La droite a aussi ses morts illustres. Elle les enterre avec plus de discrétion que la gauche enterre les siens.

Il y a neuf jours, mourait Jacques Faizant. On a évoqué ici et là sa pipe et ses capacités cyclistes hors du commun. On peut mieux en parler. J’ai découvert Faizant dans un magazine pour enfants – on ne parlait pas encore de bandes dessinées -  à la fin des années quarante ou au début des années cinquante qui s’appelait Pierrot, je crois. Il contait les aventures de trois personnages : le colonel Bloum, Boudoche et Patapoum, que je suivais comme je pouvais, en fonction de l’humeur du propriétaire du magazine : un copain du voisinage.

Plus tard, Faizant se recycla avec bonheur dans la caricature de presse. On pouvait apprécier ses dessins en première page du Figaro, notamment, comme un éditorial d’un nouveau genre. Il a croqué et égratigné, face à une Marianne éternellement jeune et mignonne, flanquée d’un chat impertinent, les cinq présidents de la Vème République et leurs ministres. De temps à autre, des vieilles dames ou des marins prenaient le relais.

« Féroce sans être méchant, gentil sans être mièvre » selon l’expression de Gérard Gachet dans Valeurs actuelles, il fut salué par la presse à l’unanimité moins une voix.

En effet, Libération lui refusa tout talent en raison du « caractère réactionnaire du titre qu’il incarnait ». Que ces gens de Libération se libèrent d’abord de leurs préjugés et de leur intolérance avant de vouloir libérer les autres.

Et pour poursuivre dans cette veine « réactionnaire » et rendre un ultime hommage à Jacques Faizant, voici une page de lui qu’un de mes lecteurs les plus engagés m’a transmise par courriel. Régalez-vous !

Serge Weidmann

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