31 mars 2007

Le socialisme pétrifié

Le_socialisme_p_trifi_Chassez le naturel, il revient au galop. Ségolène Royal a beau faire chanter la Marseillaise à ses troupes et brandir le drapeau tricolore, les socialistes fredonnent toujours l'Internationale en sourdine et, des trois couleurs, ils ne gardent que le rouge.

Témoin les réactions verbales du PS devant les émeutes de la gare du Nord, prenant la défense de jeunes bandits sans foi ni loi, casseurs et racistes anti-blancs (certains de leurs propos rapportés en font foi).

Témoin aussi le tract, déposé il y a quelques jours dans ma boîte aux lettres, où figure un condensé des propositions de Madame Royal. La "petite musique plus mélodique" de la candidate, comme l'écrivait récemment Jean-François Kahn dans Marianne, y est quasi inaudible. Ce sont les barrissements des indécrottables éléphants qui viennent percer nos tympans. Il ne s'agit, dans ce papier, que de vieux brouets cuits et recuits au feu étatiste et marxiste, arrosés d'une sauce trotskyste jospinienne (recalée par les consommateurs en 2002) auxquels on a ajouté quelques épices écolos. Florilège:

augmenter les salaires et le SMIC
rétablir les postes d'enseignants supprimés
créer 500 000 emplois tremplins dans les Régions (la belle Ségolène compte sans doute diriger les Régions depuis l'Elysée)
construction de logements sociaux
octroi d'un prêt gratuit de 10 000 euros à un jeune qui veut créer une activité (casseur à la gare du Nord relève-t-il d'une activité?), j'en passe et des pires.

Madame Royal, on le voit promet beaucoup et donc, dépensera beaucoup. Hélas pour elle, nombre de Français, même s'ils n'ont pas fait l'ENA, savent que ce sont eux qui paieront tous ces beaux cadeaux.

Elle revient même au bon vieux temps du programme commun "Mitterrais-Marchand", avec la reconstitution du duo EDF-GDF dans la sphère publique. Nostalgie, nostalgie…

Du ségolénisme du début de campagne, on ne retient que quelques vagues formules de démocratie participative locale (les jurys citoyens sont-ils toujours à l'ordre du jour?), sa marotte de soutien scolaire gratuit (de quoi précipiter les profs dans les bras de Bayrou) et, hélas, le plus contestable: ficher par terre nos institutions, ce qu'elle appelle "l'urgence démocratique".

Bref, Ségolène Royal n'a pas modernisé la gauche socialiste française. Manque de charisme, de volonté, de conviction? Plus le temps passe, plus nos socialos, à bout de souffle, totalement déconnectés du monde réel, se pétrifient sur place. Nous aimerions quand même avoir en face de nous une opposition digne de ce nom et non pas des "matons de Panurge"(1), prisonniers à jamais d'une idéologie morte qu'ils ressassent éternellement, comme un disque rayé qui diffuse toujours la même rengaine en boucle.

Serge Weidmann

(1) L'expression est du regretté Philippe Muray et parle d'elle-même: ils bêlent mais donnent des leçons aux autres et, éventuellement, les fliquent.

Posté par ventdauvergne à 12:23 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

Commentaires sur Le socialisme pétrifié

    " mutins de Panurge" plutôt, non ?!

    Posté par Mathieu, 05 avril 2007 à 00:36 | | Répondre
  • Mutins et matons

    Mathieu,
    Vous avez raison: Muray a inventé les deux expressions mais en leur donnant un sens différent:
    « Mutin de Panurge » (les individus dont la rébellion est factice et en accord avec l'air du temps)

    « Maton de Panurge » (les individus qui tentent par tous les moyens de faire taire les voix qui s'opposent au consensus politiquement correct)

    Posté par serge weidmann, 13 avril 2007 à 19:03 | | Répondre
  • Matons de Panurges

    « Maton de Panurge » (les individus qui tentent par tous les moyens de faire taire les voix qui s'opposent au consensus politiquement correct) :
    voilà une expression qui irait bien dans la bouche de Sarkozy ! ! ! !

    Posté par educal, 24 avril 2007 à 15:14 | | Répondre
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