Vent d'Auvergne

Un regard libre et libéral sur l'actualité

27 avril 2009

L'union européenne: un machin ou une machine?

   affichesenbo2329_a0f15L’Europe est une de mes vieilles passions mais une passion aujourd’hui éteinte. Ce que j’avais pris pour l’avenir radieux de l’Occident moderne est devenu une forme de cauchemar politique. La belle princesse qui séduisit Zeus, le Dieu des dieux, s’est transformée en une horrible sorcière comme dans un conte de fées qui tourne mal.

   Un parlement trop politiquement correct à mon goût (voir la façon dont il traita l’orateur invité Vaclav Klaus, président tchèque), machine destinée à recycler les politiciens au rancart et à leur offrir une existence de nababs à nos frais, une commission technocratique qui pond des préconisations à qui mieux mieux, plus folles les unes que les autres. Le tout fonctionnant selon des textes compliqués, des usines à gaz constitutionnelles, ignorant toute subsidiarité, rognant à tout va les prérogatives des états.

   L’Europe, l’Europe, l’Europe ! C’est un machin sans âme, ennuyeux et pénible, qui gère l’économique, c’est à dire notre vie de tous les jours, ignorant tout ce qui constitua, dans le passé, l’esprit européen. Fi des références chrétiennes, fi de la grandeur, fi de la démocratie, fi des peuples ! Le monstre avance, aveugle et sourd, sans savoir qui il est et ce qu’il veut. Aussi absorbe-t-il et digère –t-il les patries les unes après les autres. Il ne connaît nulle limite : demain la Turquie en voie d’islamisation, pourquoi pas la Chine après demain puisqu’il n’y a pas de critères d’appartenance. D’ailleurs, en introduire, ne serait-ce pas faire de la discrimination, mot honni qui sent son fasciste d’une lieue?

   Sous sa coupe, frères humains qui en Europaland vivez, nous ne sommes plus des hommes libres mais des assistés. Elle nous nourrit, nous verse notre argent de poche (on appelle cela des subventions), nous console quand ça va mal. Ah ! « l’Europe qui protège », seul slogan qui émerge dans cette triste campagne électorale. Mais où sont donc les citoyens de l’Europe, ses forces vives, ses âmes fortes ? L’Europe n’est-elle plus qu’un asile pour vieillards de tous âges ?

   Quelques irréductibles, pourtant, rêvent encore d’une Europe démocratique, d’une Europe d’hommes responsables, d’une Europe pour laquelle on se bougerait, ne serait-ce qu’en quittant ses pénates pour aller voter le sept juin prochain. Ce sont les militants du mouvement Newropeans qui essaient de se présenter à nos suffrages dans le plus grand nombre de pays, y compris en France. Chez nous, ils seront présents dans toutes les circonscriptions sauf, hélas, dans la nôtre, celle du Centre, Auvergne, Limousin.

   On peut adhérer ou non aux seize points de leur programme. Je trouve ce dernier un peu trop constructiviste (mais pourquoi les libéraux, que je suis prêt à soutenir, se contentent-ils du magistère de la parole ?) cependant je reconnais à ces nouveaux venus le mérite de mettre la construction européenne sur ses pieds, de faire de la politique autrement et de briser le ronron des grands partis « euro beats » pour parler comme un certain vicomte vendéen qui, lui aussi, en brandissant le drapeau de la « Libertas », risque de faire quelques ravages.

SW

Concernant Newropeans, deux sites sont à visiter :

www.newropeans-magazine.org/
et le site de campagne du mouvement en France :
http://www.newropeans.eu/index.php?lang=fr

Pour Libertas, voyez le site de campagne et ses liens :

http://www.libertas2009.fr/
 
 

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19 avril 2009

Nationalisons les infirmières

Infirmi_re   Vous avez dit « professions libérales »? Dans notre pays, nous appelons « professions libérales » les professions intellectuelles ou médicales exercées par des indépendants. Le terme libéral renvoie à la notion de liberté. En ce qui concerne les professions médicales, cette liberté était déjà toute relative. Imaginez un métier dont l’essentiel de la profession est soumis à un régime où des actes et leurs tarifs sont réglementés uniformément. Que vous soyez à Paris, expérimenté et à la pointe des dernières innovations, attentif au malade en lui accordant une demi-heure, ou que soyez dans le Cantal, novice, et n’accordant que dix minutes au patient, vous relevez, malgré la grande différence de coûts et de qualité de service, du même tarif.

   Ces tarifs ne sont d’ailleurs pas dans l’intérêt objectif du patient car ils amènent à des effets pervers. Les soins préventifs sont peu rémunérateurs pour les praticiens, et donc parfois délaissés, alors qu’ils devraient être encouragés car même fortement augmentés leurs tarifs seront toujours plus économiques que les lourdes interventions. Ces réglementations rigides sont un frein à l’innovation technique et à la qualité des soins.

   Depuis de nombreuses années se pose le problème de la désertification médicale en certaines zones, rurales ou peu attrayantes. Certains décideurs, adeptes d’une tradition dirigiste, croyant plus dans la coercition que dans l’observation des comportements libres et spontanés, ont très vite proposé l’instauration d’une « carte médicale ». Nous venions à peine d’assouplir une « carte scolaire », inefficace et porteuse d’inégalités et de passe-droits, que nous allons appliquer à un autre domaine essentiel la même mauvaise soupe, encore une fois sous le prétexte bien commode et bien vide de la justice sociale ou autre intérêt général.

   La liberté d’installation, rare liberté des professions médicales à avoir été jusque là sauvegardée était alors sur la sellette. Voilà que l’assaut final réglementaire est déclenché. La liberté d’installation des infirmières est désormais réduite. Elles ne pourront plus s’installer dans certaines régions jugées trop bien fournies, et devront s’installer dans des régions moins bien dotées avec l’octroi de quelques subsides.

   Une des raisons invoquées, est qu’il faudrait protéger la valeur de la clientèle des infirmières en diminuant la concurrence. Je n’y vois pas l’ombre de l’intérêt général, mais plutôt celui d’un intérêt bien particulier et bien compris. On connaissait le phénomène des fiefs occupés par des notaires, des huissiers et des pharmaciens. Existera désormais celui des infirmières en attendant celui des médecins.

   Autre raison: éviter qu’une infirmière s’installe dans une zone bien fournies afin qu’elle échappe à des difficultés financières. Si cette infirmière offre un service d’une qualité jugée supérieures par les patients à ceux d’une infirmière déjà installée, elle fera son chemin au bénéfice des patients, et obligera les infirmières déjà installées à améliorer leur service. Si l’on prenait cet argument comme valide, pourquoi ne pas l’appliquer aux restaurants, aux marchands de chaussures, et à tout autre commerce ou industrie ? L’entrepreneur est le plus à même de savoir si son projet est viable et nul n’a le droit de l’empêcher de le réaliser sous prétexte de le faire dans son bien. Sinon, la porte est ouverte à l’arbitraire, et le gouvernement décidera, pour votre bien, de votre profession, de votre lieu de vie, et de tout le reste.

   On imagine déjà en outre déjà les passe-droits et combines qui vont naître afin que les plus habiles ou les plus introduits bénéficient de l’affectation souhaitée. Les autres devront aller à regret, voire à contre-cœur s’installer dans une des zones désignées. Non seulement cela risque de freiner les vocations d’infirmières, quand dans le même temps on prétend qu’il en manque, et d’autre part une personne s’installant dans ces conditions risque de ne pas assurer la même qualité de service qu’en présence d’une installation choisie.

   La solution la plus respectueuse de la liberté et de la qualité des soins est la libéralisation de l’exercice de médecin ou d’infirmière. Au lieu d’un tarif unique, la liberté de prestation permettrait un nouvel attrait à l’installation en zone délaissée. Ainsi, un médecin pourrait par exemple facturer sa prestation non pas uniformément 27 euros mais peut-être 25 euros au cabinet, le déplacement étant facturé notamment selon la distance réelle parcourue, ou encore plus ou moins cher selon le temps et la technicité de la consultation… La liberté d’initiative permettrait à un médecin installé dans ces zones délaissées d’obtenir une rémunération attractive en assurant au patient une bonne présence médicale locale à un coût raisonnable.

   Le système qui ne fait pas confiance à l’individu est un système aux pieds d’argile et incapable de s’adapter aux multiples réalités et aux innovations.
La  France a malheureusement pour la santé, comme pour beaucoup d’autres domaines, choisi ce système.

Florent Belon

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07 avril 2009

La Turquie en Europe: c'est oui ou c'est non?

islamisme_15_11_06  Le nouveau président des Etats-Unis s’est prononcé récemment, à deux reprises, pour l’adhésion de la Turquie à l’Union européenne. A ceux, dont je suis, qui seraient tentés de le lui reprocher : « De quoi je me mêle ? les Européens ne demandent pas aux USA d’accepter le Mexique comme 51ème état ! », Barak Obama répond par avance : « C’est vrai…ce n’est pas à nous de prendre une décision, cela n’empêche pas d’avoir une opinion. » Il est vrai que, de leurs côtés, les dirigeants et citoyens de l’Europe, Français en tête, n’ont jamais manqué de dire aux Américains, à propos de tout et de rien, ce qu’ils devaient faire ou ne pas faire. George Bush en sait quelque chose. D’où la réponse du berger à la bergère.

   Cette prise de position d’Obama a eu au moins un effet important : la fin de non recevoir de Nicolas Sarkozy qui a (ré ?) affirmé son opposition à l’entrée de la Turquie dans l’UE. Intervention bienvenue car nous commencions à douter de la détermination de notre président dans cette affaire. Aussi nous voulons croire cette opposition sincère et définitive. Et nous attendons que les candidats de l’UMP au Parlement européen prennent, eux aussi, au cours de la campagne électorale qui débute, une position claire et définitive sur les relations Europe-Turquie. Au besoin, posons leur la question pendant les réunions électorales. 

   Parce que, ces derniers temps, les initiatives françaises plaidaient plutôt pour un changement de politique de nos dirigeants, changement favorable à l’entrée de la Turquie dans l’Europe. D’abord, Nicolas Sarkozy, pendant qu’il présidait l’ UE, non seulement n’a pas mis un terme au projet d’adhésion, mais a accepté d’ouvrir huit nouveaux chapitres de négociation avec vote des crédits afférents. D’autre part, la réforme constitutionnelle, votée en juin 2008 par le Parlement, a supprimé la tenue d’un référendum pour l’entrée de tout nouveau pays dans l’UE.

   Mais pour que nous soyons totalement rassurés, il faudrait cesser de pratiquer l’équivoque et que les paroles et les actes de notre président soient au diapason.


SW

Le dessin illustrant l'article est de David Miège. Ses dessins paraissent dans le site "Les 4 Vérités". Voir dans les liens.

Posté par ventdauvergne à 18:49 - Europe 2009 - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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