27 novembre 2008
Le menton de Ségolène, la furia occitane et toujours le réchauffement
Le jour des blogs (Blogday) est passé. Cela ne m’empêchera pas de rendre hommage à quelques collègues qui, comme moi, pourfendent le politiquement correct sur la toile. On n’est jamais aussi seul qu’on le croit et c’est bien réconfortant.
Le premier site est libéral. Il s’intitule « Sérum de liberté ». Son auteur Amaury est, en outre, pro-américain et très au courant des mœurs politiques d’outre-atlantique. Les Moore, Clinton et Obama en prennent pour leur grade. Dans les nouvelles françaises, un article fouillé sur une initiative de la madone du Poitou, notre Marie-Ségolène victimaire. Aucun journal, aucune radio ou télévision, personne, n’a parlé de la chose. La belle enfant, en 2005 et en prévision des élections présidentielles, aurait subi une sérieuse opération esthétique : redressement des dents, avancée du menton et ce, afin d’avoir un air plus volontaire. Ainsi cette socialiste un peu tristounette apparut comme rajeunie et, au plan personnel, plus épanouie car, évidemment, une telle transformation a un effet bénéfique sur la personnalité. Seule chose que la dame a, hélas, gardé: son sale caractère. Mais c’est égal, tout ça pour ça, comme disait Shakespeare, pour se faire coiffer au poteau de la présidentielle par Sarkozy et à celui du secrétariat du PS par Aubry la bouffie qui, elle, n’a pas de ces soucis esthétiques. Avouez que c’est rageant.
http://serumdeliberte.blogspot.com/2008/02/la-royale-canine.html
Le second site s’intitule, par antiphrase sans doute, « Pensée unique ». En fait, il combat cette dernière. « En matière de sciences, le scepticisme est un devoir » nous dit l’auteur Jean Martin, qui est lui-même un homme du sérail puisque ancien du CNRS en retraite et surtout un esprit indépendant refusant tout panurgisme.
Belle formule de Diderot que beaucoup de nos concitoyens, scientifiques compris, feraient bien d’adopter comme ligne de conduite intellectuelle. Ils seraient moins les victimes de propagandistes divers, leaders auto proclamés, qui recherchent notoriété et pouvoir, sans se soucier beaucoup de déontologie et du respect dû à tout être humain.
Seul point noir, le site n’a pas un design accrocheur, malheureusement. Les premiers paragraphes des articles apparaissent en page d’accueil, accolés les uns aux autres, sans souci de présentation agréable à l’œil. Les fonds colorés sont criards et la police des caractères n’est pas la plus adéquate.
Mais ce qui compte, ce n’est pas tant la forme que le fond. Et là, par contre, la lecture vaut de l’or. La soi-disant unanimité des scientifiques vole en éclat et on y apprend avec plaisir que le GIEC n’est pas la seule institution à traiter du réchauffement climatique. D’autres organismes scientifiques privés font de l’excellent travail. Lisez, entre autres, le rapport de l’équipe du professeur Singer du NIPCC. Mieux, téléchargez-le, il est en format PDF.
http://www.pensee-unique.fr/index.html
Le troisième, « Voix francophones » s’est engagé à défendre la francophonie et aussi à pourfendre le lobby des langues régionales qui, on le sait, bataille ferme pour faire financer, par le contribuable français, des cours de ses dialectes locaux aux jeunes des écoles. Noble tâche que je revendique également. Quelques textes d’écrivains d’hier et d’aujourd’hui, opposés à cette nouvelle idéologie, méritent d’être lus pour leur pertinence. En point d’orgue, la relation d’un reportage télévisé, paru à France 3 Aquitaine, dans l’émission « Punt de Vista » (qui n’est, malheureusement, plus en ligne actuellement dans le site de cette chaîne. Mais si vous cliquez sur le lien, vous en aurez d’autres, tous aussi édifiants) où l’un des auteurs du site nous décrit comment, en Occitanie, là où ils sont majoritaires, les promoteurs de la langue d’Oc, élus inclus, n’hésitent pas à employer les moyens les plus autoritaires pour faire avancer leur cause, notamment auprès des enfants, le monopole de l’Education se prêtant bien aux actions militantes.
http://voixfrancophones.blogspot.com/
SW
22 novembre 2008
En feuilletant Demain Clermont
J'ai reçu hier, dans ma boîte aux lettres, la « Pravda clermontoise », autrement dit le magazine municipal Demain Clermont du mois de novembre. D’habitude, je balance directement à la poubelle
ce tissu de dithyrambes ininterrompues à la gloire de nos élus de
gauche. Mais comme j’étais d’humeur bienveillante ce jour-là, je l’ai
un peu examiné de près. Et je suis passé de l’ombre à la lumière car ce
magazine en dit long, très long sur les idéologies de la gauche du
XXIème siècle et leurs applications dont nos édiles locaux sont les
meilleurs artisans qui soient.
Evidemment, il n’y a dans ces cinquante six pages en papier glacé aucun sujet qui fâche. On n’y trouve même plus rien sur le tramway depuis que l’on sait quel gouffre financier s’ouvre devant ses rails. Rien non plus sur l’inflation des tags sur nos immeubles publics et sur l’insécurité au centre ville. Non, qui ouvre les pages de Demain Clermont, lit un conte de fées, qui nous parle d’un pays où coulent le lait et le miel, le pays du brave papa Serge si bon, si attentif aux difficultés et aux misères du peuple sur lequel dame démocratie l’a chargé de veiller.
C’est d’ailleurs le problème : aucun d’entre nous, quel que soit son âge, son sexe, son statut n’échappe à la vigilance, à la tutelle de cette équipe formidable réélue en 2008. Ici, ce sont les jeunes, dont le transfuge du « Transfo », Simon Pourret chargé de leur animation, veut la réussite. Quelques réunions préparatoires ayant montré que nos lycéens « expriment un sentiment d’abandon », nos nounous communales se précipitent à leur secours. C’est nous qu’on est le Bien !
Là, le gentil organisateur, adjoint à la vie associative, se penche sur la déclaration universelle des droits de l’homme, dont le soixantième anniversaire va être l’occasion de « chanter, célébrer et acter » ( ?!) cette déclaration. On nous apprend à ce sujet que « la ville de Clermont-Ferrand a choisi d’être exemplaire ». Nous n’en avions jamais douté. C’est pourquoi il y aura à cette occasion des concerts en veux-tu en voilà pour fêter la chose. L’homo festivus, fort bien décrit par Philippe Muray, est toujours prêt à sortir, tel un diable, de sa boîte. Avec son éternel côté donneur de leçons de morale et flic aux aguets puisque, nous dit-on, « chaque territoire, chaque collectivité, doit veiller à ce qu’elle (la déclaration des droits de l’homme) soit respectée » et surtout, le ventre de la bête immonde demeurant toujours fécond aux yeux de nos socio-saints, « il nous faut, dans le contexte politique actuel, (c’est moi qui surligne) être encore plus vigilants en instituant un travail collaboratif entre la ville, les associations qui se battent au quotidien pour l’accès aux droits ». Traduisons cette langue de bois : la police de la pensée et ses soviets locaux de salut public ne veulent voir aucune tête qui dépasse, aucune parole qui dérape, aucune réflexion subversive. Nous voilà prévenus. Et que l’on chante ! Et que l’on se pâme quand les concerts durent, scrogneugneu !
Quant à nos descendants, c’est Dominique Adenot qui s’en occupe au SEPAC. Ce sigle barbare cache un machin administratif qui « imagine aujourd’hui » notre cadre de vie dans quinze ans, dans la zone du Grand Clermont. Soixante dix huit notables se penchent sur ce bébé. Echaudés par les belles réalisations socialistes passées et présentes qui ont défiguré notre ville, fait plonger ses finances et exploser les impôts, de nombreux Clermontois sont inquiets: quels projets cauchemardesques vont encore sortir des cerveaux échauffés de nos ingénieurs polymorphes ? Et si, nous dit-on, M. Adenot « ne cache pas son grand bonheur d’animer les débats du Grand Clermont », nos compatriotes, eux, ne cachent pas leurs craintes, sachant que, souvent, le bonheur des uns ne fait pas celui des autres.
La vieillesse, pensez-vous, est bien heureuse qui échappe à cette démangeaison interventionniste et festive de nos Saint-Just déguisés en père Noël ? Que nenni ! Car, nous apprend-on, « les agents du service de maintien à domicile signalent (toute) situation d’isolement. » Et à partir de là, la machine se met en place : un « animateur » s’occupe de la mamy, ou du papy, solitaire : détection des besoins, proposition d’activité, prise en charge du déplacement vers le lieu de la dite activité en mini bus. Vous me direz que s’isoler chez soi n’est pas une bonne chose pour une personne âgée et que la faire rencontrer du monde et s’activer ne peut lui faire que le plus grand bien. Certes, mais cette prise en charge systématique de nos vieux par les soldats de l’animation tous azimuts, cette idée fixe de vouloir que chacun d’entre eux, comme d’ailleurs chacun d’entre nous, soit sans arrêt projeté en dehors de lui-même, soit sommé, l’épée dans les reins, de participer à « la mixité sociale », laïque, gratuite, socialiste et obligatoire, a un côté totalitaire que je ne peux admettre. Et si nos anciens veulent finir leurs jours loin du bruit et de la fureur du « tout sociétal » ? Et s’ils préfèrent rester chez eux afin de prier pour le salut de leur âme, tricoter pour leurs petits enfants, méditer sur la décadence du monde moderne ou relire le Comte de Monte Cristo ? Doivent-ils attendre la mort pour être enfin délivrés de l’emprise des hordes de « Gog et Démagog » ?
Seules ont échappé, l’espace d’un instant, à cette furia festive, nos chères têtes blondes. Curieusement la municipalité clermontoise leur a refusé une légitime journée d’animation dans leur école, jeudi dernier, quand leurs professeurs s’éclataient dans leur théâtre de rue rituel. La cause, je crois, vient de ce que la chose était imposée par un gouvernement honni par nos belles âmes. Ce sont elles qui décident à quelle fête nous devons participer et non pas les ministres de droite ; pas plus d’ailleurs que les parents d’élèves.
SW
J’ai noté, dans ce même numéro de Demain Clermont, l’absence d’expression, en Tribune libre, des élus clermontois du MODEM. S’ils affichent leurs belles têtes, leur opinion à propos de la politique municipale, de ses dérapages financiers nous est inconnue. Peut-être n’ont-ils rien à en dire ? Leurs électeurs apprécieront.
16 novembre 2008
Congrès du PS: de la lumière à l'ombre
A show, pardon, à chaud, je vous livre mon sentiment personnel à la fin du congrès socialiste de Reims. D’abord, ma Champagne natale ne méritait pas cela. Les socialos qui aiment les commémorations auraient pu retourner à Rennes pour s’étriper à nouveau. Et je songe à la joyeuse ironie de Jean-François Revel qui qualifia, en son temps, ce congrès breton de « rixe entre ivrognes dans un bordel mexicain ».
Car, au PS, plus ça change, plus c’est pareil. Vous pensez que les fulminations, les haines cuites et recuites sur les petits feux de la division cachent de grands combats d’idées ? Même pas ! Ce ne sont que querelles de personnes qui agitent cette officine.
Parce qu’au fond, nos socialistes pensent tous la même chose. Ils ne changent jamais, radotent les mêmes patenôtres, comme des grenouilles de bénitiers, depuis le début du XXème siècle. Une incantation marxisante contre le marché, les entreprises privées, et pour les défilés protestataires et revendicatifs des fonctionnaires, les vrais chouchous de la sociale.
Où est la différence entre une Ségolène Royal qui veut créer un « nouveau front populaire », un Benoît Hamon qui refuse de s’allier au MODEM parce qu’il ne veut pas gouverner avec des libéraux (pourquoi riez-vous ?), une Martine Aubry qui veut défiler la semaine prochaine avec les syndicats de fonctionnaires ? Il n’y en a pas. Tous les trois sont comme ces grenadiers d’Offenbach , scotchés sur place tout en chantant « Marchons, marchons ! »
Parce qu’enfin qu’ont-ils fait depuis Epinay, sinon vouloir de toutes leurs forces, encore et toujours, sous couvert de lutte des classes, tuer la société de liberté, contrôler la vie économique et imposer leurs marottes « sociétales » à leurs compatriotes. Devant le monde qui changeait et auquel ils n’ont rien compris, parce que ces doctrinaires ne sont pas faits pour comprendre mais pour appliquer les slogans de leur catéchisme rouge, ils sont restés les mêmes, tétanisés dans leur projet révolutionnaire. La société bougeait constamment, pas eux. Et aujourd’hui qu’ils se retrouvent hors jeu, déboussolés, ne sachant pas se remettre en cause, ils se mangent entre eux. Bon appétit messieurs-dames !
Finalement, je me pose la question suivante : la France a –t-elle encore besoin d’un parti socialiste ? Pour nous débarrasser de toutes les chimères et les slogans qui nous firent tant de mal et retrouver la route de la prospérité, avons-nous même encore besoin de partis tout court ? N’est-il pas temps que les apparatchiks de tous poils cèdent la place aux hommes de bonne volonté : les missionnaires, les bâtisseurs, les compagnons, les chevaliers, comme les appelait à l’aide Jean Royer, il y a bientôt dix ans (1), des citoyens courageux avec une éthique à toute épreuve.
Dans ce lamentable congrès, c’est non seulement une crise de socialistes à laquelle nous avons assisté mais peut être aussi une crise de la politique des « politichiens », comme disait de Gaulle, politique que nous, les citoyens, avons tolérée pendant beaucoup trop longtemps.
SW
(1) http://ventdauvergne.canalblog.com/archives/2005/06/30/616577.html
15 novembre 2008
Fin de semaine féministe
Hasard de la vie ? Mon emploi du temps de ces trois derniers jours m’amena à rencontrer, ou retrouver, quelques femmes d’Auvergne remarquables.
Jeudi soir, dans l’amphithéâtre bondé du CRDP de Clermont-Ferrand, à l’invitation de l’Alliance française, Marie-Elisabeth Baudoin, jeune chercheuse et enseignante à l’Université d’Auvergne, remplaçant quasiment au pied levé son mentor excusé, brossa un tableau très complet et instructif de la Russie actuelle. L’éternel empire des tsars, sorti du communisme, oscille entre démocratie et régime autoritaire. L’avenir de la patrie du grand Soljenitsyne est incertain, cet immense état, qui se conçoit comme multinational, apparaissant à la fois comme ambivalent et imprévisible. Beaucoup de choses dépendront du nouveau président élu, Dimitri Medvedev, comme de la Cour constitutionnelle, cette nouvelle institution très pugnace dans la protection des droits des citoyens russes.
Vendredi soir -changement de décor- soirée bon enfant et amicale au Centre social de Romagnat, pour le départ en retraite de la secrétaire générale. Ce centre, que la précédente municipalité installa dans des locaux neufs, est un lieu de vie exceptionnel qui accueille, outre les enfants et leurs familles, les anciens de la commune et un grand nombre d’ateliers dont un de reliure, auquel je participe. Le rayonnement de cette institution, les bonnes relations qu’entretiennent entre eux personnels et adhérents doivent beaucoup à la personnalité de la directrice Joëlle Guérin. Compétence, sérieux, esprit d’équipe, souci de l’organisation, désir constant que chacun s’y sente bien et participe à la vie du centre, telles sont les qualités de cette femme affable, consciencieuse et toujours à l’écoute.
Pendant le pot qui conclut la cérémonie, je bavarde avec deux assistantes sociales à la carrière déjà bien remplie, ayant eu diverses expériences professionnelles, notamment au Conseil général du Puy-de-Dôme. A les entendre, je ne recommanderai pas cette collectivité à leurs futures collègues. Hiérarchisation outrancière favorisant l’esprit « petit chef », management autoritaire y créent un climat pénible, ne favorisant pas l’épanouissement et c’est une litote.
Enfin, aujourd’hui samedi, je retrouve Anne Courtillé (photo) qui dédicaçait son dernier livre à la Librairie des Volcans à Clermont-Ferrand (1). Nous évoquons l’inépuisable, pénible et rocambolesque feuilleton des finances de la ville ainsi que les dernières explications embrouillées de notre premier magistrat. Puis Anne me confie, en riant, qu’en faisant des recherches documentaires pour son dernier roman, elle constata que les maires d’autrefois de la capitale auvergnate n’étaient guère plus avisés que l’actuel. Décisions contestables, erreurs, laisser aller seraient des pratiques récurrentes chez nos élus locaux. Notre noble cité arverne traîne –t-elle un si lourd karma que ses habitants soient condamnés à subir, génération après génération, la mauvaise politique de ses édiles ?
SW
(1) « La Chambre aux pipistrelles » aux éditions Presses de la Cité.
09 novembre 2008
Vendée Globe: l'extrème aventure
Exploit sportif ? Oui : pendant trois mois, il faudra affronter tempêtes et eaux trop calmes et assurer son tour du monde. Exploit technologique ? Sûrement, puisqu’entre deux épreuves, les architectes maritimes rivalisent de créativité pour construire des bateaux de plus en plus perfectionnés et performants. Aventure personnelle ? Bien sûr : il faut d’abord se préparer physiquement et psychiquement durant plusieurs années.
Cette course en solitaire est comme le séjour au désert pour les mystiques. Chacun est seul face à lui-même aussi bien que face aux intempéries et aux dangers. Le Vendée Globe n’est pas une promenade de santé. On risque d’y laisser sa peau ; c’est déjà arrivé. Aujourd’hui dimanche 9 novembre, trente concurrents se sont lancés à l ‘assaut des océans. Première épreuve : un Golfe de Gascogne inhospitalier en diable.
Vedettes de la voile n’ayant plus rien à prouver sinon qu’elles peuvent toujours mieux faire, challengers tentant leur chance, vingt huit hommes et deux femmes de courage se lancent un défi extrême avec l’espoir , in fine, de vaincre le temps, d’améliorer le record du monde.
Souhaitons leur bons vents et surtout de revenir sains et saufs aux Sables d’Olonne dans quelques mois.
SW
07 novembre 2008
Obama président: une bonne nouvelle?
Les Français sont incorrigibles: après avoir fait de George Bush le diable, les voilà croyant que Barack Obama est le Messie. Rappelons leur quelques vérités.
D'abord le nouveau président des États-Unis vient de l' extrême gauche du parti démocrate et il eut quelques fréquentations extrémistes dans sa jeunesse (1). Son programme le trahit. Interventionniste convaincu, il compte multiplier les aides d'un côté tout en taxant les plus values du capital et relever le plafond des revenus imposables. Vive l'état providence incontournable dans l'immobilier, la santé, l'environnement et j'en passe. Certes, cela plaira aux bobos des deux côtés de l'Atlantique mais cela plombera la reprise économique.
Autre virage inquiétant: la remise en cause des accords de libre échange avec les pays limitrophes au nord et au sud. La revendication du protectionnisme comme doctrine, il y a vraiment de quoi faire la fête.
Qui ne voit qu' impôts nouveaux et « subventionnite » auront, outre atlantique, le même effet que chez nous: la diminution de la croissance et la hausse du chômage. Sans compter que ces initiatives américaines n'arrangeront pas les économies européennes largement tributaires des USA. Quand les frontières se ferment, quand les barrières douanières bloquent les échanges, tout le monde en pâtit. C'est cette même politique qu'a menée Franklin Roosevelt dans les années trente, avec les conséquences que l'on connaît:la récession et la guerre.(2)
N'oublions pas non plus que la crise des « subprimes » américaine, devenue par effet boule de neige, crise financière puis crise économique mondiale est née, comme le rappelle l'économiste Jacques Garello (2), « de la politique monétaire de la FED et surtout (des) manœuvres politiques du parti démocrate, qui a inventé les crédits hypothécaires à discrimination positive. » Les agences garanties par l'État fédéral, les « Fannie truc » et les « Freddy chose », créées sous Roosevelt, ont été réanimées par Bill Clinton. « Elles ont renvoyé l'ascenseur, nous apprend encore Garello, en devenant les fidèles soutiens des démocrates, arrosant copieusement les gens du Congrès, Obama en tête. »
Autrement dit, la crise qui nous atteint de plein fouet est la créature des amis de Monsieur Obama, qui tiennent maintenant, outre la présidence, le Sénat et la Chambre des représentants. Pour sortir de l'enfer, élisons le diable! Ce serait risible si ce n'était pas tragique. Jusqu'à maintenant, il n'y avait que dans les westerns, que l'on pouvait voir des méchants américains élus shérifs. Nos compatriotes, qui élèvent des autels à la gloire de Saint Barack, seraient bien avisés de devenir lucides au moment où nos entreprises mettent la clé sous la porte, faute de prêts bancaires.
En revanche, il n'est pas sûr, qu'en politique internationale, Obama verse dans l'angélisme à la Jimmy Carter et suive sa calamiteuse politique. Il n'a apparemment pas l'intention de s'en laisser compter par les mollahs et autres excités coraniques. L'effet 11 septembre n'est pas mort, et c'est tant mieux.
Bien sûr, si l'Amérique n'avait pas la puissance qu'elle a, si nous ne dépendions pas autant d'elle, si lorsqu'elle tousse, nous n'attrapions pas la grippe, l'élection d'un démocrate extrême à sa tête aurait moins d'importance. On ne regrettera que davantage la faiblesse de l'Europe et, en France, l'oubli, par nos hommes politiques, gaullistes inclus, de la nécessité d'assurer la grandeur de la France, son développement économique et culturel ainsi que l'indépendance de sa politique extérieure, comme de Gaulle nous l'a appris, en son temps. Et comme ses héritiers, qui ont mené et mènent encore une action semblable à celle qu'Obama va mener en Amérique, l'ont, hélas! oubliée.
Serge Weidmann
(1) Voir « L'Amérique et le monde après Bush » par Guy Millière, aux Éditions Cheminements
Et sur le site : http://www.turgot.org/
lire aussi du même auteur: "Amérique, bientôt le sut dans l'inconnu":
http://www.les4verites.com/Amerique-bientot-le-saut-dans-l-inconnu-2109.html
(2) « Voir sur le site: http://www.libres.org les articles de Jacques Garello: « Roosevelt II » et « Dictature de l'ignorance et impuissance de la prétention » parus respectivement dans la Nouvelle Lettre du 20 octobre et du 24 octobre 2008.
On lira également avec profit:
« Les coûteuses promesses d'Obama » sur le site:
« 100 économistes américains contre Obama » sur le site :
http://serumdeliberte.blogspot.com/2008/10/les-economistes-contre-obama_12.html




