21 février 2009
Le vrai visage du logement social (iste)
Le logement social est un sujet d’actualité, le logement étant un sujet de préoccupation essentiel des Français, d’autant plus qu’il dispose d’un aspect protecteur en temps de crise. Et la loi « logement et lutte contre l’exclusion » est en cours de discussion au Parlement, ce qui cause beaucoup d’émotion au sein du système Godard.
On peut critiquer de nombreuses dérives du logement social. Vétusté, mauvaise gestion, inefficacité injustice et clientélisme dans leur attribution, voilà les nombreux maux qui font que les plus modestes, au nom desquels on a pendant de longues années justifié le logement social, ne bénéficient pas de cette manne comme ils seraient en droit de l’attendre.
A Clermont-Ferrand les résultats ne sont pas satisfaisants alors que 30% de l’habitat est constitué par le logement social. Doit-on passer à 40 ou 50% pour aboutir à des résultats concluants ? Bien sûr que non, le pourcentage ne fait rien à l’affaire tant que la même gestion perdure.
La loi « logement et lutte contre l’exclusion sociale », si elle n’est pas parfaite, a au moins le courage de rendre plus juste le logement social en révisant l’attribution des logements périodiquement en fonction des ressources et du nombre de membres du foyer. Un cadre n’a pas à voir son logement subventionné par les impôts du smicard qui est lui sur liste d’attente pour l’attribution d’un logement social , ou un couple dont les enfants ont quitté le foyer n’a plus à disposer d’un F6 dans le logement social.
Mais voilà que la loi « Boutin » est le révélateur du vrai visage du logement social à Clermont-Ferrand. Monsieur Adenot dans le journal Info en date du 09 février 2009 nous annonce qu’il y a deux notions du logement social, le mauvais, celui qui est concentré sur les plus modestes (ils apprécieront), et le bon, le « républicain », qui est accessible à tous « à un moment d’une vie, sans critère de revenus ».
Mais quels sont les critères alors? Le clientélisme assurément. L’argent public est-il si abondant que l’on peut subventionner le logement de l’ensemble des Clermontois, puisqu’il n’y a plus de critères ? Les comptes municipaux disent le contraire. Les modestes ne doivent-ils pas être ceux sur lesquels la solidarité doit se concentrer ? Les socialistes jettent aux orties la seule justification légitime qu’ils pouvaient apporter au logement social. Seul les intéresse le pouvoir d’influence et d’argent que le logement social leur apporte. Et la loi « Boutin » vient menacer cette rente qui leur est tant profitable au moment même où la municipalité vacille sur ses fondations…
Florent BELON
16 février 2009
Le mammouth SNCF sort ses défenses
Un blog peut être une forme de bombe à retardement. Un article que vous avez écrit il y a un, deux ans ou plus, peut être lu aujourd’hui et devenir source de polémique ou d’ennuis.
Témoin un texte que j’avais mis en ligne en novembre 2005, au moment d’une des nombreuses grèves des agents SNCF. Il s’agissait d’un listing des avantages octroyés au personnel de cette société monopolistique. Ce document, largement diffusé sur le web, n’avait pas été rédigé par mes soins. Je l’avais reçu, comme beaucoup d’internautes, par mél et l’avais mis en ligne dans Vent d’Auvergne. Et je l’oubliai. Il s’avéra que ce texte était largement exagéré, mais comme dit l’autre: « on ne prête qu’aux riches ». Comme il se multipliait sur le net, la SNCF publia une mise au point.
Il y a quelques jours, un employé de cette vénérable société atterrit dans mon blog sur le texte en question et m’écrivit, entre autres, qu’il allait « signaler (mon) article auprès de l'organisme SNCF compétent afin que le service juridique puisse faire le nécessaire.» Mon sang ne fit qu’un tour. La fable de la bonne SNCF et du méchant bloggeur était un peu dure à avaler. C’était trop fort ! Sympathique quand même cet agent qui me dénonce à ses autorités. Faut-il voir là une manifestation de cette « envie de pénal », comme disait Philippe Muray, qui saisit notre société comme une maladie ?
Aussi ai-je décidé de ne pas lâcher la SNCF et de consacrer périodiquement des articles à cette vénérable institution de transport sur rails que le monde entier nous envie et à ses pauvres agents qui ont bien besoin d’être défendus. Inutile d’ailleurs de forcer la note, la simple vérité les concernant est suffisante pour créer l’intérêt, voire le scandale. Vent d’Auvergne parlera du budget de la SNCF, de ses problèmes avec le fret marchandises, des dysfonctionnements dans le service voyageurs. Ses agents ne seront pas oubliés. On regardera si, par hasard, ils ne seraient pas, quand même, un tout petit peu privilégiés ; on sera obligé, et Vent d’Auvergne s’en excuse par avance, de parler des grèves à répétition.
Et pour vous mettre dès maintenant en train –si j’ose ainsi m’exprimer- lisez donc les quatre articles référencés ci-dessous, dont les récentes tribulations d’Anne Courtillé pendant son voyage de Clermont-Ferrand à Paris, vous ne serez pas déçus.
SW
Quand la SNCF déraille en banlieue parisienne Article paru dans Le Figaro
SNCF-MAMMOUTH article de Michel de Poncins paru dans le Québécois libre
La SNCF c'est l'aventure par Anne Courtillé
Halte au racisme: les Guadeloupéens ont les mêmes droits que les cheminots par Claude Reichman
10 février 2009
Ca bétonne dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand
Jean-Pierre Brenas, conseiller municipal d’opposition à Clermont-Ferrand, dans un article récent paru dans son blog (1), a fustigé la politique de bétonnage à tout va des édiles socialistes de la ville. Pour illustrer sa critique parfaitement fondée je voudrais prendre deux exemples concrets dans les quartiers nord, quartiers qui n’ont pourtant pas l’air, à première vue, de souffrir de désertification.
Dans la rue Gilbert Roddier, petite rue tranquille bordée en majorité de pavillons, la circulation automobile pose problème depuis des décennies. Le Rectorat de Clermont a construit, à côté du Centre d’information et d’orientation, un Centre d’examens qui accueille assez régulièrement de nombreux candidats venant y passer examens et concours.
Ces jours-là, des dizaines et des dizaines de voitures se garent comme elles peuvent dans la rue Roddier et dans les rues avoisinantes. Bonjour la circulation. Certes la mairie n’y est pour rien. Ce sont les responsables régionaux du Ministère de l’Education nationale qui n’ont pas prévu, au départ, un parking suffisamment grand pour accueillir leur public. Mais cette situation dure depuis la fin des années quatre-vingts, les élus municipaux, parfaitement au courant des difficultés des habitants de la rue, n’ont jamais bronché. Et voici qu’un terrain en friche se libère à vingt mètres du fameux Centre. Que décident nos édiles ?
De faire un parking de délestage ? Naïfs que vous êtes ! Les parkings ne paient pas d’impôts locaux. Non, ils ont confié à l’OPHIS la construction d’un nouveau bâtiment de trente six logements. Les travaux sont en cours (voir photo 1). On ne va pas s’ennuyer rue Gilbert Roddier dans les années à venir avec cet afflux de population et de circulation.
Dans le même temps, à cinquante mètres de là, rue des Clos, une autre friche va elle aussi disparaître (photo 2). Je n’ai pas la nostalgie des herbes folles, des ronces et des terriers de lapins mais un nouveau bétonnage presque en face du premier, ça devient de l’acharnement. Le Conseil municipal a donné son feu vert à un architecte pour la construction de trente deux logements. Si mes calculs sont justes cela fera au total près de soixante dix logements nouveaux dans une zone, en plus, pas très folichonne : les nouvelles constructions « donneront » rue du Torpilleur Sirocco, rue à quatre voies d’entrée et de sortie de ville, à circulation routière dense, bordée par les lignes du tramway. Bonjour le calme et la tranquillité. Oui mais voilà, contents de leurs logements ou non, les habitants de ces lieux abonderont les finances de la ville qui en ont bien besoin. Des logements nouveaux par ci, des logements nouveaux par là, voilà qui évitera, peut être, dans le futur, à Serge Godard de continuer à spéculer sur le franc suisse (2).
SW
(1) L’urbanisme à Clermont : la densification a tout prix au détriment de la qualité de vie.
(2) Quand Serge Godard spécule sur le franc suisse
04 février 2009
La bombe Tom Cruise n'a pas explosé
Le petit Cruise n’a pas réussi à tuer Hitler, mais il a réussi à mettre les Allemands dans sa poche. En tournant le rôle de Claus von Stauffenberg, l’ officier de la Wehrmacht , chef de file du dernier complot contre le Führer dans le film « Walkyrie », il est peu à peu parvenu à clouer le bec de ses opposants d’outre-Rhin.
On sait la lutte acharnée menée par les autorités allemandes contre l’Eglise de scientologie et donc contre Tom Cruise, un des plus zélés propagandistes de la secte créée par Ron Hubbard. Aussi, quand le projet de film sur l’attentat du 20 juillet 1944 en est arrivé au stade du tournage, le landernau germanique s’est quelque peu agité. Le fils de Stauffenberg a fait savoir qu’il lui était « désagréable qu’un scientologue incarne (son) père ». Une partie de la classe politique a suivi. Une responsable de la CDU a voulu interdire le tournage du film en Allemagne. Un historien (sic) y a même comparé Cruise à Goebbels. Ambiance. Heureusement que, dans la confusion, personne n’a remarqué que la présidente de la société productrice du film s’appelait Wagner !
Et puis les esprits se sont calmés, les caméras se sont installées à Berlin où le film est sorti en avant première. Nos voisins sont, on le sait, plus pragmatiques et moins idéologues que nous. Il était en effet difficile de traiter par le mépris une équipe de cinéastes qui exaltait l’opposition allemande à une dictature totalitaire ayant mis le feu à l’Europe puis au monde. Hommage au courage, à l’esprit de sacrifice, à l’honneur, voilà les vertus qui habitent ces hommes -et ses femmes, car qui s’engageait dans une action contre Hitler risquait sa vie mais aussi celle de sa famille par représailles- et que « Walkyrie » magnifie.
Le film, mis en scène par Brian Singer, est l’autopsie d’un complot, certes, mais également un hommage à la résistance au nazisme et aux vertus telles la droiture et la bravoure, qualités chevaleresques de ses soldats qui sauvèrent l’honneur de leur patrie. Tom Cruise, l’américain honni pour ses engagements scientologues, incarnant un de leurs héros nationaux, voilà un joli conflit cognitif que les Allemands d’aujourd’hui ont su régler, par le haut.
SW
01 février 2009
Les origines de la crise: Un peu d'histoire
Le texte ci-dessous, écrit par Jacques Garello, professeur émérite d’économie, est paru dans le dernier bulletin de l’Association pour la liberté et le progrès économique et social (ALEPS). Son importance actuelle m’a conduit à le faire paraître dans Vent d’Auvergne. Il efface ainsi beaucoup d’approximations et de mensonges lus ici ou là à propos de la « crise ». SW
Je reviens avec insistance sur l'autodestruction du capitalisme Supposons le capitalisme détruit, quelles seraient les solutions alternatives ? Si l'on exclut le collectivisme socialiste (qui retrouve des partisans), on peut s'orienter vers un capitalisme « dirigé » ou « régulé ». Ceux qui en parlent ignorent en général que nous sommes déjà soumis à un tel régime, et que la situation actuelle est précisément due aux erreurs du dirigisme et de la réglementation. Mais ils gardent aussi une certaine nostalgie du passé, et on entend évoquer ici un « New Deal européen », là un « nouveau Bretton Woods ». Mise en place d'un gouvernement économique européen ou mondial : le remède miracle serait donc un pas de plus dans cette «troisième voie» qui est en réalité une impasse. Les idolâtres des Etats devraient se remettre en mémoire l'histoire du New Deal et celle de Bretton Woods.
Le New Deal, dit-on, aurait sauvé le capitalisme de la crise qu’ïl aurait connue en 1929.
Rappel historique # 1 : La crise de 1929 a été préparée par les erreurs de politique monétaire de la Federal Reserve, dans le soutien irréfléchi des spéculateurs de Wall Street mis en difficulté par la faillite des chemins de fer et de la sidérurgie, issue que voulaient retarder les banques engagées dans ce secteur (Pierpont Morgan par exemple). Il y avait aussi des créances douteuses, comme les sommes qui devaient être versées par les Allemands au titre des "réparations" (« L'Allemagne paiera », ce qui était doublement stupide).
Rappel historique # 2 : Le Président HOOVER a cru enrayer la crise en faisant couper les crédits à l'économie américaine, y compris aux entreprises les plus saines La masse monétaire a été amputée d'un tiers. La politique déflationniste a achevé le blessé.
Rappel historique # 3: Quand ROOSEVELT est élu, en 1932, le taux de chômage commence à se stabiliser (12 millions de chômeurs). Le New Deal ne le réduira pas, en dépit d’un gonflement considérable de la dette publique. En 1939, il sera encore de 17 %, touchant 10 millions d'Américains. Le New Deal n'a pas été le sauvetage que l'on croit, il a plongé les États-Unis dans le socialisme.
Rappel historique # 4: C'est l'administration ROOSEVELT qui crée Fannie Mae, un fonds public destiné à financer l'accès à la propriété des Américains désargentés. Le crédit immobilier irresponsable date de cette époque, il n'a cessé pendant soixante ans de perturber la finance des États-Unis, Fannie (et son petit frère Freddie) détiennent actuellement un quart des créances immobilières non recouvrées. C'est le contribuable américain qui paiera. La conférence de Bretton Woods, dit-on, aurait institué un système monétaire mondial solide, sous la garde du Fonds Monétaire International.
Rappel historique # 5 : Le système mis en place est celui du Gold Exchange Standard, qui remet le sort des monnaies du monde entier entre les mains de la politique monétaire américaine. En effet toutes les monnaies ont une parité fixe en dollar, lui-même convertible en or à. prix fixe (" la devisé or vaut l'or,"). La solidité du système repose sur la solidité du dollar et sur le respect, par les Etats, de la parité fixe sur laquelle ils se sont engagés.
Rappel historique # 6 : La FED américaine ne fabriquera jamais la quantité de dollars nécessaire aux échanges internationaux. Après avoir restreint l'émission et causé un manque général de liquidités, la FED fera tourner à toute vitesse la planche à billets verts, surtout pour soutenir l'effort financier de la guerre au Viet Nam. Le dollar inonde l'Europe (« eurodollars ») et crée une inflation à deux chiffres et la convertibilité du dollar en or est de plus en plus virtuelle; elle sera supprimée le 15 août 1971.
Rappel historique # 7 : Les soi-disant parités fixes ne seront jamais respectées. En dépit de leur interdiction dans les statuts du FMI, dévaluations (et parfois réévaluations) se succèdent. On passera des parités fixes à des parités fluctuantes à l'intérieur d'un" tunnel" mais les monnaies sortent du tunnel !
Rappel historique # 8 : Les membres de l'Union Monétaire Européenne essaient de stabiliser leurs monnaies nationales, d'abord avec un" serpent" (variété de tunnel), puis autour d'une unité de compte virtuelle, l'écu. Ils n'y parviendront pas davantage. En 1981-1983 le gouvernement Mauroy-Delors dévaluera trois fois le franc français. Cela me permet de conclure sur deux théorèmes historiques plus larges :
Rappel historique # 9 : Promptes à créer des déséquilibres, les interventions publiques sont incapables de les résorber, et les aggravent.
Rappel historique # 10 : Les États ne respectent jamais les engagements qu'ils prennent. Après le choc pétrolier de 1974, qui a trouvé toutes les économies occidentales en pleine déconfiture, avec des taux d'inflation et de chômage à deux chiffres, les leçons de l'histoire semblaient avoir été comprises.
Milton FRIEDMAN avait mis en évidence les méfaits des politiques monétaires laissées à la discrétion des banques centrales, Jacques RUEFF avait expliqué l'insanité du système de Bretton Woods, Friedrich HAYEK avait démontré comment les manipulations de taux d'intérêt conduisent au « malinvestissement » et au chômage. Le monétarisme triomphant, les banques centrales s'étaient décidées à limiter la croissance de la masse monétaire, et la concurrence entre monnaies nationales a joué, grâce aux taux de change variables sur le libre marché des devises -la bonne monnaie se chargeant de chasser la mauvaise.
Mais le mal était n'était pas éradiqué, et progressivement monnaie et finance sont repassées sous le contrôle des États, par le biais des pressions politiques. On a délaissé la rigueur sous des prétextes divers. Dernière leçon de l'histoire: les illusions ont toujours une fin, et la vérité vaincra. Citation historique: « Pour détruire l'Occident il suffira de pervertir sa monnaie » (Lénine).
Jacques Garello
Article paru dans dans le bulletin de l’ALEPS n° 126 de Janvier 2009




