A_Courtill__et_le_d_veloppement_des_quartiersHier 29 mai: réunion publique de campagne électorale d'Anne Courtillé dans les quartiers nord de Clermont-Ferrand, salle Leclanché. Cette dernière est comble. Toute une population, issue de l'immigration, dont les femmes ne sont pas les moins nombreuses, est venue, écouter certes, mais aussi prendre la parole.

Aux côtés de la candidate UMP aux législatives et de son suppléant Samir El Bakkali, a pris place Olivier Bouttes, créateur de l'unité clermontoise d'une entreprise de services informatiques (à droite sur la photo). Il est venu relater, très concrètement, son expérience d'entrepreneur et, fort de celle-ci, convaincre l'auditoire que l'entreprise (que l'on en soit le créateur ou l'un des acteurs) est un formidable moyen d'intégration et de réalisation de soi.

A l'issue de son exposé, les interventions se succèdent: questions, témoignages, propositions. L'une parle de la difficulté de créer une PME lorsqu'on ne peut obtenir un prêt bancaire, faute de "garant", l'autre de la discrimination à l'embauche. Et, de fil en aiguille, on en arrive à ce qui constitue le nœud gordien à trancher pour permettre aux enfants de ces Français, issus de l'immigration de s'en sortir: la réussite scolaire, préalable à une formation professionnelle de qualité. C'est le souci primordial de ces personnes qui savent, depuis toujours, que l'ascenseur social passe par là.

Il existe aussi une autre attente éducative: la nécessité d'ouvrir l'esprit des enfants à des horizons différents de celui du quartier où ils vivent. Cela peut passer par l'adhésion à des clubs sportifs, la scolarisation dans des écoles d'autres quartiers. L'abolition de la carte scolaire, voulue par Nicolas Sarkozy, doit répondre, en partie, à ce besoin.

Mais n'est-ce pas paradoxal, d'envisager le décollage économique d'une zone urbaine en difficulté, grâce à la création de petites unités par des gens qui y vivent, si ceux-ci ont comme objectif de sortir de leur "ghetto"? On peut aussi penser que, à l'issue de leur scolarité, effectuée ailleurs, certains reviendront dans les lieux de leur jeunesse pour participer à leur essor. Solidarité, esprit d'entreprise et développement territorial ne sont pas des notions antinomiques. Il existe de nombreux exemples en France qui le confirment.

Serge Weidmann