AlainJoyandet20080929L' intervention d’Alain Joyandet, Secrétaire d’Etat chargé de la Coopération et de la Francophonie (1), hier soir, à Chamalières, devant les militants de l’UMP, fut un hommage à la pensée unique qui règne aujourd’hui en France.

   Il est piquant, voire paradoxal, dans notre pays, de constater que des chefs d’entreprise (ce qu’a été et reste Alain Joyandet) conspuent l’ « ultralibéralisme », défendent l’intervention de l’Etat dans l’économie, tandis que des étudiants et des fonctionnaires, professeurs d’Université (2), se battent pour la société civile, l’état minimum et l’économie de marché.

   C’est ainsi que nous eûmes droit, de la part de cet entrepreneur franc-comtois, à l’affirmation (fausse) que la crise économique actuelle venait du système privé (3) et qu’elle était combattue heureusement par le système public,  puis à une charge contre les riches, que je croyais jusqu’ici être l’apanage de M. François Hollande et de ses amis socialistes. « Il y a trop de richesses dans les mains de quelques uns » lança le Secrétaire d’Etat, en fustigeant en passant Bill Gates, comme l’aurait fait le premier gauchiste venu.

   Parmi les raisons qui poussent certains responsables de l’UMP à critiquer un libéralisme qualifié, par une grande partie du microcosme politique, d’ « ultra », il y a la peur (avouée) de l’extrême gauche. Très franchement, Joyandet nous dit que défendre le libéralisme, c’est s’exposer à la violente contradiction de M. Besancenot et risquer de voir les Français, en grand nombre, le croire et voter pour lui. Aveu terrible : aujourd’hui comme hier chez nous, c’est l’extrême gauche qui impose sa vision du monde et ses adversaires n’osent pas l’affronter ni même la contredire.

   Mais à faire autant de concessions à l’ennemi, à renoncer au travail d’analyse des causes réelles de la crise économique actuelle, à mettre ses idées sous le boisseau et son drapeau dans sa poche, la droite se condamne à apporter de mauvaises solutions à nos problèmes et à voir, à terme, une partie de son électorat, faute de l’existence d’une formation politique libérale forte en France, se réfugier dans l’abstention ou dans le vote protestataire.

SW

(1)Voir le site d’Alain Joyandet :
http://www.joyandet.fr/site/

(2)Je pense notamment à Garello, Salin, Lemennicier, Bramoullé, Naudet, Caccomo et d’autres…

(3)Lire, à propos de la crise économique, dans Vent d’Auvergne :
http://ventdauvergne.canalblog.com/archives/2008/10/10/10902420.html
http://ventdauvergne.canalblog.com/archives/2009/02/01/12318355.html