Vent d'Auvergne

Un regard libre et libéral sur l'actualité

31 décembre 2008

Pas de crise sur les pistes

Meg_hiverDimanche dernier, j’ai quitté un monde où il n’était question que de malheurs économiques pour un autre dans lequel, apparemment, la crise n’existe pas.

Ma station touristique favorite, Megève en Haute-Savoie, est noire de monde. Je n’en ai jamais vu autant en cette semaine de fin d’année depuis cinq années que je viens là. Un voisin me dit que le village grouillait déjà avant les fêtes de Noël. Dès le lever du soleil, jeunes et vieux se ruent sur les pistes. A midi, je dois jouer des coudes dans les magasins pour arriver à la caisse. J’arrive à peine à photographier les célèbres calèches et leurs chevaux, tant il y a d’enfants, avec leurs parents, qui s’interposent entre l’objectif de mon Canon et l’image. Bien évidemment, les automobiles sont partout, et de grosses automobiles. Ma Megane berline a l’air d’une Smart, au milieu des 4 x 4 et autres mastodontes sur pneus. La crise ? Quelle crise ? Les cafés et restaurants sont pleins. Un manteau de fourrure haut de gamme se négocie aux environs de 4500 euros chez Allard et une paire de Timberland entre 250 et 300 euros. Les remontées mécaniques tournent à plein régime. Le taux de remplissage a dû battre des records ces dernières semaines (1).

Ou tous les millionnaires se sont donnés rendez-vous dans cette célèbre station ou tous ces gens sont de grands optimistes, ou les deux. En tout cas, l’atmosphère qui règne ici est euphorique, ce qui me plait assez. Car à force d’en rajouter dans la sinistrose, médias et politiciens sont en train de créer une ambiance délétère qui paralyse tout le monde. Certes, la conjoncture n’est pas flambante. Est-ce en remettant sans arrêt une couche de pessimisme que nous en sortirons ? A situation égale, celui qui voit la vie en rose est avantagé sur celui qui broie du noir. C’est sans doute la raison pour laquelle bon nombre de nos compatriotes – et aussi de nos voisins- ont décidé de faire comme si la crise n’existait pas. Façon sympathique de conjurer le mauvais sort.

Car la reprise ne dépendra ni des plans de relance que nous concoctent nos hommes d’état, ni des « y’a qu’a, faut qu’on » de l’opposition politique. La reprise viendra de l’action économique des membres de la société civile qui ne s’en laissent pas compter, qui croient en eux-mêmes. Je vous souhaite de faire partie du nombre en 2009. Haut les cœurs !

SW

(1) Selon le responsable d'une agence mégevane, le "taux de remplissage", pendant les fêtes de cette fin d'année, était de 96% ( c'est à dire qu'il a loué 96% de ses logements et chalets à louer). C'est la seconde fois en 30 ans qu'il connaît pareil succès. Il faut savoir qu' un taux de 80% est considéré comme celui d'une période faste.

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26 décembre 2008

Jean Fourastié, actuel et nécessaire

Jean_FourastieIl enseignait l’économie au Conservatoire national des Arts et Métiers à Paris. En formation de conseiller d’orientation dans la capitale, dans les années 1967-1969, je devais suivre ses cours pendant une année. Outre les connaissances inhérentes à la matière, dont nous verrons plus loin l’originalité, je conservai de lui ce conseil, que pour la première fois un professeur me donnait : « Lire un livre est un combat : vous devez boxer avec les idées qui s’y expriment ». L’affirmation que l’étudiant doit être actif, ne pas prendre forcément pour argent comptant tout ce que lui assène l’enseignant du haut de son autorité de spécialiste, était très rafraichissante, surtout venant quelques mois avant mai 1968.

Jean Fourastié (photo), dont la vie couvrit la presque totalité du XXème siècle (1907-1990), est l’auteur d’une œuvre grandiose, trop méconnue aujourd’hui, un travailleur infatigable, un humaniste affirmé. Il analysa comme personne ne l’avait fait avant lui, et ne le fera après, ce qu’on appelle le progrès technique, fruit du progrès scientifique. Fourastié, témoignages et statistiques à l’appui, décrivit comment l’humanité occidentale sortit de la misère, comment la productivité permit la croissance économique et l’augmentation incessante du pouvoir d’achat.

Mais il perçut également les grands bouleversements humains, sociaux, dans les représentations et les valeurs, que le développement allait apporter, les crises qu’une longue période transitoire allait susciter –et suscitent encore aujourd’hui- et la nécessité d’accompagner ces bouleversements grâce à une meilleure solidarité entre les hommes. Fils de la terre, très attaché à ses racines paysannes du Quercy, Jean Fourastié n’était pas un technicien froid mais un sage qui n’oublia pas, derrière les chiffres, le peuple qui souffre : paysans chassés de leur terre, ouvriers au chômage, employés jetés dans la solitude des grandes villes.

A mon grand regret, j’ai laissé, par négligence, passer l’anniversaire du centenaire de sa naissance en 2007 sans vous en parler. Mais est-il trop tard pour lui rendre hommage ? Mieux, pour nous inspirer de ses travaux afin de mieux comprendre notre société avec ses hauts et ses bas et d’êtres plus efficaces dans nos militantismes ? Lisez ses livres, notamment son œuvre majeure : « Le grand espoir du XXème siècle » ce, afin de ne pas mourir trop idiots.

SW

Pour en savoir plus : visitez quelques sites Internet où il est à l’honneur, à commencer par celui qui lui est consacré. Et… bonnes fêtes de fin d’année.

http://www.jean-fourastie.org/

http://www.canalacademie.com/Jean-Fourastie-par-Jean-Cluzel.html

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Fourasti%C3%A9

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17 décembre 2008

Daniel Cohn-Bendit, tel qu'en lui-même

Daniel_Cohn_BenditQu'y a-t-il de plus détestable chez Daniel Cohn-Bendit ?
Le chef de bande, trublion et casseur en mai 68 à Paris ?
Le travailleur social qui acceptait les attouchements de bambins dans les jardins d’enfants de ses amis baba cools d’outre Rhin ?
Le gauchiste recyclé en écologiste pour faire carrière en politique ?
Le franco-allemand qui utilise sa double nationalité pour se faire élire là quand on ne veut plus de lui ici ?
Le bourgeois paniqué devant l’entrée du métro parisien, lui qui ne l’avait jamais pris auparavant, et qui, obligé d’y descendre, demanda à son collègue Paul-Marie Coûteaux, député européen souverainiste, le mode d’emploi des lignes et des rames ?
Le militant anti-nucléaire allant narguer les travailleurs d’une centrale  et, devant leur courroux, courant se réfugier dans les bras des CRS ? Ce qui lui valut cette apostrophe rigolarde de Philippe de Villiers : « Ce n’est plus CRS-SS mais CRS-SOS ».
L’eurocrate sans état d’âme qui déclare : « Le non irlandais a une fois de plus montré que les référendums nationaux constituent un instrument inadéquat pour décider des questions européennes » ? Le peuple appréciera.
L’éternel provocateur et grande gueule, qui, l’âge venu, retombe en adolescence et passe son temps à insulter les chefs d’états européens comme Vaklav Klaus et Nicolas Sarkozy  pour se persuader qu’il existe encore?
Et c’est ce pénible personnage, cet éternel destructeur professionnel de l’ordre social, mais qui sait se ménager –pas fou- une confortable rente personnelle comme élu perpétuel au parlement européen, qui va revenir nous tympaniser en 2009, au moment des élections européennes, avec ses slogans rassis d’écolo militant, son développement durable et ses éoliennes ?
Et qui va continuer jusqu’à sa mort son œuvre de casseur de société tout en menant la belle vie de député avec notre argent.

SW

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03 décembre 2008

Règlements de comptes à OK Combrailles

il_aactait_une_fois_dans__06_gJe ne suis pas un fanatique de l’agriculture biologique. Je n’apprécie pas particulièrement la Confédération paysanne ni  son chef, José Bové, grande gueule, semeur de désordre, casseur de MacDo,  qui bénéficie, on ne sait pourquoi, de la bienveillance imméritée des juges d’application des peines.

Ces précautions oratoires étant prises, je peux exprimer ici toute mon indignation face au calvaire subi par Jean-Hugues Bourgeois, éleveur à Teilhet au pays des Combrailles dans le Puy-de-Dôme : harcèlement, menaces de viol à l’encontre de sa fille de huit ans, menaces de mort, destruction de son outil de travail : abattage d’animaux, incendie d’un local.

Ayant passé un contrat de location de cinquante hectares de terres en bonne et due forme avec un agriculteur retraité de la commune, il avait légitimement le droit de s’installer à Teilhet et de mener l’activité qu’il avait choisie de mener en toute liberté.  C’était oublier ceux qui visaient, pour eux ou leur famille, cet espace agricole. Mais l’enfer que Jean-Hugues Bourgeois et les siens ont vécu pendant des mois et des mois de la part d’ennemis invisibles et jouissant de la plus grande impunité ne peut être admis par aucun droit. Ces gangsters campagnards ont agi salement et lâchement. Ils méritent d’être appréhendés, jugés et lourdement condamnés pour leurs menaces et leurs forfaits.

Dans cette lamentable affaire, on peut s’étonner du peu d’empressement des autorités à faire leur devoir. Le maire de la commune n’a pas fait montre d’une grande détermination à condamner les exactions commises. Les coupables étant, selon toute vraisemblance, des  habitants de sa commune, peut être des électeurs, il s’évertua à rester hors du coup et à ménager –c’est le cas de le dire-  la chèvre et le chou. Quant aux forces de l’ordre et à la justice, on ne peut pas dire qu’elles aient fait diligence pour rechercher les coupables et les faire prisonniers.

Ah, si ce jeune agriculteur bio était un ami du président de la République, ça aurait bardé pour le matricule des voyous villageois et le préfet du Puy-de-Dôme aurait été remercié sur l’heure. S’il avait été pigiste à Libération, les belles consciences droitdelhommistes auraient manifesté leur solidarité illico à la radio, à la TV et les ministres responsables se seraient vus dûment interpellés par les députés de gauche à la Chambre. Las, il ne s’agit que d’un « pov’ paysan ». Même son mentor José Bové n’a pas bougé le petit doigt pour lui. « Selon que vous serez puissant ou misérable… ».

Mais les défenseurs du plus minimaliste état de droit attendent avec impatience, même si Bourgeois a jeté l’éponge et quitté la région, que la gendarmerie s’active un peu et face son devoir rapidement. Et les Auvergnats de bonne volonté de regretter l’image très négative de leur région, qui n’avait pas besoin de ça, que ce fait divers a offert à la France entière.

SW

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01 décembre 2008

Oeuvres et manoeuvres socialistes en Auvergne

A_C_bazatDans le dernier numéro du Figaro Magazine, Marc Lazar, historien et professeur à Sciences-Po, analyse la situation au parti socialiste. « Le PS représente encore une forte réalité politique et sociologique…Il dispose d’un réseau d’élus dense, de Régions et de municipalités », nous dit-il. Oui, « il dispose », le mot est on ne peut plus juste, hélas ! Il en dispose à sa manière, comme si toutes ces structures étaient sa propriété, et comme s’il suffisait, pour les gérer, d’écrire des lignes supplémentaires de chiffres avec beaucoup de zéros dans les rubriques « impôts et taxes » en recettes pour financer les folles gabegies des caprices pharaoniques de ses élus en dépenses.

C’est à ce pénible inventaire que se livrèrent, vendredi dernier, Anne Courtillé et Flavien Neuvy devant leurs amis de l’opposition à Cébazat (photo). Ah ! les socialistes, on les voit à l’œuvre en Auvergne et c’est loin d’être ragoûtant. Ils se distinguent surtout par l’augmentation de la pression fiscale, l’opacité de leur gestion et leur réaction infantile devant les critiques que l’on peut résumer par la phrase : « C’est la faute à l’Etat ». C’est un peu court, jeunes gens ! Et faux ! Il faut le dire et le redire : l’état prélève aux Auvergnats trois milliards  et demi d’impôts, il en redistribue six milliards aux collectivités régionales.

Mais comme c’est facile de critiquer la droite pour masquer ses impérities. La déchéance des Socialistes français, visible à travers tous les psychodrames auxquels ils nous ont prié d’assister depuis des mois, est une situation de fond qui se constate partout, y compris dans leur manière de gouverner les collectivités où ils sont majoritaires.

Tout n’est que ringardise et médiocrité, aujourd’hui, chez ces gens-là, du Conseil régional d’Auvergne, où un président atrabilaire masque le néant de sa politique derrière ses colères à répétition dûment médiatisées, au Conseil général du Puy-de-Dôme où un essaim de petits Iznogoud du parti de la rose au poing, veulent être califes à la place du calife, sans oublier Clermont et sa communauté, où un maire n’en finit pas de se prendre les pieds dans les fils qu’il a lui-même tendus et suscite, par son attitude et ses décisions, les réactions de plus en plus hostiles, non seulement de son opposition mais aussi de ses amis de gauche (1).

« Un vent de fronde s’est levé sur le tard,
Je crois qu’il gronde contre le Serge Godard »

A Cébazat, comme nous l’apprenait Flavien Neuvy, ce n’est pas mieux. Le maire socialiste se croit toujours en 2001 quand il n’avait pas d’opposition au Conseil municipal. Mais il en a une, cependant, toute nouvelle et assez étonnée de voir « les millions défiler » pour des projets peu raisonnables. Par exemple, la construction de 900 logements destinés à faire venir 3000 personnes supplémentaires dans la commune (soit une augmentation de 40 % du nombre d’habitants). Et si l’affaire fait plouf, qui paiera ? De même, le château de la Prades, devient château en Espagne : pour le rénover, le maire fait d’abord faire une étude, vieux réflexe socialiste, coûteuse, comme toutes les études que ces gens-là font faire. Et ensuite, il faudra rénover cette vieille bâtisse. Et voguent les millions d’euros.

Dans le magazine d’où j’avais extrait ma citation du début, Jacques Marseille, toujours à propos du parti fondé en 1971 à Epinay, affirme : « On ne peut pas construire durablement un parti politique sur le mensonge et le déni du réel ». Le drame, pour les Français, c’est que la majorité d’entre eux ont cru aux belles paroles de ses membres et leur ont confié les rênes de bon nombre de nos collectivités locales. Plus dure sera la chute, pour eux, mais encore plus dur sera le réveil, pour leurs électeurs.

SW

(1) Un des membres de ma famille me signale une nouvelle affaire clermontoise. Pour la lire, cliquez sur le lien :
http://www.bakchich.info/breve1385.html

Si le lien est périmé, vous pouvez lire l'article en cliquant sur le lien ci-dessous:

http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2008/12/01/11587302.html

Posté par ventdauvergne à 15:35 - Politique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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