PS_logoA show, pardon, à chaud, je vous livre mon sentiment personnel à la fin du congrès socialiste de Reims. D’abord, ma Champagne natale ne méritait pas cela. Les socialos qui aiment les commémorations auraient pu retourner à Rennes pour s’étriper à nouveau. Et je songe à la joyeuse ironie de Jean-François Revel qui qualifia, en son temps, ce congrès breton de « rixe entre ivrognes dans un bordel mexicain ».

Car, au PS, plus ça change, plus c’est pareil. Vous pensez que les fulminations, les haines cuites et recuites sur les petits feux de la division cachent de grands combats d’idées ? Même pas ! Ce ne sont que querelles de personnes qui agitent cette officine.

Parce qu’au fond, nos socialistes pensent tous la même chose. Ils ne changent jamais, radotent les mêmes patenôtres, comme des grenouilles de bénitiers, depuis le début du XXème siècle. Une incantation marxisante contre le marché, les entreprises privées, et pour les défilés protestataires et revendicatifs des fonctionnaires, les vrais chouchous de la sociale.

Où est la différence entre une Ségolène Royal qui veut créer un « nouveau front populaire », un Benoît Hamon qui refuse de s’allier au MODEM parce qu’il ne veut pas gouverner avec des libéraux (pourquoi riez-vous ?), une Martine Aubry qui veut défiler la semaine prochaine avec les syndicats de fonctionnaires ? Il n’y en a pas. Tous les trois sont comme ces grenadiers d’Offenbach , scotchés sur place tout en chantant « Marchons, marchons ! »

Parce qu’enfin qu’ont-ils fait depuis Epinay, sinon vouloir de toutes leurs forces, encore et toujours, sous couvert de lutte des classes, tuer la société de liberté, contrôler la vie économique et imposer leurs marottes « sociétales » à leurs compatriotes. Devant le monde qui changeait et auquel ils n’ont rien compris, parce que ces doctrinaires ne sont pas faits pour comprendre mais pour appliquer les slogans de leur catéchisme rouge, ils sont restés les mêmes, tétanisés dans leur projet révolutionnaire. La société bougeait constamment, pas eux. Et aujourd’hui qu’ils se retrouvent hors jeu, déboussolés, ne sachant pas se remettre en cause, ils se mangent entre eux. Bon appétit messieurs-dames !

Finalement, je me pose la question suivante : la France a –t-elle encore besoin d’un parti socialiste ? Pour nous débarrasser de toutes les chimères et les slogans qui nous firent tant de mal et retrouver la route de la prospérité, avons-nous même encore besoin de partis tout court ? N’est-il pas temps que les apparatchiks de tous poils cèdent la place aux hommes de bonne volonté : les missionnaires, les bâtisseurs, les compagnons, les chevaliers, comme les appelait à l’aide Jean Royer, il y a bientôt dix ans (1), des citoyens courageux avec une éthique à toute épreuve.

Dans ce lamentable congrès, c’est non seulement une crise de socialistes à laquelle  nous avons assisté mais peut être aussi une crise de la politique des « politichiens », comme disait de Gaulle, politique que nous, les citoyens, avons tolérée pendant beaucoup trop longtemps.

SW

(1) http://ventdauvergne.canalblog.com/archives/2005/06/30/616577.html