A_C_bazatDans le dernier numéro du Figaro Magazine, Marc Lazar, historien et professeur à Sciences-Po, analyse la situation au parti socialiste. « Le PS représente encore une forte réalité politique et sociologique…Il dispose d’un réseau d’élus dense, de Régions et de municipalités », nous dit-il. Oui, « il dispose », le mot est on ne peut plus juste, hélas ! Il en dispose à sa manière, comme si toutes ces structures étaient sa propriété, et comme s’il suffisait, pour les gérer, d’écrire des lignes supplémentaires de chiffres avec beaucoup de zéros dans les rubriques « impôts et taxes » en recettes pour financer les folles gabegies des caprices pharaoniques de ses élus en dépenses.

C’est à ce pénible inventaire que se livrèrent, vendredi dernier, Anne Courtillé et Flavien Neuvy devant leurs amis de l’opposition à Cébazat (photo). Ah ! les socialistes, on les voit à l’œuvre en Auvergne et c’est loin d’être ragoûtant. Ils se distinguent surtout par l’augmentation de la pression fiscale, l’opacité de leur gestion et leur réaction infantile devant les critiques que l’on peut résumer par la phrase : « C’est la faute à l’Etat ». C’est un peu court, jeunes gens ! Et faux ! Il faut le dire et le redire : l’état prélève aux Auvergnats trois milliards  et demi d’impôts, il en redistribue six milliards aux collectivités régionales.

Mais comme c’est facile de critiquer la droite pour masquer ses impérities. La déchéance des Socialistes français, visible à travers tous les psychodrames auxquels ils nous ont prié d’assister depuis des mois, est une situation de fond qui se constate partout, y compris dans leur manière de gouverner les collectivités où ils sont majoritaires.

Tout n’est que ringardise et médiocrité, aujourd’hui, chez ces gens-là, du Conseil régional d’Auvergne, où un président atrabilaire masque le néant de sa politique derrière ses colères à répétition dûment médiatisées, au Conseil général du Puy-de-Dôme où un essaim de petits Iznogoud du parti de la rose au poing, veulent être califes à la place du calife, sans oublier Clermont et sa communauté, où un maire n’en finit pas de se prendre les pieds dans les fils qu’il a lui-même tendus et suscite, par son attitude et ses décisions, les réactions de plus en plus hostiles, non seulement de son opposition mais aussi de ses amis de gauche (1).

« Un vent de fronde s’est levé sur le tard,
Je crois qu’il gronde contre le Serge Godard »

A Cébazat, comme nous l’apprenait Flavien Neuvy, ce n’est pas mieux. Le maire socialiste se croit toujours en 2001 quand il n’avait pas d’opposition au Conseil municipal. Mais il en a une, cependant, toute nouvelle et assez étonnée de voir « les millions défiler » pour des projets peu raisonnables. Par exemple, la construction de 900 logements destinés à faire venir 3000 personnes supplémentaires dans la commune (soit une augmentation de 40 % du nombre d’habitants). Et si l’affaire fait plouf, qui paiera ? De même, le château de la Prades, devient château en Espagne : pour le rénover, le maire fait d’abord faire une étude, vieux réflexe socialiste, coûteuse, comme toutes les études que ces gens-là font faire. Et ensuite, il faudra rénover cette vieille bâtisse. Et voguent les millions d’euros.

Dans le magazine d’où j’avais extrait ma citation du début, Jacques Marseille, toujours à propos du parti fondé en 1971 à Epinay, affirme : « On ne peut pas construire durablement un parti politique sur le mensonge et le déni du réel ». Le drame, pour les Français, c’est que la majorité d’entre eux ont cru aux belles paroles de ses membres et leur ont confié les rênes de bon nombre de nos collectivités locales. Plus dure sera la chute, pour eux, mais encore plus dur sera le réveil, pour leurs électeurs.

SW

(1) Un des membres de ma famille me signale une nouvelle affaire clermontoise. Pour la lire, cliquez sur le lien :
http://www.bakchich.info/breve1385.html

Si le lien est périmé, vous pouvez lire l'article en cliquant sur le lien ci-dessous:

http://archivesventdauv.canalblog.com/archives/2008/12/01/11587302.html