Puy_de_D_me_en_mouvementDans son dernier numéro de  «Puy-de-Dôme en mouvement», notre Conseil général nous invite, par le biais d’un questionnaire aux habitants, à donner notre avis sur sa « démarche de développement durable » dans le cadre de l’Agenda 21. A mon questionnaire rempli, je joindrai quelques remarques sur mes attentes dont vous trouverez ci-dessous la primeur.

D’abord, je me méfie de l’expression  «développement durable» que l’on utilise aujourd’hui à tort et à travers ; elle est devenue une véritable auberge espagnole politicienne. Ensuite, pour qu’il y ait développement durable, encore faut-il en amont qu’il y ait eu développement tout court. Enfin, s’il s’agit d’y introduire une approche plus rationnelle et moins polluante dans la gestion des ressources, pourquoi pas ? C’est dans cet esprit que je développerai mes propositions.

Le département, collectivité territoriale, voit ses attributions fixées par la loi. Il a des compétences prioritaires dans certains domaines. C’est d’abord dans celles-ci qu’il lui convient de s’investir. Pour le reste, des coopérations avec le Conseil régional, les communes et communautés de communes permettront, en évitant les doublons, de mieux gérer l’argent public, notre argent.

L’action sociale est le domaine prioritaire de l’intervention départementale, depuis les enfants en bas âge jusqu’aux vieillards chenus, en passant par les handicapés, les sans emploi. Cette action sociale déborde largement sur le domaine sanitaire. C’est à partir des besoins recensés que doit s’organiser et se mettre en œuvre la politique du Conseil général. L’actualité locale ayant, ces derniers mois, mis en avant des relations difficiles entre les décideurs et les assistantes sociales employées par le Département, suggérons aux élus et chefs de service responsables l’instauration d’un management plus participatif et moins directif de ces personnels.

L’enseignement et l’éducation en collège sont également une priorité politique du Conseil général. Lorsqu’on connaît l’importance de l’école au sens large dans les atouts d’une nation, on ne saurait rien négliger dans ce domaine. Dans le Puy-de-Dôme, les petits collèges sont-ils des structures valables pour une bonne réussite scolaire ? En dessous d’un certain seuil d’élèves, ils cumulent deux inconvénients : la dépense pour leur maintien est disproportionnée et l’échec scolaire, par manque de stimulation, assuré. Une politique hardie est donc attendue, faite d’innovations importantes aux plans pédagogique (éducation multi medias) et immobilier (regroupements, ouverture d’internats). N’oublions pas que les collèges maintenus en milieu rural doivent devenir, en outre, des lieux d’animation et de manifestations locales pour les associations, les municipalités. Ouverture sur la vie et rentabilisation des équipements doivent aller de pair.

Le troisième point fort est l’aménagement du territoire : équipements ruraux en liaison avec les communes, voirie, moyens de transport (entretien des routes, ouverture ou réhabilitation de voies ferrées en partenariat avec la SNCF). La protection de l’environnement en fait partie. Elle devient aujourd’hui une priorité tous azimuts. Du maintien des espaces naturels, à la planification des itinéraires de promenades en passant par l’élimination des déchets ménagers, le chantier est vaste. Puy-de-Dôme pays vert, Puy-de-Dôme espace protégé, voilà une vitrine attrayante pour les touristes comme pour ceux qui veulent vivre dans des espaces moins pollués que ceux des villes.

Ces dernières compétences, listées ainsi, peuvent sembler disparates. Elles peuvent aussi se gérer ensemble dans un vaste projet global de développement territorial. Dans un cadre rural préservé et accessible, quelle belle initiative que d’instaurer des opérations de développement avec la participation de toutes les forces vives présentes sur le terrain : élus, chefs d’entreprise, responsables associatifs, représentants des services de l’Etat. Nous aurons alors un développement économique, culturel, administratif (quand les populations reviennent, les équipements et services publics reviennent aussi) qui, mis en route dans une dynamique irréversible deviendra, souhaitons-le, durable. Le président actuel du Conseil général du Puy-de-Dôme, universitaire spécialiste du développement, est bien placé pour lancer de pareils projets sur le terrain.

Concernant le cas particulier de l’aménagement du site du puy de Dôme, site dont le département est propriétaire, le projet structurant de train panoramique est séduisant. Il permettrait de réduire la pollution et de mieux gérer les flots de visiteurs. Pourquoi, afin de soulager la bourse des Puydômois, (voire des Français ou des Européens si des subventions extérieures sont possibles) ne pas réaliser un partenariat public privé pour son financement ? En échange, la concession de la gestion du train serait accordée aux partenaires privés.

Serge Weidmann