il_aactait_une_fois_dans__06_gJe ne suis pas un fanatique de l’agriculture biologique. Je n’apprécie pas particulièrement la Confédération paysanne ni  son chef, José Bové, grande gueule, semeur de désordre, casseur de MacDo,  qui bénéficie, on ne sait pourquoi, de la bienveillance imméritée des juges d’application des peines.

Ces précautions oratoires étant prises, je peux exprimer ici toute mon indignation face au calvaire subi par Jean-Hugues Bourgeois, éleveur à Teilhet au pays des Combrailles dans le Puy-de-Dôme : harcèlement, menaces de viol à l’encontre de sa fille de huit ans, menaces de mort, destruction de son outil de travail : abattage d’animaux, incendie d’un local.

Ayant passé un contrat de location de cinquante hectares de terres en bonne et due forme avec un agriculteur retraité de la commune, il avait légitimement le droit de s’installer à Teilhet et de mener l’activité qu’il avait choisie de mener en toute liberté.  C’était oublier ceux qui visaient, pour eux ou leur famille, cet espace agricole. Mais l’enfer que Jean-Hugues Bourgeois et les siens ont vécu pendant des mois et des mois de la part d’ennemis invisibles et jouissant de la plus grande impunité ne peut être admis par aucun droit. Ces gangsters campagnards ont agi salement et lâchement. Ils méritent d’être appréhendés, jugés et lourdement condamnés pour leurs menaces et leurs forfaits.

Dans cette lamentable affaire, on peut s’étonner du peu d’empressement des autorités à faire leur devoir. Le maire de la commune n’a pas fait montre d’une grande détermination à condamner les exactions commises. Les coupables étant, selon toute vraisemblance, des  habitants de sa commune, peut être des électeurs, il s’évertua à rester hors du coup et à ménager –c’est le cas de le dire-  la chèvre et le chou. Quant aux forces de l’ordre et à la justice, on ne peut pas dire qu’elles aient fait diligence pour rechercher les coupables et les faire prisonniers.

Ah, si ce jeune agriculteur bio était un ami du président de la République, ça aurait bardé pour le matricule des voyous villageois et le préfet du Puy-de-Dôme aurait été remercié sur l’heure. S’il avait été pigiste à Libération, les belles consciences droitdelhommistes auraient manifesté leur solidarité illico à la radio, à la TV et les ministres responsables se seraient vus dûment interpellés par les députés de gauche à la Chambre. Las, il ne s’agit que d’un « pov’ paysan ». Même son mentor José Bové n’a pas bougé le petit doigt pour lui. « Selon que vous serez puissant ou misérable… ».

Mais les défenseurs du plus minimaliste état de droit attendent avec impatience, même si Bourgeois a jeté l’éponge et quitté la région, que la gendarmerie s’active un peu et face son devoir rapidement. Et les Auvergnats de bonne volonté de regretter l’image très négative de leur région, qui n’avait pas besoin de ça, que ce fait divers a offert à la France entière.

SW