les_errements_d_hypocritesLe journal du dimanche de La Montagne nous console beaucoup de La Montagne de la semaine. Il se glisse dans les pages MAGAZINE des perles qui doivent horrifier les adeptes du politiquement correct.

Mais elles me ravissent. La rubrique : « Chronique du temps présent » accueille, en général, quelques écrivains de bon aloi comme Denis Tillinac, François Taillandier et Philippe Muray.

Ce dernier, le 12 février, nous présente son papier intitulé : « Noirs dessins ». Il y parle des caricatures du prophète de l’Islam et en profite, entre autres, pour dénoncer l’hypocrisie des Tartuffe de la bien-pensance médiatique et surtout leurs contradictions.

Lisez la prose ci-dessous, écrite d’une plume trempée dans le vitriol, par l’un des analystes les plus lucides et les plus désenchantés de notre décadence intellectuelle occidentale.

« … En Occident, on ne s'est pas posé … un seul instant la question de la nature des dessins incriminés, mais  les médiatiques en ont profité pour remettre en marche leur bonne vieille machine à blasphèmes de tout repos, et crier haut et fort qu' « on a le droit de caricaturer Mahomet, Jésus, Bouddha, Yahvé et toutes les déclinaisons du théisme » Et, bien évidemment, ce sont les publications les plus inféodées à l'air du temps qui s'offrent l'héroïsme sans risque de se dresser contre « tous les obscurantismes » au nom de « la laïcité, de la liberté et de l'Etat de droit sur lesquels il ne faut faire aucune concession » comme le dit un des plus patibulaires représentants de l'obscurantisme moderniste dominant. L'occasion est trop belle d'enfourcher ses grands chevaux voltairiens et d'annoncer pour la énième fois que «la liberté d'expression est non négociable», surtout quand on applaudit par ailleurs à chaque nouvelle destruction légale de la liberté de pensée et que l'on vient justement de saluer avec bienveillance une première condamnation par les tribunaux pour « propos homophobes ».

La vaillante défense de la liberté contre les autorités religieuses serait plus crédible si elle s'exercait aussi contre les innombrables nouveaux clergés qui font régner une terreur mille fois plus efficace que les vieilles puissances religieuses. Mais cela n'est pas possible car ces médiatiques, si fiers de partir en guerre contre tous les « culs bénis » de la planète, sont aussi prosternés devant les nouveaux inquisiteurs de cette même planète, c'est-à-dire les nouvelles minorités persécutrices en qui s'incarnent à leurs yeux les nouvelles valeurs morales universelles du bien et de la vertu. Et finalement ce n'est même pas la liberté d'expression que ces défenseurs autoproclamés de la laïcité et de la liberté opposent aux délires des foules musulmanes, mais ce qu'ils appellent le droit à l'irrespect, qu'ils entendent imposer à l'ensemble de la planète comme l'ultime cadeau de l'Occident à celle-ci, et comme l'unique souverain Bien devant lequel l'humanité ait désormais à s'agenouiller…. »

Pas mal, non ? Et on peut lire tout cela dans La Montagne. Comme quoi il ne faut jamais totalement désespérer des hommes.

Serge Weidmann