Meg_hiverDimanche dernier, j’ai quitté un monde où il n’était question que de malheurs économiques pour un autre dans lequel, apparemment, la crise n’existe pas.

Ma station touristique favorite, Megève en Haute-Savoie, est noire de monde. Je n’en ai jamais vu autant en cette semaine de fin d’année depuis cinq années que je viens là. Un voisin me dit que le village grouillait déjà avant les fêtes de Noël. Dès le lever du soleil, jeunes et vieux se ruent sur les pistes. A midi, je dois jouer des coudes dans les magasins pour arriver à la caisse. J’arrive à peine à photographier les célèbres calèches et leurs chevaux, tant il y a d’enfants, avec leurs parents, qui s’interposent entre l’objectif de mon Canon et l’image. Bien évidemment, les automobiles sont partout, et de grosses automobiles. Ma Megane berline a l’air d’une Smart, au milieu des 4 x 4 et autres mastodontes sur pneus. La crise ? Quelle crise ? Les cafés et restaurants sont pleins. Un manteau de fourrure haut de gamme se négocie aux environs de 4500 euros chez Allard et une paire de Timberland entre 250 et 300 euros. Les remontées mécaniques tournent à plein régime. Le taux de remplissage a dû battre des records ces dernières semaines (1).

Ou tous les millionnaires se sont donnés rendez-vous dans cette célèbre station ou tous ces gens sont de grands optimistes, ou les deux. En tout cas, l’atmosphère qui règne ici est euphorique, ce qui me plait assez. Car à force d’en rajouter dans la sinistrose, médias et politiciens sont en train de créer une ambiance délétère qui paralyse tout le monde. Certes, la conjoncture n’est pas flambante. Est-ce en remettant sans arrêt une couche de pessimisme que nous en sortirons ? A situation égale, celui qui voit la vie en rose est avantagé sur celui qui broie du noir. C’est sans doute la raison pour laquelle bon nombre de nos compatriotes – et aussi de nos voisins- ont décidé de faire comme si la crise n’existait pas. Façon sympathique de conjurer le mauvais sort.

Car la reprise ne dépendra ni des plans de relance que nous concoctent nos hommes d’état, ni des « y’a qu’a, faut qu’on » de l’opposition politique. La reprise viendra de l’action économique des membres de la société civile qui ne s’en laissent pas compter, qui croient en eux-mêmes. Je vous souhaite de faire partie du nombre en 2009. Haut les cœurs !

SW

(1) Selon le responsable d'une agence mégevane, le "taux de remplissage", pendant les fêtes de cette fin d'année, était de 96% ( c'est à dire qu'il a loué 96% de ses logements et chalets à louer). C'est la seconde fois en 30 ans qu'il connaît pareil succès. Il faut savoir qu' un taux de 80% est considéré comme celui d'une période faste.