser sans dommages pour nous tous.

SW

(1) voir David Carayol sur BFM tv

http://blogs.newropeans.eu/paris/?p=405

Et la vidéo sur :
http://www.youtube.com/watch?v=gEEgByg8h9M