La grève de la fin
Jean Lassalle, le député UDF des Pyrénées –Atlantiques, a cessé sa grève de la faim, l’usine Toyal ayant accepté de demeurer à Accous. La Vallée d’Aspe a obtenu un sursis, elle ne mourra pas tout à fait, pas encore.
La décision de l’entreprise Toyal de quitter le site actuel pour s’installer 65 kilomètres plus loin, si elle risquait de mettre sur le pavé ses 150 employés, permettait quand même au site de Lacq de survivre peu ou prou. Pierre était déshabillé au profit de Paul.
Cet épisode fâcheux, au cours duquel un élu a pris le risque de mourir avec sa vallée ou de vivre avec elle, est symptomatique du mal français. Le drame aurait-il été aussi grand s’il y avait eu, sur place, un tissu de PME et, pourquoi pas, une autre grande entreprise ? Mais dans le pays de Voltaire, l’entreprise privée et l’entrepreneur sont diabolisés, surimposés, enserrés dans un réseau de barbelés juridiques et celui qui veut créer une PME en est dissuadé par un parcours du combattant administrativo-bancaire des plus décourageants. Voilà pourquoi votre fille est muette, pourquoi la survie de certaines régions françaises est tributaire de décisions d’entreprises étrangères.
L’histoire se passe en Vallée d’Aspe, elle pourrait se passer ailleurs, en Champagne-Ardennes, en Auvergne… Mais cette vallée, souvenez-vous, n’est pas inconnue du grand public. Elle a vocation, pour le lobby écologique, devant lequel tous les responsables( ?) s’aplatissent, à devenir une réserve d’ours venus de Slovénie. Je ne sais si ces ours apprécient leur déracinement, personne ne leur ayant demandé leur avis. Mais les bergers du coin ne l’apprécient pas, car ces animaux s’avèrent des prédateurs redoutables de leurs troupeaux de brebis, ce que Jean Lassalle a, aussi, dénoncé en son temps, essuyant les mêmes sarcasmes de la part des esprits forts, que ceux qu’il a essuyés lors de sa grève de la faim au Palais Bourbon.
Ah ! que la Vallée d’Aspe serait belle si ses autochtones acceptaient d’aller vivre ailleurs. Mais ils veulent y rester et sont obligés, pour cela, de se battre, à la fois, contre les ours qui arrivent et contre les entreprises qui partent. Cependant, leurs véritables ennemis ne sont pas ceux que l’on croit. Ce sont les hommes d’Etat français, qui ont sacrifié, au nom de leur idéologie anti-libérale, la libre entreprise, donc le développement économique du pays, et encouragé les marottes des sangsues associatives dont les écologistes sont les plus représentatifs.
Serge Weidmann
La photo illustrant l’article est de François BRES, qui m’a aimablement autorisé à l’utiliser et que je remercie.
Elle s’intitule : « Automne en Vallée d’Aspe-Lescun ».
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