Vent d'Auvergne

Un regard libre et libéral sur l'actualité

25 mars 2009

Les irréductibles Suisses font de la résistance

Gen_ve« Secret bancaire et évasion fiscale : l’argent caché, c’est fini !! » titre Le Figaro Magazine de ce week-end. Les états, France en tête, en même temps qu’ils jouent les professeurs de morale, espèrent bien récupérer des millions d’euros sur les comptes des « évadés ».
   La fin des paradis fiscaux est donc programmée. Mais, hélas ! personne ne songe à s’attaquer aux enfers fiscaux. Pourtant, il serait bienvenu de s’aviser s’il n’y aurait pas comme une relation de cause à effet entre ces derniers et les premiers.

   En vacances à quelques dizaines de kilomètres de la frontière suisse, je profite d’une « grève des quotidiens nationaux » comme il est écrit sur une affichette chez mon marchand de journaux, vendredi dernier -en fait, il s’agit d’une grève de la nomenklatura cégétiste des messageries, nuance !-  pour me plonger dans la lecture du quotidien genevois : Le Temps.
Nos voisins helvétiques sont très divisés sur la fin du secret bancaire. Les attaques internationales contre leur place financière en font bondir plus d’un. Exemples :

Michel Yagchi et Frank Guemara, deux ex-banquiers genevois devenus indépendants, brandissent le drapeau de la révolte. Ils ont acheté un quart de page dans les journaux pour exprimer leur indignation: « Secret bancaire : céder à  des menaces ne peut qu’encourager ceux qui nous menacent à nous faire céder davantage ! Ça suffit !! »

Marie-Hélène Miauton, chroniqueuse au Temps, dans un article intitulé : « Le marteau et l’enclume », délivre un message des plus réjouissants dans lequel elle s’en prend à l’hypocrisie des responsables de l’Union européenne, à la pusillanimité de ses compatriotes suisses qu’elle exhorte à assumer leur différence, et aux élus de son pays à qui elle conseille de jouer la, proverbiale, lenteur suisse face à la pression internationale. Une anecdote vécue, située au début de son article, que vous pourrez lire en totalité dans « Les bonnes feuilles de Vent d’Auvergne » (1), vaut son pesant d’or, à tous les sens du terme.

La résistance helvétique existe, comme on peut le constater et, à Vent d’Auvergne, nous ne pouvons que nous en réjouir. Vive la Suisse…libre !

S W

(1) http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2009/03/25/13129030.html

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17 mars 2009

Quand Barroso veut vendre du "bas rosé"

  Barros_Si la bêtise était une maladie mortelle, il ne resterait plus grand monde à la Commission de Bruxelles. De toutes les décisions qu’elle prend dans les domaines les plus divers –car nul, où qu’il vive et quoi qu’il fasse en Europe, ne saurait lui échapper- celle consistant à autoriser la réalisation de vin rosé par mélange de vin blanc avec du vin rouge est une des plus « croquignolesques » et des plus traîtres pour la viticulture française de qualité. Voilà comment les hommes de M. Barroso ont inventé le « bas rosé ».

   Les vins rosés de chez nous n’ont pas toujours eu bonne presse. Ils furent longtemps méprisés des gastronomes. Ces derniers laissaient aux béotiens le soin de les boire, d’autant que ceux-ci semblaient persuadés que ce type de vin « allait avec tout ». C’était ignorer certains fleurons, la noblesse des vins rosés nationaux comme celui du pays des Riceys dans l’Aube qui figurait en bonne place sur la table de Louis XIV ou ceux d’Anjou. C’était ne pas voir, en outre, le progrès technique en œnologie. Depuis quelques années, les viticulteurs de Provence, des Côtes du Rhône, du Bordelais ont mis sur le marché des rosés de grande, voire de très grande valeur. Bref, c’est au moment où ces vins sortent du ghetto et deviennent dignes des palais les plus difficiles que les technocrates de Bruxelles veulent les dénaturer, comme ils l’ont fait, il y a quelques années, avec le chocolat.

   Il paraît que de tels tripatouillages œnologiques permettraient d’abreuver les habitants des pays émergents, comme les Chinois, et développer nos exportations. Il est vrai que vendre de telles bibines à des gens qui envahissent nos marchés de produits contrefaits, de jouets empoisonnés et de fauteuils qui brûlent les cuisses pourrait constituer une forme de justice immanente. Il est vrai également que certaines grandes maisons de chez nous, notamment en Champagne, ont montré le mauvais exemple. En fabriquant du champagne rosé par ajout de vin rouge des Coteaux champenois au champagne « blanc », elles ont ouvert une sorte de boîte de Pandore.

   Il n’empêche que si l’Europe, dont certains thuriféraires nous vantent journellement les soi-disant mérites, en arrive à autoriser de telles inepties, nous pouvons légitimement nous interroger sur la pertinence de sa construction et la poursuite de son action. La Commission de Bruxelles a fait là un pas de clerc supplémentaire qui risque de gonfler les voiles des listes eurosceptiques pour l’élection au Parlement, en juin prochain. J’entends d’ici les ricanements d’aise de Declan Ganley et Philippe de Villiers. Et les soupirs des « cabris ».

S Weidmann

La photo est extraite du site: http://www.laprovence.com

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06 mars 2009

Le libéralisme, voilà l'ennemi !

   AlainJoyandet20080929L' intervention d’Alain Joyandet, Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie (1), hier soir, à Chamalières, devant les militants de l’UMP, fut un hommage à la pensée unique qui règne aujourd’hui en France.

   Il est piquant, voire paradoxal, dans notre pays, de constater que des chefs d’entreprise (ce qu’a été et reste Alain Joyandet) conspuent l’ « ultralibéralisme », défendent l’intervention de l’Etat dans l’économie, tandis que des étudiants et des fonctionnaires, professeurs d’Université (2), se battent pour la société civile, l’état minimum et l’économie de marché.

   C’est ainsi que nous eûmes droit, de la part de cet entrepreneur franc-comtois, à l’affirmation (fausse) que la crise économique actuelle venait du système privé (3) et qu’elle était combattue heureusement par le système public,  puis à une charge contre les riches, que je croyais jusqu’ici être l’apanage de M. François Hollande et de ses amis socialistes. « Il y a trop de richesses dans les mains de quelques uns » lança le Secrétaire d’Etat, en fustigeant en passant Bill Gates, comme l’aurait fait le premier gauchiste venu.

   Parmi les raisons qui poussent certains responsables de l’UMP à critiquer un libéralisme qualifié, par une grande partie du microcosme politique, d’ « ultra », il y a la peur (avouée) de l’extrême gauche. Très franchement, Joyandet nous dit que défendre le libéralisme, c’est s’exposer à la violente contradiction de M. Besancenot et risquer de voir les Français, en grand nombre, le croire et voter pour lui. Aveu terrible : aujourd’hui comme hier chez nous, c’est l’extrême gauche qui impose sa vision du monde et ses adversaires n’osent pas l’affronter ni même la contredire.

   Mais à faire autant de concessions à l’ennemi, à renoncer au travail d’analyse des causes réelles de la crise économique actuelle, à mettre ses idées sous le boisseau et son drapeau dans sa poche, la droite se condamne à apporter de mauvaises solutions à nos problèmes et à voir, à terme, une partie de son électorat, faute de l’existence d’une formation politique libérale forte en France, se réfugier dans l’abstention ou dans le vote protestataire.

SW

(1)Voir le site d’Alain Joyandet :
http://www.joyandet.fr/site/

(2)Je pense notamment à Garello, Salin, Lemennicier, Bramoullé, Naudet, Caccomo et d’autres…

(3)Lire, à propos de la crise économique, dans Vent d’Auvergne :
http://ventdauvergne.canalblog.com/archives/2008/10/10/10902420.html
http://ventdauvergne.canalblog.com/archives/2009/02/01/12318355.html
 

Posté par ventdauvergne à 17:26 - Politique - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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